Casmiro Man UtdGetty/GOAL

"Le football ne l'a pas quitté" : Casemiro s'en va la tête haute (et les poches pleines)

L'image est forte : Casemiro, bras levés, ovationné par Old Trafford après avoir étouffé le milieu de Manchester City. C'est une revanche éclatante sur le destin et sur les critiques. On se souvient tous de la phrase assassine de Jamie Carragher après le naufrage 4-0 contre Crystal Palace la saison passée : « Quitte le football avant que le football ne te quitte. »

À ce moment-là, Casemiro semblait fini, exposé en défense centrale, dépassé par le rythme. Mais le Brésilien a de l'orgueil. Plutôt que de s'enfuir en Arabie Saoudite, il est resté, a travaillé dans l'ombre et a prouvé que la classe est permanente. Son départ annoncé n'est pas un aveu d'échec, mais la conclusion digne d'un guerrier qui a refusé de se laisser enterrer vivant. Il ne part pas parce qu'il est nul, mais parce que le cycle est fini. Et c'est sans doute sa plus belle victoire.

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    Le survivant des régimes Ten Hag et Amorim

    La résilience de Casemiro force le respect quand on regarde ce qu'il a traversé. Erik ten Hag l'avait sorti à la mi-temps contre Liverpool, le remplaçant par un gamin de 20 ans, Toby Collyer. Ruben Amorim, à son arrivée, l'a laissé sur le banc pendant 12 matchs sur 15, critiquant publiquement son manque d'intensité.

    N'importe qui aurait lâché. Pas lui. Il a profité d'une crise de blessures pour revenir et se rendre indispensable, jouant un rôle clé dans l'épopée en Ligue Europa et marquant des buts cruciaux. « Il s'est battu, il a travaillé... Tu joues si tu fais les bonnes choses », a fini par admettre Amorim. Aujourd'hui, avec 19 titularisations en 22 matchs, il est l'un des rares à tenir la baraque quand le navire tangue. Sans lui, United a perdu contre Grimsby, Brighton et City. C'est tout sauf un hasard.

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    Un luxe que l'ère Ratcliffe ne peut plus se payer

    Si sportivement, Casemiro tient la route, économiquement, il est un poids mort pour le "nouveau" United. À bientôt 34 ans, il pèse entre 380 000 et 440 000 euros par semaine. The Athletic estime son coût total (transfert + salaires) à près de 140 millions d'euros sur quatre ans. Pour Sir Jim Ratcliffe, qui a licencié 450 employés pour faire des économies, prolonger un tel contrat était impossible.

    C'est une décision purement business. Prolonger Casemiro aurait coûté 20 millions d'euros par an. Une somme que le club préfère investir dans la reconstruction. Le départ du Brésilien va libérer une masse salariale colossale, permettant enfin de tourner la page des dépenses inconsidérées de l'ère Glazer. C'est la fin du "FC Hollywood" et le début d'une gestion rationnelle.

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    Place à la jeunesse et à l'héritage

    Le départ de Casemiro est le signal que la reconstruction du milieu de terrain peut enfin commencer. United ne peut plus dépendre de vétérans pour colmater les brèches. Les cibles sont claires : Elliot Anderson, Adam Wharton ou Carlos Baleba. Des joueurs jeunes, affamés, capables de courir pendant 90 minutes.

    Casemiro restera comme une figure de transition importante. Il a ramené un trophée (la Carabao Cup), une mentalité de gagneur et a servi de bouclier pendant les tempêtes. Il n'était qu'une solution à court terme, certes très chère, mais il a rempli sa mission. Les supporters doivent savourer ces quatre derniers mois, car remplacer son expérience et son refus de la défaite sera bien plus difficile que de remplacer ses jambes de 34 ans.

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