Fini le temps où Haaland se contentait de rôder dans la surface, attendant d'être servi par ses coéquipiers. Il est aujourd'hui aussi susceptible de délivrer une passe décisive que de marquer un but. Avec sept offrandes, il n'est plus qu'à une unité de son record, alors qu'il reste encore onze journées. Son centre pour le deuxième but de City contre Newcastle, samedi, était d'une finesse que l'on attendrait plus d'un Bernardo Silva. Mais ce ne fut qu'un des nombreux faits d'armes d'un Haaland omniprésent, qui a remporté plus de duels que jamais et a touché plus de ballons que dans n'importe quel autre match de Premier League.
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AFPUne pensée effrayante
Wayne Rooney a été impressionné. « Il était partout sur le terrain », a déclaré la légende de Manchester United. « Il adapte légèrement son jeu. Il devient un avant-centre plus complet, et plus seulement un buteur ». Haaland participe désormais à l'effort défensif, que ce soit sur coups de pied arrêtés ou lorsque son équipe est sous pression. Dans une Premier League de plus en plus physique, sa carcasse de 1,94 m est un atout précieux.
Le contraste avec le joueur qu'il était est saisissant. « Normalement, sa 'heatmap' se concentre sur la surface. Là, il était partout », a ajouté Rooney. « Il ajoute de nouvelles cordes à son arc, ce qui est une pensée effrayante ».
Getty Images SportUne tendance de fond
Si le match de Newcastle a mis en lumière cette évolution, ce n'était pas une première. Depuis le début de la saison, et sa nomination comme l'un des capitaines de l'équipe, Haaland est bien plus un joueur d'équipe. Mais comme il marquait sans cesse, ses statistiques brutes ont éclipsé le reste.
Le derby contre Manchester United en est le parfait exemple. Ce jour-là, il a réalisé six dégagements dans sa propre surface, mais ce sont ses deux buts qui ont fait les gros titres. Même chose contre Arsenal, où il a été à l'origine et à la conclusion de son but. Son travail de pressing désintéressé est souvent passé inaperçu, mais il est bien réel.
Getty Images Sport"Incroyablement généreux"
Naturellement, Haaland ne livre pas ce genre de prestation à chaque match. Il ne serait pas viable pour un joueur de son gabarit de courir aux quatre coins du terrain deux fois par semaine. Dans la plupart des matchs, City domine, et sa présence dans la surface reste la meilleure stratégie. Mais quand le besoin s'en fait sentir, il est prêt à endosser un autre rôle.
« Cette victoire n'aurait pas été possible sans lui », a déclaré Guardiola après Newcastle. « Je ne suis pas un grand fan de le voir défendre, mais il nous a aidés. C'est un joueur incroyablement généreux ».
Getty Images SportUne évolution naturelle
Cette performance contraste avec l'image qu'il renvoyait il y a quelques années. On se souvient des commentaires assassins de Roy Keane après un match nul contre Arsenal en 2024 : « Devant le but, c'est le meilleur du monde. Mais son jeu général est si pauvre. On dirait presque un joueur de quatrième division ».
Haaland a certainement fait mentir cette analyse. Mais selon ses proches, c'est une évolution naturelle, plus qu'un travail acharné à l'entraînement. Il est bien dans sa vie, bien dans son club. Son nouveau statut de capitaine lui a donné des responsabilités supplémentaires et il est devenu un leader respecté du vestiaire.
Getty Images SportUn homme apaisé
Il y a une autre raison à son épanouissement : il s'apprête à disputer sa première Coupe du Monde avec la Norvège, une qualification qu'il est allé chercher quasiment à lui seul. Sur le plan personnel, la saison dernière a été difficile, marquée par le décès d'un ami de la famille. Dans le même temps, il est devenu père pour la première fois.
« Avoir un enfant me rend meilleur, car je déconnecte plus que jamais », a-t-il admis. « Je ne pense plus du tout au football quand je rentre à la maison, ce qui n'était pas toujours le cas avant. Je dois remercier mon fils pour ça ».
Getty Images SportUne nouvelle façon de faire taire les critiques
Avec un Haaland aussi épanoui, il n'est pas surprenant de le voir développer de nouvelles facettes de son jeu. Les critiques à son égard ont souvent semblé dérisoires, au vu de ses statistiques affolantes. Même après une période de huit matchs sans marquer dans le jeu, il affiche des chiffres que n'importe quel attaquant rêverait d'avoir.
Comme l'a dit Sergio Agüero : « Quelle méforme ? Le problème, c'est qu'Haaland a habitué tout le monde à l'exceptionnel. Alors, quand il ne marque pas pendant deux matchs, on le remet en question ». Avec son jeu plus complet et ses passes décisives, Haaland a trouvé une nouvelle manière de répondre à ses détracteurs. Et il n'a pas fini de faire fermer des bouches.

