Alisson Becker RomaGetty Images

AS Roma, l'importance d'Alisson pour Di Francesco

Désormais titulaire indiscutable à l'AS Roma, Alisson Becker n'a pas connu une adaptation facile au sein du club italien. Débarqué le 6 juillet 2016 pour la somme de 8 millions d'euros en provenance de l'Internacional Porto Alegre, il a dû composer avec la concurrence de Wojciech Szczęsny, le titulaire de l'époque. Dans l'esprit de Luciano Spalletti, la hiérarchie était claire : Szczęsny numéro 1 et Alisson en tant que doublure. Une situation qui était compliquée à accepter pour le gardien brésilien, comme il le racontait au journal Il Tempo en décembre dernier : "​Cela a été une période un peu difficile, mais rien qui m’a fait lâcher ou bien tomber en dépression. Moi, cependant, au Brésil j’étais habitué à jouer 50 matchs par an et ici j’avais envie de jouer, non pas parce que j’étais et je suis le gardien de la Seleçao, mais pour le plaisir de jouer. J’étais au centre d’entraînement, je travaillais toujours à 100%, mais ne pas jouer m’a fait du mal. Tout me manquait, autant l’avant que l’après-match, mais je n’ai jamais lâché. Je ne nie pas que j’ai pensé à partir pour pouvoir jouer plus, et donner ainsi de meilleures garanties à la Roma dans le futur."

Ederson, la nouvelle garantie de City dans les buts

Le départ de Wojciech Szczęsny vers la Juventus Turin afin de jouer le rôle de doublure du légendaire Gianluigi Buffon lors du dernier mercato estival a été bénéfique à Alisson qui a eu, enfin, l'occasion d'exprimer son talent à une fréquence plus ample. Excellent sur sa ligne, le natif de Novo Hamburgo souffre de quelques défauts, comme celui-ci d'encaisser des buts sur des frappes croisées. La perte de poids qu'il a connu a engendré une explosivité plus importante dans son jeu. Et justement, dans le jeu, Alisson est indispensable à la Roma de Di Francesco. Le technicien italien, connu pour son désir de jouer, aime que ses équipes relancent de façon propre depuis l'arrière et dans cette perspective, Alisson se montre crucial tant il maîtrise ce registre, à l'instar de Ter Stegen au Barça ou Ederson, un compatriote, à Manchester City. Marco Savorani, préparateur des gardiens de l’AS Roma, s'est exprimé au sujet d'Alisson, dressant un portrait laudateur de son protégé : "C’est un gardien qui lit le jeu, il est très froid et commence à avoir une technique de base importante. En cette année et demie de travail il a pu affiner beaucoup sa technique de travail, notamment techniquement. Mais son talent est naturel, on ne peut pas améliorer le talent, ou bien on l’a ou bien on l’a pas", a-t-il expliqué dans un entretien accordé au site officiel du club fin janvier.

De façon plus générale, Alisson représente le gardien qu'un nombre important de clubs recherche. Un portier capable de donner de la continuité au jeu de son équipe au sein d'un poste en perpétuelle évolution. "Tous les clubs essaient de trouver ce gardien là car tout le monde tente d'avoir le maximum de possession de balle donc ils cherchent à repartir de derrière. Après il faut les qualités des joueurs défensifs pour le faire", confiait à Goal Olivier Lagarde, entraîneur des gardiens à Amiens. La base du poste de gardien est aussi, on a parfois tendance à l'oublier, de stopper des tirs et, là encore, Alisson se situe dans le haut du panier. Avec 80,21% d'arrêts, le meilleur score en Serie A, il est quatrième dans le top 5 européen derrière Oblak, Ter Stegen et De Gea. Troisième défense de Serie A après la Juve et Naples, la Roma peut compter sur lui lors des moments où sa défense est prise à défaut. Inspirant une grande confiance à son arrière-garde, il n'a aucun problème à assumer ses responsabilités dans le jeu, comme il l'a démontré face à l'Udinese ce week-end, n'hésitant pas à prendre de grands risques dans la relance afin de mettre son équipe dans les meilleures dispositions pour repartir de l'avant.

Il y a un mois, au terme de la rencontre disputée entre l'Inter Milan et l'AS Roma, Luciano Spalletti, son ancien entraîneur, a eu des mots forts envers Alisson au micro de Sky Sport, confirmant sa grande progression dans le panorama du poste : "L'année dernière je l'ai pénalisé car j'avais deux très bons gardiens. C'est une bonne personne et un vrai professionnel. Il mérite une grande équipe et toutes les éloges qu'il reçoit." Dominant en Serie A, le gardien brésilien va avoir l'occasion de s'étalonner face au Shakhtar Donetsk et pourrait bien être un facteur décisif dans le parcours européen de la Roma. Ce qui est certain, c'est qu'Eusebio Di Francesco a trouvé son gardien idéal.

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