GOAL vous raconte comment Tottenham a laissé échapper sa chance de dominer le nord de Londres, peut-être pour toujours.
Getty/GOALComment Tottenham a laissé Arsenal reprendre le contrôle du nord de Londres
Getty Images SportLes dernières années Wenger
Avant de devenir l'homme de la FIFA, Arsène Wenger était un entraîneur de légende qui a révolutionné le football anglais. Ses "Invincibles" de 2004 restent la dernière équipe d'Arsenal à avoir été sacrée championne d'Angleterre. Mais après ce triomphe, le club a dû gérer sa dette suite à la construction de l'Emirates Stadium. Pendant des années, Arsenal n'a plus pu rivaliser financièrement avec ses concurrents et a dû vendre ses meilleurs joueurs.
Malgré une victoire en FA Cup en 2014, le déclin était en marche. Les débats sur l'avenir de Wenger n'ont jamais cessé. En 2017, pour la première fois sous ses ordres, Arsenal a terminé en dehors du top 4. Il n'allait rester qu'une saison de plus.
Getty Images SportLa révolution Pochettino
Pendant qu'Arsenal s'enfonçait dans les doutes, Tottenham, de son côté, se reconstruisait. Nommé en 2014, Mauricio Pochettino a séduit par son style de jeu intense et sa personnalité attachante. Il a fait voler en éclats le plafond de verre qui semblait limiter les ambitions du club. Les Spurs se sont battus pour le titre en 2016 et, un an plus tard, ont enfin terminé devant Arsenal pour la première fois en 22 ans.
« Ils méritent de gagner, il faut l'accepter », avait déclaré un Wenger dépité. Cette saison-là, Tottenham a terminé deuxième avec un record de 86 points. Ce n'était pas un feu de paille. Les Spurs faisaient partie du "Big Six".
Getty Images SportLa fenêtre de tir manquée
Tottenham avait une occasion en or de prendre définitivement le pouvoir. Ils avaient l'un des entraîneurs les plus prometteurs du monde, un noyau de jeunes stars comme Harry Kane ou Dele Alli, et l'expérience de joueurs comme Hugo Lloris. Mais il leur manquait de la profondeur de banc. Et alors que Pochettino réclamait des renforts, le club a passé deux mercatos sans recruter le moindre joueur.
Pendant ce temps, à Arsenal, la guerre civile faisait rage, avant et après le départ de Wenger. Qui construire autour ? Qui pour le remplacer ? Il y avait à Tottenham une unité qui s'était érodée chez les Gunners. Pourtant, malgré les obstacles, les Spurs ont atteint leur première finale de Ligue des Champions en 2019. Une défaite face à Liverpool, mais un exploit qui a fait trembler les supporters d'Arsenal, soulagés de ne pas voir leurs rivaux devenir rois d'Europe. C'était l'apogée de Tottenham, et le début de la fin.
Getty Images SportLe court-termisme contre la vision à long terme
Six mois plus tard, le président Daniel Levy a pris la décision controversée de remplacer Pochettino par José Mourinho, espérant que le "Special One" transformerait les "presque" gagnants en véritables vainqueurs. Une vision à court terme, qui a échoué.
Arsenal, de son côté, a fait le choix inverse. Le club a tout mis à plat et a planifié l'avenir. Mikel Arteta, ancien capitaine et adjoint de Guardiola, a été nommé. Les débuts ont été difficiles, avec deux huitièmes places consécutives. Mais le club a gardé le cap, acceptant que la reconstruction prendrait du temps.
Getty Images SportLe tournant de 2022
La saison 2021-2022 a vu les deux rivaux se battre pour la quatrième place. Deux philosophies opposées. Arsenal a fait confiance à ses jeunes talents, comme Bukayo Saka ou Martin Ødegaard. Tottenham, de son côté, a viré son coach, Nuno Espírito Santo, après 10 matchs pour le remplacer par Antonio Conte.
Un derby reprogrammé en fin de saison a été le point de bascule. Tottenham l'a emporté 3-0, et a finalement décroché la qualification pour la Ligue des Champions. On pensait alors que les Spurs allaient de nouveau se battre pour le titre, et qu'Arsenal avait encore des années à attendre. On ne pouvait pas avoir plus tort.
Getty Images SportUn club avec un plan
L'échec de la qualification n'a pas freiné les ambitions d'Arsenal, qui a recruté Gabriel Jesus et Oleksandr Zinchenko, tout en récupérant William Saliba. Tottenham, de son côté, a misé sur Richarlison et Ivan Perišić. La suite est connue. Conte, incapable de gérer le calendrier européen, a explosé en conférence de presse et a été limogé.
Pendant ce temps, Arsenal, récompensé de sa patience, luttait pour le titre. Le club n'a pas encore été sacré, mais a enchaîné trois deuxièmes places. Une renaissance qui lui a permis d'attirer des joueurs comme Declan Rice, une démonstration de force que Tottenham n'a jamais su faire à sa grande époque.
Getty Images SportDe retour au sommet
Aujourd'hui, les supporters d'Arsenal redécouvrent que l'on peut aimer une équipe même si elle ne gagne pas de trophées, comme l'ont fait ceux de Tottenham pendant des années. Mais les titres ne devraient plus tarder à arriver. Et quand ce sera le cas, la capitale risque de s'embraser. Car Arsenal est, et a toujours été, le plus grand club de Londres.
Le jour de la parade viendra, et leurs rivaux de tout le pays le sauront.
AFPDu rêve de titre au cauchemar de la relégation
Le derby du nord de Londres est l'une des plus belles affiches du football anglais. Mais il y a un risque réel qu'il n'ait pas lieu la saison prochaine. Tottenham pourrait aborder ce match à une place de la zone de relégation. Le club n'a toujours pas gagné en 2026 et a dû faire appel à Igor Tudor pour tenter de sauver les meubles.
Arsenal, de son côté, a l'occasion de remporter une quatrième victoire consécutive au Tottenham Hotspur Stadium. Ils sont également favoris dans les quatre compétitions où ils sont encore en lice. Les trajectoires des deux clubs ne pourraient pas être plus éloignées. Le nord de Londres sera rouge pour de nombreuses années, quoi qu'il arrive dimanche. Et il est incompréhensible de voir comment Tottenham a pu, non seulement laisser filer son avantage, mais aussi le voir se retourner complètement contre lui.

