Rien ni personne ne semble pouvoir enrayer la mécanique de précision lyonnaise. Dans un Groupama Stadium en ébullition pour ce classique du championnat, l'Olympique Lyonnais a signé un dixième succès consécutif toutes compétitions confondues en disposant froidement de Lille (1-0). La troupe de Paulo Fonseca vit une parenthèse enchantée qui ressemble de plus en plus à une marche triomphale. Sans être éblouissants, mais d'un réalisme glaçant, les Gones ont prouvé qu'ils savaient gagner "moche" pour regarder plus haut. L'opération est totale : Lyon revient à hauteur de l'OM et creuse un fossé de sept points avec sa victime du soir.
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AFPLe réalisme froid des Gones
Le football est parfois d'une cruauté absolue, et Lille l'a appris à ses dépens. Dominateurs dans le jeu, les Dogues pensaient avoir la mainmise sur la rencontre, mais ils se sont heurtés à un mur nommé Dominik Greif, décisif devant Perrault (15e), et à la scoumoune, Pardo Fernandez fracassant le poteau (28e). La punition fut immédiate et chirurgicale. Sur l'une de leurs rares incursions, les Lyonnais ont fait mouche : la recrue danoise Noah Nartey, pour sa première titularisation, convertissait une offrande de Ruben Kluivert pour climatiser les ardeurs nordistes (37e). 1-0. Efficacité maximale.
AFPUne forteresse imprenable
La seconde période fut une leçon de gestion et de maturité. Plutôt que de chercher le K.O. à tout prix, Lyon a accepté de subir, s'appuyant sur une solidarité défensive sans faille. Un choix risqué sur le papier, mais payant sur le pré, tant les Lillois ont paru impuissants à contourner le bloc rhodanien. Hormis sur une frappe trop molle de Fernandez Pardo, Greif a passé une soirée tranquille. Ce Lyon-là n'a pas besoin d'être flamboyant pour être gagnant ; il lui suffit d'être imperméable.
AFPEndrick éteint, le collectif brille
La grande nouvelle de la soirée pour les supporters lyonnais réside peut-être dans ce paradoxe : Lyon a gagné sans son génie. Endrick, habituellement étincelant, a traversé le match comme une ombre, perdant des ballons et restant muet devant le but. Mais contrairement aux craintes, l'OL n'est pas "Endrick-dépendant". Quand la star brésilienne a un coup de mou, c'est le collectif qui prend le relais pour assurer l'essentiel. Une preuve supplémentaire que cette équipe a l'étoffe des grands.
AFPLe podium en ligne de mire
Avec ce succès court mais ô combien précieux, l'OL réalise la très bonne opération comptable du week-end. Revenus à égalité de points avec Marseille (4e à la différence de buts), les hommes de Fonseca peuvent légitimement viser le podium, voire mieux. Pour Lille, retombé dans ses travers d'inefficacité deux semaines après son élimination en Coupe face à ce même adversaire, le coup d'arrêt est rude. Les Dogues ont l'attitude, mais pas le tranchant. Et face à ce Lyon insatiable, cela ne pardonne pas.



