Il y a des décisions qui dépassent le simple cadre sportif. Dimanche, le Paris FC a basculé dans une nouvelle ère en actant le départ de Stéphane Gilli. Une annonce qui n’a laissé personne indifférent, ni dans les tribunes, ni dans les bureaux, encore moins dans le vestiaire. Entre reconnaissance, tristesse et interrogations, les joueurs ont accusé le coup. Car au-delà des résultats récents, Stéphane Gilli incarnait bien plus qu’un entraîneur pour ce groupe.
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AFPLe vestiaire sous le choc après le limogeage de Stéphane Gilli
D’après les informations rapportées par RMC Sport, la décision mûrissait depuis plusieurs jours. La lourde défaite face à RC Lens (5-0) au stade Jean-Bouin, point final d’une série de huit rencontres sans succès à domicile, a précipité les choses. Si Stéphane Gilli avait marqué l’histoire du club en le ramenant en Ligue 1, la dynamique sportive s’était nettement dégradée ces dernières semaines. Le jeu séduisant du début de saison s’était effacé au profit de prestations plus laborieuses, fragilisant la position de Stéphane Gilli malgré son crédit important en interne.
Dans l’intimité du groupe, le départ de Stéphane Gilli a provoqué un véritable choc. Toujours selon RMC Sport, l’entraîneur avait été informé en amont de son éviction imminente. Pourtant, fidèle à sa ligne de conduite, Stéphane Gilli a poursuivi sa mission sans faire de vague, allant chercher un point précieux à Toulouse FC (1-1). Ce professionnalisme a renforcé le respect que lui vouaient ses joueurs.
Le moment le plus marquant reste l’intervention du président Pierre Ferracci devant le groupe. La voix chargée d’émotion, il a confirmé la tendance et officialisé la fin de l’ère Stéphane Gilli. Dans la foulée, un communiqué a rendu hommage à l’ancien technicien : "Stéphane Gilli restera dans la mémoire de ceux qui aiment le club. […] Une conscience professionnelle hors-pair, un travail acharné, une loyauté et une gentillesse appréciées de tous auront marqué son passage au club". Des mots forts qui traduisent le lien particulier entre le dirigeant et Stéphane Gilli, artisan du renouveau.
AFPStéphane Gilli trahi par le Paris FC
En coulisses, l’influence grandissante de l’actionnaire Antoine Arnault apparaît déterminante. Le changement d’entraîneur s’inscrit dans une logique plus large de restructuration, déjà amorcée avec le départ de François Ferracci et l’arrivée de Marco Neppe. Stéphane Gilli, malgré son statut et ses 104 matches sur le banc, n’a pas échappé à cette nouvelle orientation stratégique.
La saison passée, en Ligue 2, Pierre Ferracci dressait pourtant un portrait élogieux de Stéphane Gilli : "Sur le terrain, il a des idées très claires, mélange de possession et de transition. Il s’adapte à l’effectif et est très impliqué dans le recrutement. Il a aussi l’intelligence de comprendre les enjeux économiques, ce n’est pas le cas de tous les entraîneurs. J’aime sa capacité à se remettre en cause". Lucide sur la volatilité du métier, Stéphane Gilli confiait lui-même : "Dans le foot, ça va très vite", rapporte le média.
AFPAntoine Kombouaré attendu, un vestiaire dans l’expectative
Officialisé ce 22 février, le départ de Stéphane Gilli a immédiatement ouvert la voie à Antoine Kombouaré. Présent dès lundi à Orly pour préparer sa mission maintien selon RMC Sport, le nouveau technicien doit désormais rencontrer un groupe marqué par la séparation avec Stéphane Gilli. Si l’accueil s’annonce respectueux, plusieurs membres du club s’interrogent encore sur la temporalité de cette décision.
Le clan Arnault, conseillé par un certain Jürgen Klopp, affichait publiquement son soutien à Stéphane Gilli ces derniers mois. "On dit ce que l’on fait, on fait ce que l’on dit": tel était le credo avancé en interne. Cette fois, le virage a surpris. Dans les couloirs de Jean-Bouin, le silence domine, ponctué de quelques "No comment". Une chose est sûre, le vestiaire du Paris FC devra rapidement digérer le départ de Stéphane Gilli pour se projeter vers l’objectif maintien.

