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Arsenal intraitable, Raphinha décisif, Milan en panne : les gagnants et perdants du week-end

Un enchaînement dense de rencontres qui a donné lieu à un concentré d’émotions contrastées pour les joueurs, les entraîneurs et les clubs concernés. Entre confirmations éclatantes, désillusions profondes et premiers motifs d’espoir, le week-end a redistribué bien des cartes.

Mais qui en est réellement sorti grandi, et qui a quitté la scène avec le sentiment amer d’une occasion manquée ? GOAL fait le tour des grands gagnants et des grands perdants du week-end écoulé.

  • Macclesfield v Crystal Palace - Emirates FA Cup Third RoundGetty Images Sport

    GAGNANT : La magie de la FA Cup

    On dit souvent que la magie de la FA Cup s’est estompée avec le temps. Le troisième tour de cette édition n’a d’ailleurs pas été particulièrement riche en surprises. Mais lorsque le plus grand exploit de l’histoire de la compétition se produit, impossible de rester insensible à ce que représente encore la plus vieille coupe du football mondial.

    Il existait 117 divisions d’écart entre Macclesfield et Crystal Palace au coup d’envoi. Si certains imaginaient un match accroché, très peu envisageaient une élimination du tenant du titre dès son entrée en lice, quelques mois seulement après son sacre à Wembley. D’autant plus qu’Oliver Glasner avait aligné une équipe solide, avec notamment Marc Guéhi, Adam Wharton ou Yeremy Pino.

    Et pourtant, Palace est tombé. Battus 2-1 à Moss Rose, les Londoniens n’ont jamais vraiment maîtrisé leur sujet. Le coup franc de Pino dans le temps additionnel n’a servi qu’à sauver l’honneur, tandis que le stade explosait de joie. Une récompense immense pour un club et des supporters qui ont vécu l’enfer en 2020, lorsque Macclesfield Town avait été rayé de la carte.

    Depuis, le club « phénix » a patiemment gravi les échelons. Mais jamais il n’avait vécu un moment aussi fort. John Rooney, entraîneur et frère de Wayne, peinait à retenir ses larmes au micro de la BBC, parlant d’un résultat « incroyable ». Le mot est faible.

    Oui, malgré tout, la magie de la FA Cup existe encore, et elle s’est rappelée au bon souvenir de l’Angleterre, le temps d’une soirée inoubliable dans le Cheshire.

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  • Manchester United v Brighton & Hove Albion - Emirates FA Cup Third RoundGetty Images Sport

    PERDANT : Manchester United

    La FA Cup devait représenter une dernière bouée de sauvetage. Elle s’est transformée en symbole supplémentaire du naufrage. Comme en Carabao Cup plus tôt dans la saison, Manchester United est tombé dès son entrée en lice, battu 2-1 à domicile par Brighton & Hove Albion dimanche.

    Un échec lourd de sens. Entre cette élimination et la déroute estivale aux tirs au but contre Grimsby Town, les Red Devils n’ont remporté aucun match de coupe nationale cette saison, une première depuis 1981-1982. Sans Coupe d’Europe non plus, United ne disputera que 40 matches sur l’ensemble de l’exercice, un total inédit depuis l’ère pré-Première Guerre mondiale.

    L’atmosphère devait pourtant être plus légère à Old Trafford pour la première à domicile de Darren Fletcher, nommé intérimaire après le licenciement de Ruben Amorim. Mais après une entame correcte, United a rapidement sombré. L’ouverture du score de Gruda a refroidi le stade, et le but de Danny Welbeck, une fois encore contre son ancien club, a définitivement plongé Old Trafford dans l’indifférence.

    La fin de match, marquée par l’expulsion du jeune Shea Lacey et les célébrations des supporters visiteurs sous la pluie mancunienne, résume bien l’état actuel du club. United doit encore sauver sa saison en championnat pour accrocher la Ligue des champions, mais tout espoir de trophée s’est envolé. À Old Trafford, il ne reste plus que le silence et l’usure.

  • FBL-KSA-SUPERCUP-BARCELONA-REAL MADRIDAFP

    GAGNANT : Raphinha

    En Espagne, le regard était tourné vers Djeddah et la finale de la Supercopa de España entre le FC Barcelona et le Real Madrid. Une affiche à la hauteur de l’attente, conclue par une victoire barcelonaise 3-2 au terme d’un Clasico électrique, marqué par trois buts dans le temps additionnel de la première période et une expulsion tardive de Frenkie de Jong.

    Le grand homme du soir se nomme Raphinha. Déjà prétendant crédible au Ballon d'Or la saison passée, l’ailier brésilien a rappelé pourquoi. Auteur d’un doublé décisif, il affiche désormais 8 buts et 3 passes décisives en huit titularisations depuis son retour de blessure en novembre. Mieux encore, il confirme une domination presque obsessionnelle face au rival madrilène : sept buts en cinq Clasicos depuis le début de la saison dernière, dont deux doublés consécutifs en finale de Supercoupe.

    Un temps relégué au second plan pendant son absence, alors que Marcus Rashford séduisait, Raphinha a repris le contrôle du récit. Sa forme actuelle, sa régularité et son impact dans les grands rendez-vous replacent le Brésilien au centre du projet blaugrana — et peut-être, à nouveau, dans la discussion pour les plus hautes distinctions individuelles.

  • Endrick Lyon 2025-26Getty Images

    GAGNANT : Endrick

    Pendant que le Real Madrid digérait sa désillusion saoudienne, l’un de ses joyaux retrouvait le sourire en France. Prêté à l’Olympique Lyonnais en tout début de mercato hivernal, Endrick n’a pas tardé à justifier ce choix en inscrivant son premier but sous ses nouvelles couleurs, dès sa première titularisation.

    Relégué au second plan au Bernabéu depuis l’arrivée de Xabi Alonso, le Brésilien n’avait cumulé que 99 minutes de jeu lors de la première partie de saison, principalement en Copa del Rey. Le prêt à Lyon, synonyme de temps de jeu et de continuité, s’imposait comme une évidence.

    Aligné d’entrée face à Lille OSC en Coupe de France, Endrick a d’abord touché le poteau avant d’ouvrir le score d’une reprise à bout portant, but décisif dans le succès 2-1 des Gones. Une entrée en matière convaincante, saluée par son entraîneur Paulo Fonseca, qui a insisté sur le potentiel de progression physique et tactique du joueur.

    Pour Endrick, ce premier sourire lyonnais ressemble moins à un soulagement qu’à un point de départ. Un signal clair, aussi, envoyé à Madrid : le talent n’a pas disparu, il demandait simplement à s’exprimer.

  • Bayer 04 Leverkusen v VfB Stuttgart - BundesligaGetty Images Sport

    PERDANT : Bayer Leverkusen

    Dernier des cinq grands championnats européens à reprendre après la trêve hivernale, la Bundesliga devait marquer un nouveau départ pour Leverkusen. Après un début de saison catastrophique et le limogeage éclair d’Erik ten Hag, Kasper Hjulmand avait progressivement remis de l’ordre à la BayArena.

    Les champions 2024 n’avaient perdu que trois matches de championnat sous le Danois, tout en signant des succès de prestige face à Manchester City en Ligue des champions et contre Borussia Dortmund en DFB-Pokal. Une victoire contre RB Leipzig fin décembre avait même permis à Leverkusen de grimper à la troisième place, avec l’ambition assumée d’être « le meilleur du reste » derrière l’intouchable Bayern.

    Tout s’est effondré samedi. Face à un VfB Stuttgart pourtant dominé depuis 15 confrontations, Leverkusen était déjà mené 4-0 à la pause, dépassé dans tous les compartiments. Le penalty d’Alex Grimaldo en seconde période n’a rien changé à l’issue (1-4), synonyme de chute à la quatrième place.

    « Nous étions très loin du niveau requis », a reconnu Jarell Quansah, parlant même d’excuses à présenter au public. Un aveu brutal pour un Leverkusen qui espérait lancer 2026 sur de meilleures bases.

  • FBL-GER-BUNDESLIGA-BAYERN MUNICH-WOLFSBURGAFP

    GAGNANT : Bayern Munich

    Aucun signe de rouille, bien au contraire. Leader incontesté de Bundesliga, le Bayern a repris comme il avait laissé, en écrasant Wolfsburg 8-1 dimanche. Pourtant accroché très tôt (1-1) et seulement devant d’un but à la pause, le champion d’Allemagne a totalement changé de rythme au retour des vestiaires.

    La seconde période a tourné à la démonstration. Michael Olise a illuminé la rencontre avec deux buts et deux passes décisives, tandis que Luis Diaz s’est montré tout aussi décisif (un but, trois passes). Plus discret dans les chiffres, Harry Kane a tout de même signé un but splendide, une frappe lointaine avec l’aide de la barre, portant son total à 31 réalisations en 26 matches cette saison.

    Au-delà du score, c’est l’attitude qui a marqué les esprits. « Même à 5-1, 6-1 ou 7-1, les joueurs continuent de courir, de presser, de vouloir marquer », a savouré Vincent Kompany, soulignant aussi l’équilibre entre jeunesse et ADN bavarois.

    Si ce Bayern peut encore progresser, comme le suggère son entraîneur, la perspective a de quoi inquiéter non seulement la Bundesliga… mais toute l’Europe.

  • FBL-ITA-SERIEA-INTER-NAPOLIAFP

    GAGNANT : Scott McTominay

    En Italie, l’affiche entre l’Inter et Naples avait tout d’un tournant potentiel dans la course au Scudetto. Leaders de Serie A, les Nerazzurri recevaient le champion en titre avec quatre points d’avance et l’occasion de mettre à distance l’équipe d’Antonio Conte. Mais malgré deux avantages au score, Inter a dû se contenter d’un nul spectaculaire (2-2), puni par l’homme fort du moment : McTominay.

    Auteur de deux buts égalisateurs à San Siro, l’Écossais a encore démontré sa capacité à peser sur les grands rendez-vous. Repositionné plus bas dans l’entrejeu depuis le passage de Naples en 3-4-3, il a su s’adapter sans perdre son influence, au point d’inscrire trois buts en une semaine. Ironie du sort, McTominay avait pourtant été impliqué sur l’ouverture du score interiste signée Federico Dimarco, avant de totalement renverser le scénario.

    La Corriere della Sera l’a qualifié de « robot », capable de se reprogrammer en plein match. Une image parlante pour un joueur redevenu central dans le jeu napolitain. Si McTominay maintient ce niveau, Napoli peut encore croire à un nouveau sacre au Stadio Diego Armando Maradona au printemps.

  • ACF Fiorentina v AC Milan - Serie AGetty Images Sport

    PERDANT : AC Milan

    Avec l’Inter et Naples occupés à se neutraliser, l’AC Milan avait une occasion idéale de frapper un coup dans la course au titre en se rendant à Florence. Face à une Fiorentina longtemps engluée en bas de tableau, les Rossoneri pouvaient légitimement viser les trois points.

    Il n’en a rien été. Dominé dans l’intensité et souvent en difficulté au Stadio Artemio Franchi, Milan a dû s’en remettre à un but égalisateur à la 90e minute de Christopher Nkunku – un joueur pourtant annoncé sur le départ cet hiver – pour arracher un nul frustrant (1-1).

    Au coup de sifflet final, Massimiliano Allegri n’a pas masqué son agacement, regrettant le cruel manque de réalisme de son équipe. Ce nouveau faux pas, après un nul déjà concédé contre le Genoa, laisse Milan à trois points de Inter à mi-parcours de la Serie A. Dans une saison où chaque opportunité compte, celle-ci pourrait peser lourd.

  • Fenerbahçe SK V Galatasaray SK - Turkish Super Cup FinalGetty Images Sport

    GAGNANT : Matteo Guendouzi

    Direction la Turquie pour conclure ce week-end, avec une Supercoupe très attendue entre Galatasaray et Fenerbahce. Leaders de Süper Lig, les joueurs de Galatasaray semblaient favoris malgré l’absence de Victor Osimhen, retenu par la CAN. Une fragilité que Fenerbahçe a su exploiter, porté par sa toute nouvelle recrue phare.

    Arrivé seulement deux jours plus tôt en provenance de Lazio contre un montant record de 28 millions d’euros, Matteo Guendouzi a été immédiatement lancé par Domenico Tedesco. Le pari s’est révélé gagnant. Infatigable, agressif à la récupération et juste dans l’utilisation du ballon, l’ancien milieu d’Arsenal a marqué les esprits.

    C’est lui qui a ouvert le score d’une frappe sèche à ras de terre, avant que Fenerbahçe ne s’impose 2-0 au Atatürk Stadium, décrochant seulement son deuxième trophée majeur depuis le titre de champion en 2014.

    « Je suis extrêmement fier. Nous nous sommes battus les uns pour les autres. Ce n’est que le début, je suis venu ici pour remplir l’armoire à trophées », a glissé Guendouzi après la rencontre. Une entrée en matière tonitruante, déjà promise à rester dans les mémoires des supporters stambouliotes.

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