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Complot contre City ? La paranoïa de Guardiola ne trompe plus personne

Il fut un temps où Pep Guardiola occupait le terrain moral, laissant les joutes verbales et la paranoïa arbitrale à son ennemi juré, José Mourinho. Ce temps est révolu. Samedi, après avoir battu les Wolves, le Catalan a choisi d'attaquer Farai Hallam, un arbitre faisant ses débuts en Premier League, coupable d'avoir maintenu sa décision (pas de penalty) malgré l'appel du VAR.

Guardiola a insinué que l'arbitre cherchait la gloire et que son équipe devait se battre contre des forces invisibles, malgré "neuf ans et six Premier Leagues". Cette rhétorique du "seul contre tous" est une vieille ficelle du Mourinhisme. Brandir six doigts aux fans de Liverpool pour rappeler ses titres, harceler les officiels dans les couloirs (comme l'a raconté l'ex-arbitre Graham Scott), et crier au complot après une victoire : Guardiola emprunte désormais le manuel de mesquinerie du "Special One", la classe en moins.

  • Manchester City v Wolverhampton Wanderers - Premier LeagueGetty Images Sport

    Une logique qui ne tient pas debout

    L'argumentaire de Guardiola s'effondre dès qu'on l'analyse froidement. Il crie au complot systémique alors même que le VAR (le système) a demandé à l'arbitre de revoir l'action pour potentiellement accorder un penalty à City. Si l'établissement était contre lui, pourquoi Stockley Park serait-il intervenu en sa faveur ?

    De plus, l'action incriminée — une main de Yerson Mosquera — était hautement subjective, le bras étant en position naturelle lors d'une course. Se servir d'un arbitre novice comme bouc émissaire alors que City venait de marquer le but du break quelques minutes après l'incident relève de la mauvaise foi. C'est une tentative maladroite de détourner l'attention, alors qu'il avait étrangement gardé son calme après des erreurs bien plus flagrantes lors du derby de Manchester la semaine précédente.

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  • Marc Guehi Man CityManchester City

    La victime à 575 millions d'euros

    Le plus grotesque dans cette posture de victime, c'est le contexte financier. Guardiola prétend devoir se battre avec des armes inégales, mais lesquelles ? City a dépensé 485 millions de livres (environ 575 M€) sur les 13 derniers mois. Cet hiver encore, le club a lâché 85 M£, soit le triple de la dépense nette de n'importe quel autre club, pour s'offrir Antoine Semenyo et Marc Guéhi.

    Comment oser parler d'injustice quand on peut offrir 300 000 livres par semaine à un défenseur pour le souffler à Liverpool ? City n'est pas un David qui lutte contre Goliath ; c'est un Goliath qui se plaint que David a un caillou dans sa chaussure. Utiliser sa puissance financière pour pallier les blessures est un luxe inouï. Prétendre le contraire est une insulte à l'intelligence des 19 autres clubs de la ligue.

  • Richard Masters(C)Getty Images

    L'éléphant dans la pièce : les 130 charges

    Enfin, il y a une ironie mordante à entendre Guardiola se plaindre de la lenteur ou de l'injustice du système judiciaire sportif. Le monde du football attend depuis trois ans le verdict des désormais 130 charges financières qui pèsent sur Manchester City. Le club utilise toutes les voies de recours légales pour retarder l'échéance, tout en se plaignant des décisions arbitrales sur le terrain.

    Si complot il y a, il ne se joue pas sur une main non sifflée contre les Wolves, mais dans les bureaux d'avocats qui retardent l'issue d'un procès qui pourrait redéfinir l'histoire de la Premier League. Guardiola a le droit de motiver ses joueurs comme il le souhaite — sa tirade des "Happy Flowers" avait fonctionné l'an passé — mais jouer la carte de la persécution éthique alors que son club est soupçonné de la plus grande fraude financière de l'histoire du football anglais est un pari risqué qui ne fait que ternir son héritage.

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