Il était venu en Judas, il est reparti en messie. Dans un RCDE Stadium en ébullition et hostile comme jamais pour son retour "à la maison", Joan García a dégoûté son ancien public en signant une prestation monumentale. Le FC Barcelone, longtemps bousculé par un Espanyol vaillant et tranchant, s'est imposé au finish (0-2) dans un derby catalan d'une intensité folle. Un succès arraché grâce aux gants de son gardien et au réalisme froid de ses stars, qui permet au leader de la Liga de s'envoler encore un peu plus, laissant ses voisins avec des regrets éternels.
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Getty Images SportJoan García, le mur de Cornellà
Dès le coup d'envoi, l'Espanyol a mis du cœur, de l'agressivité et de l'envie. Mais les Pericos ont buté sur un mur. Sifflé à chaque touche de balle, Joan García a répondu par des miracles. D'abord en remportant un duel décisif face à Roberto (20e), puis en sortant une main "feline" sur une tête de Pere Milla juste avant la pause (39e). Le Barça, privé de Pedri au coup d'envoi et brouillon offensivement malgré les éclairs de Lamine Yamal, pouvait remercier sa bonne étoile et surtout son portier, auteur d'une demi-douzaine d'arrêts de classe mondiale.
AFPFlick change tout, l'Espanyol craque
La seconde période a confirmé la tendance : un Espanyol dangereux en contre, un Barça en quête de solutions. Roberto, véritable poison pour la défense blaugrana, perdait un nouveau face-à-face dantesque contre Joan García, qui lui subtilisa le ballon du bout des doigts (64e). Sentant le vent tourner, Hansi Flick lançait alors l'artillerie lourde : Lewandowski, Pedri et Dani Olmo. Le match basculait dans l'irrationnel, avec un Koundé sauvant sur sa ligne et un Dmitrovic imitant son homologue en face.
Getty Images SportFermín régale, Olmo et Lewy punissent
C'est finalement dans le "money time" que la différence s'est faite. Fermín López, entré à la pause et intenable, a fait exploser le verrou. D'abord en servant Dani Olmo sur un plateau pour une frappe géniale en lucarne (86e). Puis en déposant tout le monde à la course pour offrir le but du K.O. à Robert Lewandowski (90e). 0-2. Le score est cruel pour l'Espanyol, mais il valide le pragmatisme d'un leader qui sait souffrir pour mieux tuer. Joan García peut sourire : il a éteint son ancien stade et gardé les clés de la ville.
Getty Images SportUn leader intouchable
Avec cette victoire dans la douleur mais ô combien symbolique, le Barça envoie un nouveau message à la concurrence. Même bousculé, même dominé dans l'intensité, ce groupe a des ressources infinies, incarnées par un gardien en état de grâce et un banc de touche royal. La Liga a un patron, et il sait aussi gagner les guerres de tranchées.



