Propulsé avec l'équipe professionnelle la saison dernière, Lucas Tousart s'impose désormais comme un titulaire en puissance dans le nouvel OL constitué cet été après le départ de plusieurs joueurs cadres. L'ancien milieu de terrain de Valenciennes, leader dans l'âme et grande promesse du championnnat de France, analyse avec du recul le changement d'orientation pris par son club durant l'été. Au milieu de ses nouveaux partenaires, l'international Espoirs français estime avoir tout à disposition pour réussir une belle saison.
C’est votre première saison dans la peau d’un titulaire à l'OL. Quel bilan faites-vous de ces premières semaines de compétition ?
Lucas Tousart : Sur le plan de l’équipe on fait un bon début de saison même si les deux derniers matches ont été un peu plus compliqués (face à Bordeaux 3-3 et face à Nantes 0-0). On aurait dû les gagner mais il nous a manqué un peu de tranchant. Le premier bilan est quand même positif parce que ce qui nous manquait la saison dernière c’était notre assise défensive. On l’a retrouvée et ça ne nous pénalise plus.
L’OL assume un virage important en termes d’organisation et de recrutement. Tout est un peu différent non ?
Je suis arrivé une semaine après la reprise, le recrutement n’était pas encore terminé mais le vestiaire était déjà complètement différent. Il y a eu un changement total que le club assume. Des joueurs cadres comme Alex (Lacazette), Coco (Tolisso) ou Max (Gonalons) sont partis, ils étaient formés au club et c’est un grand virage qui a été pris. Le club a été réactif et la transition s’est bien effectuée. On passe de bons moments ensemble, il y a pas mal de nationalités différentes mais on s’entend bien.

Le départ des cadres était un peu inquiétant avant le début de la saison et finalement, l’OL donne presque l’impression de mieux jouer…
Je vais parler objectivement, je pense que l’année dernière on avait peut-être de meilleures individualités mais on jouait moins bien collectivement. Je pense que c’est la grande différence. Je ne saurais pas vraiment l’expliquer, mais plusieurs bonnes individualités ne font pas forcément une bonne équipe. Après, il ne faut pas non plus aller trop vite, on a pris 8 points sur 12, il faut rester mesurés. On voit d’autres choses sur le terrain, des joueurs qui ont envie de bien faire et de courir ensemble, et ça c’est très important.
Du côté offensif, le club a signé deux recrues "phares" avec Mariano Diaz et Bertrand Traoré. Comment sont-ils dans le vestiaire ?
Mariano est un petit peu en retrait parce qu’il ne parle pas français. Mais il s’adapte bien, il prend des cours et il pose beaucoup de questions. Bertrand est à côté de moi dans le vestiaire, il est cool, il se laisse vivre et c’est un bon vivant. J’aime beaucoup ce joueur parce qu’il est très calme dans la vie et sur le terrain il est capable de faire des choses d’une grande vivacité.
Sur ce début de saison, ils prouvent qu’ils peuvent rapidement être au niveau attendu…
C’est du costaud. On les a bien mis dans l’ambiance de l’équipe. Ils sont de mieux en mieux et ils s’acclimatent. Ils ne vont faire que progresser. Mariano est un joueur avec beaucoup de potentiel. C’est un style totalement opposé à celui de Lacazette parce qu’il participe moins au jeu. Il a un jeu fait d’appels et de profondeur. Devant le but, il a une grande capacité de finition avec une très belle frappe.
L’équipe a-t-elle besoin d’une période d’adaptation par rapport à son jeu ?
Non parce que Nabil (Fekir) ne jouait pas forcément dans ce rôle là la saison dernière. Maintenant, il joue 10 ou 9,5 donc il joue pas mal avec nous les milieux. Il décroche et il y a une bonne cohérence devant.
"Je fais partie des 7 joueurs référents du coach"
Nabil Fekir justement fait un excellent début de saison. Le choix de Bruno Génésio de lui confier le brassard est-il surprenant ?
De l’extérieur, Nabil donne une autre image de lui. En fait, c’est quelqu’un qui est tout le temps proche de ses coéquipiers. Même l’année dernière quand il était moins bien, il parlait avec tout le monde. Je pense que ça lui a fait du bien de prendre ce brassard. C’est un bon choix de la part du coach parce que ça lui fait prendre plus de responsabilités, il est plus concerné. Il commence à devenir un vrai leader, il donne des consignes. C’est surprenant de l’extérieur mais je savais qu’il était capable de le faire. Je pense qu’il peut tout exploser cette saison.
Vous êtes habitué au capitanat depuis plusieurs saisons dans vos différentes équipes*. Était-ce trop tôt pour vous à l’OL ?
Je fais partie des 7 joueurs référents qu’a le coach pour faire remonter les choses du groupe. Toutes les trois semaines on fait une réunion. Le capitanat n’était pas un objectif. C’était bien de l’avoir porté mais c’était quand même compliqué pour moi de l’avoir toute une saison, je suis encore jeune.
Puisque le club a pris des orientations différentes avec une équipe plus tournée vers l’extérieur, la manière de coacher de Bruno Génésio a-t-elle évolué ?
Lors de la pré-saison, il a beaucoup insisté sur le fait que l’année dernière on ne défendait pas très bien. On a fait un gros travail durant la préparation pour retrouver une solidité défensive. Dans sa manière de faire et de coacher il n’a pas changé, il est resté comme on le connaissait, très proche de ses joueurs.
Les critiques s’abattent régulièrement sur lui et une certaine frange de supporters éprouve de la défiance envers lui. Comment ressentez-vous cela dans le groupe ?
C’est vrai que le coach a été beaucoup critiqué dans sa manière de faire. Il le sait et il essaye de passer outre. Il y aura toujours des gens pour donner un avis contraire. C’est un monde un peu compliqué à gérer mais il fait abstraction de tout ça. Nous sommes au jour le jour avec lui, on sait comment il fonctionne et ce qu’il veut mettre en place. Il n’y a que nous qui sachons la vérité.
Est-ce l’homme de la situation à Lyon ?
Oui. Il y a plein de choses qui se passent dans l’entourage du club et c’est forcément une tâche compliquée d’être coach. Il est beaucoup critiqué mais je pense que c’est l’homme de la situation. Il peut nous faire aller là où on veut aller en Ligue 1 et en Europa League. C’est à nous de concrétiser sur le terrain.
Propos recueillis par Julien Quelen et Benjamin Quarez


