Le Metropolitano s'est transformé en abattoir, et le Barça y a laissé bien plus que des plumes. Dans une demi-finale aller de Coupe du Roi aux allures de correctionnelle, l'Atlético de Madrid a littéralement déchiqueté une équipe barcelonaise méconnaissable et dépassée (4-0). Privés de Raphinha et Rashford, les hommes de Hansi Flick ont sombré corps et biens en 45 minutes, victimes de la furia colchonera et de leurs propres errements. Sauf miracle au Camp Nou, la finale de Séville tend les bras aux Madrilènes, tandis que le Barça repart avec une valise pleine et une joue rouge de honte.
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AFPLe cadeau d'Eric, la punition de Griezmann
Le désastre a commencé par un gag, ou plutôt un suicide. Dès les premiers instants, Eric Garcia, sous pression, adressait une passe en retrait mal assurée à Joan Garcia. Le gardien, trahi par un faux rebond, laissait filer le cuir dans ses filets. 1-0. Le Barça était K.O. debout, et l'Atlético a senti l'odeur du sang. Huit minutes plus tard, sur un contre éclair initié par Musso et relayé par Julian Alvarez et Molina, Antoine Griezmann ajustait son ancien club avec une douceur cruelle (2-0). Le piège de Simeone s'était refermé
Getty Images SportLookman et Alvarez, les bourreaux
La suite ne fut qu'un long calvaire pour la défense catalane, transformée en passoire. Ademola Lookman, intenable, s'offrait le troisième but après un nouveau raid dévastateur (3-0). Et juste avant la pause, Julian Alvarez brisait enfin sa disette de 11 matchs en profitant des boulevards laissés par une équipe barcelonaise à l'agonie (4-0). À la mi-temps, le score était lunaire, mais terriblement logique tant l'Atlético avait mangé son adversaire dans l'intensité et le réalisme.
AFPLa VAR tue l'espoir
Au retour des vestiaires, le Barça a cru, un instant, pouvoir sauver les apparences. Pau Cubarsí réduisait le score (52e), mais la VAR entrait en scène pour un show grotesque de sept minutes. Verdict : hors-jeu de Lewandowski au départ de l'action. But annulé. C'était le coup de grâce moral. Les Catalans, assommés, finissaient même à dix après l'expulsion directe d'Eric Garcia (83e) pour une faute sur le remuant Giuliano Simeone.
Getty Images SportUne "remontada" impossible ?
Le 3 mars prochain, le Spotify Camp Nou devra être le théâtre d'un exploit irrationnel pour renverser la vapeur. Mais ce Barça-là, "déguisé en Cendrillon" selon la presse catalane, a-t-il les ressources pour remonter un tel handicap face à un Atlético aussi féroce ? Simeone tient sa finale, et il faudrait un cataclysme pour qu'elle lui échappe. Ce soir, Madrid rit, et Barcelone pleure des larmes de sang.



