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Hall of Fame - Michel Platini, le Roi qui a mené la France au sommet

Michel Platini est, sans aucun doute, l'un des plus grands footballeurs de tous les temps. Meneur de jeu, passeur, buteur : il était un joueur total, le numéro 10 parfait. Sa carrière s'est construite en trois étapes : l'ascension en France avec Nancy et Saint-Étienne, la domination en Italie et en Europe avec la Juventus, et les triomphes avec le maillot de l'équipe de France, le tout couronné par trois Ballons d'Or consécutifs. Il était ce milieu de terrain capable de marquer plus qu'un attaquant, ou cet attaquant qui reculait pour dicter le jeu comme le plus grand des meneurs. Un joueur unique.

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    L'ascension en France

    D'origine italienne, Michel Platini est né à Jœuf, en Lorraine. C'est là qu'il fait ses premiers pas, avant de rejoindre Nancy, puis de s'imposer dans la plus grande équipe française de l'époque : l'AS Saint-Étienne. Avec les Verts, il remporte un titre de champion de France en 1981 et confirme son statut de plus grand talent du pays. Son destin l'appelle de l'autre côté des Alpes, dans le championnat le plus relevé du monde.

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  • La conquête de l'Italie

    C'est Gianni Agnelli, le patron de la Juventus et de Fiat, qui tombe amoureux de son jeu. Il l'offre à son président, Giampiero Boniperti. Platini débarque dans une équipe de stars, aux côtés de six champions du monde italiens et du Polonais Zbigniew Boniek. Après quelques mois d'adaptation, il met la machine en route et ne s'arrêtera plus. En cinq ans à la Juventus, il remporte deux championnats, une Coupe d'Italie, une Coupe des Champions, une Coupe Intercontinentale, une Coupe des Coupes et une Supercoupe de l'UEFA. Il devient le pivot de l'équipe et la mène au sommet de l'Europe.

  • Trois ans au sommet du monde

    Ses trois premières saisons à la Juventus sont celles d'une domination absolue. Dans une Serie A qui compte alors des joueurs comme Maradona, Zico ou Rummenigge, Platini termine trois fois de suite meilleur buteur du championnat. Un exploit inouï pour un numéro 10. Ses performances et ses buts lui permettent de remporter trois Ballons d'Or consécutifs, en 1983, 1984 et 1985. Il est, sans conteste, le meilleur joueur du monde.

  • 1984 European Championships Semi FinalFrance v PortugalHulton Archive

    Le chef-d'œuvre de 1984

    L'année 1984 est son apogée. Il remporte le championnat et la Coupe des Coupes avec la Juventus, termine meilleur buteur de Serie A, et remporte le Ballon d'Or. Mais surtout, il mène l'équipe de France à son premier grand titre international : le Championnat d'Europe, organisé en France. Il survole le tournoi, inscrivant 9 buts en 5 matchs, un record qui tient toujours. En demi-finale, contre le Portugal, il marque un doublé dans les dernières minutes de la prolongation pour envoyer les Bleus en finale. En finale, contre l'Espagne, c'est lui qui débloque la situation sur coup franc. Au Parc des Princes, le capitaine Platini peut enfin soulever le trophée.

  • Le Roi et sa cour

    Au-delà du joueur, Platini était aussi un personnage. Iconique par sa classe désinvolte et son humour décapant, avec lequel il prenait de la distance. Ses phrases sont restées célèbres : « J'ai commencé dans la meilleure équipe de Lorraine, continué dans la meilleure de France, et fini dans la meilleure du monde ». Un jour, Agnelli lui reproche de fumer à la mi-temps. Réponse de Platini : « Monsieur l'Avocat, l'important, c'est que Bonini ne fume pas, c'est lui qui doit courir ! ». C'est Agnelli lui-même qui a le mieux résumé son génie : « On a acheté Platini pour une bouchée de pain, et c'est lui qui a mis le foie gras dessus ».

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    La tragédie et les adieux

    Mais il y a aussi eu des moments sombres. La défaite la plus douloureuse, en 1983, en finale de la Coupe des Champions contre Hambourg. Et surtout, le drame de l'Heysel, en 1985, où 39 personnes ont perdu la vie avant la finale contre Liverpool. Pour Michel, ce fut la fin du football comme un jeu, comme un plaisir. Deux ans plus tard, en 1987, il raccrochait les crampons, à seulement 32 ans. « L'important, c'est d'être sincère avec soi-même », a-t-il dit. « Sur le terrain, je n'y arrivais plus. Alors j'ai arrêté ».

  • Un des plus grands

    En valeur absolue, Maradona a sans doute été plus grand que Platini, et se dispute le titre de meilleur de tous les temps avec Pelé et Messi. Mais il y a eu trois ans, entre 1983 et 1985, où Michel Platini a été le plus fort, le plus efficace, le plus grand. Trois ans où il a régné sur l'Europe et sur le championnat le plus difficile du monde, s'inscrivant pour toujours comme l'un des plus grands footballeurs de tous les temps. Le Roi, tout simplement.

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