Les 5 raisons du renouveau de la Premier League

Commentaires()
Getty
L'Angleterre, qui fait un carton plein sur la scène européenne, est à nouveau sous les feux de la rampe. Explications.

Avant de regarder ce qui se passe chez les autres, l'Angleterre s'est toujours préoccupée d'elle-même. C'est une question de tradition. Quelques saisons moins fertiles sur la scène européenne ne suffisaient pas à calmer l'effervescence d'une nation qui mange, dort et vit football. Le film de cette année n'a donc pas changé la perception des Anglais, mais la perception des autres sur l'Angleterre. Et ça compte aussi. Parce qu'elle est la plus lucrative au monde, la Premier League ne cesse de déchaîner les passions, mais la carte de l'Europe reste le meilleur des baromètres pour distribuer les notes de fin d'année.

L'Angleterre se délecte d'une photographie inédite : les deux finales européennes mettront en scène quatre de ses représentants - Tottenham-Liverpool en Ligue des champions et Chelsea-Angleterre en Europa League. Et sur ses terres, puisque c'est aussi ce qui compte pour elle, elle a été portée par un suspense à couper le souffle, jusqu'au bout, dimanche, à l'heure du thé, lorsque Manchester City et Liverpool, deux équipes fantastiques, ont tiré le rideau après le sacre des Light Blues. Comment expliquer cette petite résurrection ?

  1. Getty/Goal

    #1 Des références étrangères sur le banc

    L'Angleterre fait sa révolution par le haut. Bien-sûr, la Premier League ne manque pas de têtes d'affiche sur le rectangle vert, mais Messi, Ronaldo, Neymar, Mbappé ou Griezmann par exemple, pour ne citer qu'eux, n'y exercent pas leur talent. Alors pour s'élever un peu plus, elle a tout misé sur ses penseurs. Arsène Wenger avait ouvert la voie il y a deux décennies, avant que d'autres pointures ne prennent la relève. On pense à José Mourinho hier, ou Pep Guardiola et Jürgen Klopp aujourd'hui. On pense aussi aux autres puissances du pays, où Mauricio Pochettino (Tottenham) et à un degré moindre Unai Emery (Arsenal) et Maurizio Sarri (Chelsea) - qui ont débuté un cycle - apportent eux aussi leur savoir-faire. Il ne s'agit pas d'une révolution, non, mais d'une évolution. Une autre réflexion. Et des idées nouvelles sur le jeu, l'approche, le management. Bref, les directions des grands clubs ont tapé dans le mille.

  2. Getty Images

    #2 Deux mastodontes qui se tirent vers le haut

    Les mots de Pep Guardiola au micro de Sky Sports, dimanche, après la fête, sont très forts. " C’est de loin le titre le plus difficile que j’aie remporté dans ma carrière. Nous devons féliciter Liverpool et leur dire merci, parce qu’ils nous ont poussés et nous ont permis d’améliorer notre niveau. Obtenir 198 points en deux saisons est incroyable. Pour remporter le titre, nous devions gagner 14 matches d’affilée. Nous savions depuis trois mois que nous ne pouvions pas perdre de points". Le Catalan résume bien l'affaire. Son équipe est une machine réglée comme du papier à musique et habituée à réciter ses gammes sur la durée depuis plus de deux ans. Mais avec Liverpool, elle a trouvé un adversaire qui nage dans les mêmes eaux qu'elle. Il faut tout de même se rendre compte que Liverpool a collecté sept points de plus que les Invincibles d'Arsenal il y a quinze ans - une équipe restée dans la légende. Et il faut rappeler, aussi, que Guardiola s'était frotté au Real Madrid de Mourinho au début de la décennie. Dans le Panthéon du sport, on ne retient pas que les vainqueurs. Les plus beaux duels, eux aussi, restent éternels.
  3. Getty

    #3 Des projets stables et pérennes

    Depuis trois ans, c'est une manne de presque 3 milliards d'euros que les 20 écuries de Premier League se partagent chaque année. C'est un fait, avec les droits télés, le gâteau est énorme en Angleterre. Ce montant astronomique a permis aux cadors du Royaume d'établir des stratégies de développement bien pensées. Dans le Nord de Londres, le Tottenham Hotspur Stadium, nouvel écrin majestueux des Spurs, est sorti de terre, comme l'Emirates Stadium récemment à quelques rues de là. Encore estampillés nouveaux-riches, Manchester City ou Chelsea attestent que l'Angleterre est bien le paradis des riches, mais pas que. Même Manchester United reste marque mondiale reconnue malgré une trajectoire sportive glissante. Pour le reste, il y en a pour tous les goûts, entre ceux qui dépensent sans compter sur le marché des transferts, et d'autres, comme Tottenham, qui s'attellent à conserver leurs joyaux avec une politique plus prudente.

  4. Getty Images

    #4 Des vertus conservées

    Le foot a cette force de marier intuition et réflexion. En Angleterre, il y en a pour tous les goûts. Pep Guardiola a beau être intraitable sur certains principes, le jeu cérébral de son équipe laisse place à une part d'improvisation. Sans le missile de Kompany contre Leicester il y a une semaine, le Catalan ne serait pas champion à l'heure qu'il est. Et que dire du souffle qui a permis à Liverpool et Tottenham de renverser des montagnes dans leurs joutes européennes ? En Angleterre, Klopp ou Guardiola ne calquent pas forcément ce qu'ils ont pu faire en Allemagne ou en Espagne. Ils s'appuient aussi sur ces vertus de combat qui définissent le football anglais. Ajoutons à cela que les pluies de buts de la PL constituent un mythe qui n'a jamais été aussi réel. Avec 1072 pions inscrits en 380 matches, cette campagne 2018-19 est la plus prolifique de l'histoire de la compétition.
  5. Getty Images

    #5 Une homogénéité unique en Europe

    Malgré son back-to-back, Manchester City ne partira pas en terrain conquis, l'été prochain, en abordant un nouveau marathon. Parce que ce type de raisonnement ne tient pas dans un paysage plus concurrentiel qu'ailleurs. Il est même intéressant de noter que l'homogénité de ce championnat ne se limite pas à ses cadors - les deux clubs de Manchester, Liverpool, Tottenham et Arsenal. Paul Pogba l'a rappelé, au micro de Sky Sports. "On ne sait jamais ce qui peut se passer en Premier League et c’est ce qui en fait le meilleur championnat du monde. Etre mené 2-0 et gagner 3-2, c’est fou. Le match n’est jamais fini jusqu’à la 90e minute. On ne peut pas se relâcher car tout peut changer. La Premier League est dingue car vous devez rester concentrés pendant 90 minutes. Et tu dois donner ta vie à chaque match". Longtemps perçue comme un frein pour les grands combats européens, cette donnée donne du relief aux performances de City et Liverpool. Les deux mastodontes espagnols, la Juve, le PSG ou le Bayern (inquiété pour la première fois depuis 5 ans) aimeraient bien en dire autant...