Cristiano Ronaldo Al-Nassr struggles GFXGOAL

114 buts mais zéro trophée majeur : la malédiction saoudienne de Cristiano Ronaldo continue

Il y a quinze jours, le titre semblait promis à Al-Nassr. L'équipe de Jorge Jesus, le quatrième entraîneur de l'ère Ronaldo, marchait sur l'eau avec un bilan immaculé de dix victoires consécutives. Mais le football va vite, surtout dans le désert. Trois matchs sans victoire plus tard (un nul, deux défaites), la crise couve.

Jorge Jesus, l'architecte du sacre invincible d'Al-Hilal la saison passée, a été appelé au chevet d'Al-Nassr pour briser la malédiction. Il avait pourtant assemblé une attaque de feu : Ronaldo, Sadio Mané, et les recrues stars João Félix et Kingsley Coman. « Quand nous jouons tous les quatre, nous sommes inarrêtables », fanfaronnait Félix. La réalité de janvier est bien plus sombre : la machine s'est enrayée, et le spectre d'une nouvelle saison blanche hante Ronaldo.

  • Al-Nassr v Al-Ittihad - Saudi Super Cup Semi FinalGetty Images Sport

    L'absence de Mané et la défense en carton

    Le point de bascule a coïncidé avec le départ de Sadio Mané pour la Coupe d'Afrique des Nations. Sans son créateur sénégalais, Al-Nassr a perdu son liant. Malgré les buts de Ronaldo et Félix, l'équipe a d'abord trébuché contre Al-Ettifaq (2-2), avant de sombrer défensivement.

    La défaite 3-2 contre Al-Ahli a été un trompe-l'œil : le score était flatteur tant la défense d'Al-Nassr a pris l'eau, concédant huit grosses occasions. L'absence sur blessure de Mohamed Simakan, patron de la défense, est dévastatrice. Sans lui, l'équipe n'a gardé sa cage inviolée qu'une seule fois. Jorge Jesus a beau blâmer la fatigue physique, les erreurs individuelles (comme la boulette du gardien Nawaf Al-Aqidi contre Al-Qadsiah) se multiplient au pire moment.

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  • Al Nassr v Al Okhdood: Saudi Pro LeagueGetty Images Sport

    Al-Hilal, la machine qui ne s'arrête jamais

    Le timing de cette crise est catastrophique. Pendant qu'Al-Nassr patinait, Al-Hilal a enclenché le turbo. L'équipe désormais dirigée par Simone Inzaghi reste sur dix victoires consécutives en championnat, transformant un retard de quatre points en une avance de quatre points.

    C'est un scénario cauchemardesque pour Ronaldo : voir son grand rival, qu'il pensait avoir distancé, revenir et le dépasser avec une aisance déconcertante. Si Al-Hilal l'emporte lundi, l'écart passera à sept points. Connaissant la régularité des Bleus de Riyad, un tel fossé serait probablement définitif. Al-Hilal menace de remporter un deuxième titre en trois ans sans perdre un match, une hégémonie que CR7 était venu briser.

  • Al Nassr v Al Fayha - Saudi Pro LeagueGetty Images Sport

    Le déni de Jorge Jesus

    Face à la tempête, Jorge Jesus choisit la méthode Coué. Après le nul contre Al-Ettifaq, il parlait de « l'une des meilleures performances de la saison ». Après la défaite contre Al-Qadsiah, il insistait : « Al-Nassr n'a pas fait un mauvais match. » Ce déni de réalité commence à agacer.

    L'équipe manque de fluidité et, plus inquiétant, de tranchant. Contre Al-Qadsiah, malgré la présence de Ronaldo, Al-Nassr n'a cadré que trois tirs, dont un penalty. L'entraîneur portugais espère des renforts au mercato d'hiver pour réoxygéner son groupe, mais le calendrier n'attend pas. Le derby de lundi ne se jouera pas sur le marché des transferts, mais sur le terrain, avec les joueurs actuels, fatigués et en plein doute.

  • Ronaldo, l'éternel optimiste (ou désespéré ?)

    Au milieu du naufrage, Cristiano Ronaldo reste le capitaine du navire. « Nous sommes sur le bon chemin », postait-il sur Instagram avant la série noire. Après les défaites, son discours a changé, appelant au professionnalisme et au respect du contrat. À bientôt 41 ans, sa faim de titres reste intacte, mais le temps presse.

    Il a marqué 114 fois pour le club, un exploit en soi, mais son héritage saoudien se jugera aux trophées. Pour l'instant, son armoire est vide de titres majeurs. Lundi soir, au Kingdom Arena, il ne jouera pas seulement un match de championnat. Il jouera pour prouver que son projet saoudien n'est pas qu'une immense opération marketing, mais bien une aventure sportive couronnée de succès. Perdre serait plus qu'un échec : ce serait un aveu d'impuissance face à la machine collective d'Al-Hilal.

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