On leur promettait un guet-apens, un derby de la peur et de la sueur ; ils en ont fait une promenade de santé impériale. Dans la fraîcheur de Marrakech, la Côte d'Ivoire a livré une véritable démonstration de force pour écarter le Burkina Faso (3-0) et filer en quarts de finale de la CAN 2025. Loin de trembler, les champions en titre ont étouffé leurs voisins avec une autorité glaçante, transformant ce choc régional en un monologue technique et tactique. Le message envoyé au reste du continent est limpide : les Éléphants ne sont pas venus au Maroc pour rendre leur couronne, mais bien pour l'incruster un peu plus sur leur tête.
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AFPLe récital du maestro Amad Diallo
Le grand architecte de cette œuvre porte un nom : Amad Diallo. Le joueur de Manchester United, positionné en électron libre, a éclaboussé la rencontre de sa classe, troquant son costume d'espoir pour celui de patron. Dès la 20e minute, au terme d'un mouvement limpide initié par Kessié, il s'offrait un numéro de soliste dans la surface conclu par un piqué d'orfèvre (1-0). Insaisissable, c'est encore lui qui, douze minutes plus tard, déchirait le rideau défensif adverse pour servir Yan Diomandé, dont la frappe puissante nettoyait le petit filet (2-0, 32e). En une demi-heure, le suspense était déjà mort et enterré.
AFPDes Étalons impuissants, une défense de fer
Sommés de réagir, les Étalons du Burkina ont bien tenté de se cabrer, mais ils se sont heurtés à un mur. Si Dango Ouattara a fait passer un frisson en trouvant le poteau juste avant la pause, la défense ivoirienne, articulée autour d'une charnière impériale et d'un Yahia Fofana vigilant (décisif à la 41e), a géré son avantage avec un cynisme de champion. Le milieu de terrain ivoirien a confisqué le ballon, éteignant la moindre velléité de révolte par une maîtrise technique supérieure et un calme olympien.
AFPL'estocade de la jeunesse
La seconde période ne fut qu'une longue gestion, jusqu'à l'estocade finale. Alors que le Burkina jetait ses dernières forces dans la bataille pour sauver l'honneur, la Côte d'Ivoire plaçait un contre assassin. Le jeune Bazoumana Touré, sorti du banc, faisait parler sa vitesse foudroyante sur 40 mètres pour aller ajuster Koffi et sceller le score (3-0, 87e). La preuve, s'il en fallait, que le danger ivoirien peut venir de partout, des titulaires comme des "coiffeurs".
AFPRendez-vous avec les Pharaons
Avec ce succès net et sans bavure, la Côte d'Ivoire s'affirme plus que jamais comme le grand favori à sa propre succession. Mais l'euphorie devra être de courte durée. Car samedi prochain à Agadir, c'est un tout autre défi qui attend les hommes d'Emerse Faé : l'Égypte, ogre du continent. Ce quart de finale aura des allures de finale avant l'heure. Mais au vu de la puissance dégagée ce soir, ce sont peut-être les Pharaons qui devraient commencer à trembler.