Le Real Madrid a le cuir épais et les nerfs solides. Dans la fournaise de Mestalla, transformée en volcan de colère par un public valencian au bord de la rupture, les Merengues ont assuré l'essentiel en s'imposant sans briller mais avec un pragmatisme redoutable (0-2). Privée de ses joyaux Vinicius et Bellingham, l'équipe d'Alvaro Arbeloa a fait le dos rond, acceptant la grisaille d'un match fermé avant de piquer au vif. Une victoire de "métier" qui permet à la Maison Blanche de coller aux basques du FC Barcelone, tandis que Valence s'enfonce un peu plus dans une crise institutionnelle et sportive profonde.
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Getty Images SportL'ennui avant l'éclair
Il ne fallait pas être pressé, ni esthète, pour apprécier le premier acte. Orphelin de sa créativité habituelle, le Real a proposé une partition laborieuse, densifiant son milieu avec un trio Tchouaméni-Valverde-Camavinga plus physique que poétique. Face à un bloc valencian regroupé en 5-4-1, les Madrilènes ont tourné en rond, s'en remettant aux timides éclairs du duo Güler-Mbappé. Mestalla s'ennuyait, le Real bafouillait, et l'odeur du match piège commençait à flotter dans l'air lourd de Valence.
AFPCarreras, le héros improbable
Mais au Real, le danger peut venir de partout, même de l'anonymat d'un latéral gauche. C'est Álvaro Carreras, titulaire d'un soir, qui a endossé le costume de sauveur. Sur une initiative personnelle audacieuse, le Galicien s'infiltrait dans la défense adverse, profitait d'un contre favorable et d'un brin de réussite pour glisser le ballon entre les jambes de Cömert et tromper Dimitrievski (0-1). Un but "de racroc", certes, mais un but qui vaut de l'or pour débloquer une rencontre cadenassée.
AFPLa frayeur et la colère
Valence a eu le mérite de ne pas sombrer immédiatement. Dans la foulée, Ugrinic servait Lucas Beltrán pour la balle d'égalisation, mais la frappe croisée de l'attaquant venait mourir sur le poteau. C'était le tournant. Passé ce frisson, Mestalla a basculé dans la haine. Les "pañuelos" (mouchoirs blancs) sont sortis, et les cris de démission à l'encontre de l'entraîneur Corberán ont couvert les encouragements. Le public avait choisi sa cible, et ce n'était plus le Real, mais son propre banc.
Getty Images SportMbappé, l'inévitable sentence
Alors que Valence se jetait désespérément à l'attaque, laissant des espaces béants, le Real a activé le mode sanction. Dans le temps additionnel, l'entrant Brahim Diaz lançait Kylian Mbappé en profondeur. Le Français, discret mais létal, ne tremblait pas pour ajuster le gardien et sceller le sort du match (0-2). Un but pour les statistiques, une victoire pour le classement. Le Real tient bon, Valence agonise. C'est toute la différence entre un candidat au titre et un club en perdition.



