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« C'est pour ça que les joueurs ne signent pas chez eux ! » - L'ancienne star de Marseille affirme que la « peur » et la « négativité » freinent le club après le départ de Roberto De Zerbi et du directeur Medhi Benatia

  • Marseille plongée dans la tourmente après le départ de ses dirigeants

    Après une humiliante défaite 5-0 face à son rival, le Paris Saint-Germain, le club a été contraint de faire face au départ de deux figures clés. L'entraîneur Roberto De Zerbi a quitté son poste en début de semaine, et dimanche, le directeur sportif Medhi Benatia a officiellement quitté ses fonctions. Dans ce contexte d'instabilité, des supporters en colère ont récemment pris d'assaut les loges présidentielles du stade, exigeant des comptes pour une saison qui échappe rapidement à tout contrôle.

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    Rami dénonce la crise de mentalité

    Rami, qui a représenté Marseille entre 2017 et 2019, estime que les problèmes rencontrés au Vélodrome sont profondément psychologiques. S'exprimant en tant que consultant pour Ligue 1+, le défenseur vétéran a expliqué que la pression liée au fait de jouer pour un club aussi chargé émotionnellement devient souvent un fardeau plutôt qu'un stimulant. « Parfois même, pour être honnête, nous jouons avec la peur, même lorsque nous gagnons », a admis Rami en réfléchissant à l'incapacité de l'équipe actuelle à mener les matchs à leur terme. Il a suggéré que le poids des attentes a créé une prophétie auto-réalisatrice d'échec pendant les matchs.

    « Et nous commençons à penser négativement, en nous disant : "Bon, nous menons 2-0, mais si nous encaissons un but, nous sommes cuits." C'est grave de penser comme ça », a poursuivi Rami. Il a fait valoir que cette anxiété omniprésente est l'une des principales raisons pour lesquelles Marseille peine sur le marché des transferts. « C'est pourquoi certains joueurs ne signent parfois pas à Marseille, parce qu'ils ont peur. Il faut avoir un mental d'acier pour rejoindre ce magnifique club », a-t-il ajouté.

  • Les conséquences du départ de De Zerbi

    Le chaos récent fait suite au départ houleux de De Zerbi, dont le mandat a été marqué par des innovations tactiques, mais aussi par des tensions extrêmes dans les vestiaires. Des informations ont été publiées détaillant le traitement brutal infligé par l'Italien au défenseur Amir Murillo, à qui il aurait déclaré qu'il n'avait aucun avenir au sein du club lors d'une séance vidéo houleuse. Ce style conflictuel, qui visait à relever le niveau, semble avoir eu l'effet inverse, laissant une équipe que Rami décrit comme manquant de confiance et rongée par un sentiment de fatalité.

    La transition vers l'ère post-De Zerbi s'est avérée difficile. Actuellement, l'équipe est dirigée par l'entraîneur intérimaire Pancho Abardonado, assisté de Romain Ferrier. Cependant, le staff technique temporaire n'a pas pu empêcher l'effondrement contre Strasbourg. Malgré une avance confortable grâce à Mason Greenwood et Amine Gouiri, l'équipe s'est effondrée dans les vingt dernières minutes. Sebastian Nanasi a déclenché la remontée avant qu'un penalty de Joaquín Panichelli à la 97e minute ne fasse taire le public local et ne renforce la « négativité » dont Rami avait mis en garde.

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    Le départ de Medhi Benatia

    La nouvelle du départ de Benatia de son poste de directeur sportif a aggravé la détresse des supporters marseillais. Nommé à ce poste en janvier 2025 seulement, son départ laisse un vide considérable dans la direction sportive du club. Le départ de Benatia est considéré comme une conséquence des tensions au sein de la hiérarchie du club et d'un sentiment croissant d'injustice concernant la manière dont le projet a été géré par le propriétaire Frank McCourt. Sans entraîneur permanent ni directeur sportif, Marseille se retrouve sans véritable direction à l'approche d'une période cruciale de la saison.

    Alors que la recherche de stabilité se poursuit, les propos de Rami rappellent avec force les obstacles auxquels toute nouvelle nomination sera confrontée. Changer la configuration tactique est peut-être la partie la plus facile ; le véritable défi consiste à éradiquer la peur qui semble s'être emparée du vestiaire. Tant que Marseille ne sera pas en mesure d'offrir un environnement stable où les joueurs n'auront pas « peur » d'enfiler le célèbre maillot blanc, même les équipes les plus talentueuses continueront de s'effondrer sous la pression intense du Vélodrome.

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