Aux Pays-Bas, la crise prend des proportions toujours plus inquiétantes du côté de l’Ajax. Déjà traumatisé par l’effondrement qui lui avait coûté le titre la saison dernière, le club amstellodamois vit un début d’exercice encore plus cauchemardesque. Le limogeage de Johnny Heitinga après seulement trois mois n’a rien changé : la spirale négative continue.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Deux victoires lors des treize derniers matchs, toutes compétitions confondues. Quatre défaites consécutives en championnat, qui ont fait glisser le club vers le ventre mou de l’Eredivisie. Et en Ligue des champions, une statistique encore plus humiliante : Ajax est la seule équipe à n’avoir pris aucun point lors des cinq premières journées.
Mais le point de rupture a été atteint dimanche, lors de la réception de Groningen. Après seulement cinq minutes de jeu, des supporters ont lancé des fumigènes et des engins pyrotechniques sur la pelouse de la Johan Cruyff ArenA, provoquant l’interruption immédiate du match. Une image désastreuse pour une institution longtemps reconnue pour sa formation, son jeu et son modèle.
Le communiqué publié dans la foulée par le club ne laissait aucune place au doute :
« L’Ajax considère ce qui s’est passé ce soir comme totalement inadmissible. Nous présentons nos excuses à toutes les personnes affectées. La sécurité des spectateurs et des joueurs a été mise en danger. C’est inacceptable. Nous nous dissocions fermement de ces comportements. Les feux d’artifice n’ont rien à faire dans un stade. »
La rencontre sera rejouée mardi à huis clos, tandis qu’une enquête disciplinaire est déjà ouverte. Une décision symbolique d’un club qui cherche désespérément à retrouver un minimum d’ordre au cœur du chaos.
Sportivement à la dérive, miné en interne, lâché par une partie de ses fans : l’Ajax traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire récente, sans la moindre garantie que le pire soit derrière lui.