ENTRETIEN - Bassem Srarfi : "Je veux rejouer la Coupe d'Europe avec Nice"

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EXCLU GOAL - Régulièrement utilisé par Lucien Favre à Nice, Bassem Srarfi se fait petit à petit à la L1 qui lui a demandé de repenser son football.

Auteur de son troisième but de la saison dimanche face à Guingamp, Bassem Srarfi a eu le plaisir de découvrir sa nouvelle sélection avec la Tunisie en début de semaine. Le symbole du travail qu'il fournit à Nice depuis un peu plus d'un an. Arrivé en janvier 2017, l'ancien joueur du Club Africain vit sa première saison pleine en Ligue 1. Alors que Luvien Favre lui accorde quelques titularisations et un temps de jeu régulier, l'international tunisien poursuit son adaptation au championnat de France. Avec des qualités techniques supérieures à la moyenne mais une approche du football plus libre que celle qu'il connait aujourd'hui, le jeune niçois de 20 ans tente de se fondre dans le moule du professionnalisme. Tout en gardant une identité offensive qui plaît aux supporters du club azuréen et aux Tunisiens qui suivent attentivement son évolution. 

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Vous atteindrez bientôt la barre des 30 matches disputés cette saison toutes compétitions confondues avec le GYM, comment jugez-vous votre saison jusqu'ici ? 

Bassem Srarfi : Je suis arrivé en janvier de l’année dernière donc forcément par rapport à cette période je trouve que j’ai fait de meilleures choses. Maintenant je sens que je peux faire beaucoup mieux.

La fin de saison dernière devait servir à votre intégration pour que vous soyez préparé à celle-ci. Comment cela s'est passé ?

Le foot ici ne correspond pas à ce que j’avais l’habitude de faire en Tunisie. Ce n’est pas la même chose. J’ai dû intégrer certaines nouveautés. Si ça va mieux c’est parce que j’ai compris quel était mon rôle dans le fonctionnement de l’équipe.

Dans le jeu, comment cela se traduit-il ? Qu'avez-vous dû enregistrer pour vous adapter ? 

Ici on demande d’être beaucoup plus performant à chaque match. C’est la dimension professionnelle qui fait que c’est beaucoup plus dur. Par exemple, ici il ne faut pas perdre le ballon. En Tunisie, le football est plus déstructuré donc si tu tentes et que tu perds le ballon ce n’est pas grave, c’est même dans la logique. En France, il ne faut pas. Il faut plus travailler physiquement, devenir plus costaud et défendre.

Quel a été l'apport de Lucien Favre dans ces changements ? 

Le coach me parle tout le temps du repli défensif. Pour lui, dans le jeu, c’est très important. Il veut aussi que j’explose sur le côté ou que je me retrouve devant le but mais par exemple quand je rentre en deuxième mi-temps je n’ai que des consignes pour ne pas oublier de défendre.

Parce qu'il sait déjà que vous allez attaquer.

Oui, c’est ça. En Tunisie un attaquant ne défend pas. Le coach insiste surtout pour que je n’oublie pas de jouer quand je n’ai pas le ballon et quand l’équipe ne l’a pas.

Bassem Srarfi

En cela, Nice est une des équipes les moins dépaysantes pour vous. En France, le GYM est considéré comme une des équipes les plus offensives du championnat...

C’est vrai que je trouve que Nice joue vraiment au ballon par rapport à plein d’autres équipes du championnat. Je ne veux pas dire que ça joue à 10 derrière, mais parfois… (il réfléchit). C’est sûr que notre équipe est une des plus offensive dans la façon de jouer.


"On ne me voit pas comme le successeur d'Hatem Ben Arfa"


Le fait que les équipes pensent avant tout à bien défendre vous a-t-il perturbé ?

Au début j’ai été surpris de me retrouver très souvent dans des deux contre un dans les 30 derniers mètres. J’étais habitué à ne jouer que des un contre un dans ce genre de situation. Les défenseurs ferment bien tous les espaces.

Vous avez été titularisé pour environ la moitié de vos matches joués cette saison. Vous sentez-vous avoir les épaules d'un titulaire dès à présent ?

Je pense que je dois encore travailler pour avoir ce statut. J’ai aussi besoin de temps de jeu et d’enchaîner pour progresser.

Y a-t-il un joueur avec qui vous aimez particulièrement jouer ? 

Mario Balotelli te met toujours le ballon là où tu le veux. Il te facilite aussi les choses parce qu’il amène les joueurs avec lui et te donne plus de libertés. C’est une relation qui devient réciproque parce que derrière, grâce à ses qualités physique et dans le placement, il est facile à retrouver.

Vous êtes arrivé quelques mois après une saison extraordinaire d'Hatem Ben Arfa qui est également d'origine tunisienne. Est-ce quelque chose dont on vous parle souvent ? 

Justement. En Tunisie, où n’importe quel joueur va dribbler, j’étais habitué au jeu à la Hatem Ben Arfa. C’est ça le football qu’on joue en Tunisie. En France on ne joue pas à la Ben Arfa. Je suis gaucher comme lui, c’est un super joueur mais il n’y a pas tellement de comparaison, on ne me voit pas comme son successeur.

Quels sont vos objectifs pour la fin de la saison ? 

Je veux faire le plus de passes décisives et marquer le plus possible mais je n’ai pas d’objectifs chiffrés. Sinon, je veux rejouer la Coupe d’Europe avec Nice même si j’ai eu très froid à Moscou (rires). En cette fin de saison je pense beaucoup à la Coupe du monde donc j’espère surtout jouer pour me montrer. 

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Vous allez retrouver votre équipe nationale pour la dernière trêve avant le Mondial. Vous êtes très suivi par les supporters tunisiens qui comptent beaucoup sur vous...

Je suis très fier de voir qu’ils me suivent et que ce que je fais est important à leurs yeux. Il y a beaucoup de Tunisiens ici à Nice d’ailleurs donc j’ai souvent des messages de soutien. Ça donne de la force.

Un petit mot pour eux avant la Coupe du Monde ? 

Si Dieu le veut, on va la prendre ! (rires).

Propos recueillis par Julien Quelen, à Nice.

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