President Trump And First Lady Attend FIFA World Cup Final In New JerseyGetty Images News

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Le jeu a été complètement vidé de sa substance ! La FIFA a transformé la finale de la Coupe du monde en une farce sans âme

Wayne Rooney avait raison, mais malheureusement Christoph Kramer aussi. En tant que consultant pour la BBC, la légende anglaise a qualifié le spectacle grotesque de 27 minutes (!) présenté à la mi-temps de la finale de la Coupe du monde entre l’Espagne, futur vainqueur, et l’Argentine de « moment préféré »… avant d’ajouter : « J’apprécie beaucoup d’artistes, mais je pense que c’était nul. »

  • Kramer, l'homologue de Rooney à la ZDF, a adopté une posture plus diplomatique. « Je pense que le football doit s'y habituer, même si c'est à contrecœur », a-t-il déclaré. « Le spectacle, ça va, mais pas le prix des billets. »

    On pourrait toutefois secouer Kramer et lui rétorquer : non, un tel spectacle n’est pas acceptable – et il n’est pas question de s’habituer à ces excès d’une « événementialisation » effrénée du sport. Ce n’est pas une simple tendance inoffensive, mais la prochaine étape d’une évolution qui mine le football pur depuis des années.

    Reste que Kramer n’a pas tort : ces shows vont se multiplier à l’échelle mondiale. La spirale du gigantisme s’accélérera lors des prochaines compétitions, chaque grand événement cherchant à surpasser le précédent.

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  • Spain v Argentina: Final - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport

    Sous l’ère Gianni Infantino, la FIFA fait du football un véritable levier de monétisation maximale.

    Sous l’égide de son dirigeant autocratique Gianni Infantino, la FIFA se comporte, depuis des années, de manière totalement déconnectée de la réalité et de la base. Elle traite le football comme une simple plateforme de commercialisation maximale. Le président forge ses vérités au gré de ses intérêts, sans contre-pouvoir ni garde-fou visible.

    Les cris d’alarme des supporters, qui estiment que l’argent, le commerce et le capitalisme détruisent le football, restent donc lettre morte, comme l’a illustré la Coupe du monde 2026. 

    On invente et on impose sans autre forme de procès des « pauses d’hydratation », qui ne sont rien d’autre que des créneaux publicitaires supplémentaires visant à maximiser les profits. Le match est ainsi artificiellement fragmenté. Lors de la finale, la FIFA enfreint même ses propres statuts, qui fixent la mi-temps à 15 minutes. Dès que ses règles entravent le spectacle, elle les adapte à sa convenance.

  • FIFAGetty Images

    La FIFA s'en prend de manière récurrente à l'intégrité même du football.

    La finale de la Coupe du monde, dont les tarifs d’entrée exorbitants avaient déjà fait tiquer, a longtemps ressemblé à une comédie musicale sans âme, à un méga-concert pompeux – avec, en prime, un play-back mal dissimulé des artistes et des émotions soigneusement mises en scène. Les chants retentissants des supporters argentins ont même été réduits au silence par un régulateur de volume. L’acteur Tom Cruise, figure la plus connue de la Scientologie, a lu un discours creux qui, par son insignifiance, semblait avoir été rédigé par une IA.

    Conséquence directe : aucune véritable ferveur ni ambiance footballistique ne parviennent à émerger dans les tribunes. Manifestement, ce n’est pas l’objectif ; au contraire, il s’agit d’un choix délibéré. La rencontre elle-même et les supporters, qui lui donnent vie, sont ainsi relégués au second plan, réduits au rôle de figurants dans une vaste fête marketing planétaire.

    À quoi donc sert tout ce dispositif ? Les réactions, qu’elles proviennent des réseaux sociaux ou de sondages représentatifs, sont sans équivoque : personne ne réclame davantage de « spectacularisation », des cérémonies plus longues, davantage de célébrités ou encore plus d’interruptions. La FIFA ne sert pas l’intérêt du football, mais agit systématiquement à l’encontre de son essence.

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  • FC Augsburg v Sport-Club Freiburg - BundesligaGetty Images Sport

    Les enseignements que l’Allemagne doit tirer de la finale de la Coupe du monde 2026

    C’est précisément pourquoi il convient de rester extrêmement vigilant en Allemagne, et plus largement en Europe. La Coupe du monde 2026 a illustré ce que devient le football lorsque les intérêts économiques ne rencontrent plus aucun frein et qu’aucun garde-fou efficace n’entre en jeu. Quand plus aucune voix dissidente ne s’élève, quand plus aucune protestation intransigeante ne se manifeste. Si, par exemple, la règle du « 50+1 » venait à être abolie en Allemagne et que de riches investisseurs s’installaient dans les clubs pour imposer leur vision du jeu, des dérives à la FIFA deviendraient alors très probablement monnaie courante dans le quotidien du football de club.  

    Il est donc impératif d’en tirer les enseignements qui s’imposent. La règle du 50+1 doit absolument être préservée : depuis des années, l’ensemble des groupes de supporters organisés, bien au-delà de l’Allemagne, se rallie à cette position. Le combat mené par les ultras, souvent critiqué pour les moyens employés, mérite d’être soutenu partout et en vaut la peine.

    Devenir membre d’un club et pouvoir s’impliquer activement pour préserver le football de ses dérives est un bien précieux. Cette participation décisionnelle n’est pas un anachronisme nostalgique, mais l’un des derniers remparts efficaces contre un jeu qui s’éloigne de plus en plus de ses racines.

    Conscients de leur pouvoir, les membres et les groupes de supporters ont déjà, par le passé, empêché certains débordements. Restez mobilisés : cette vigilance est la meilleure garantie pour que l’âme du football, déjà bien ébranlée, ne se vide pas davantage de sa substance.