Quelque chose s’est brisé au Vélodrome. Au-delà du nul concédé dans les dernières minutes (2-2), c’est une rupture plus profonde qui s’est révélée lors de la réception de Strasbourg, ce samedi. L’Olympique de Marseille, déjà fragilisé sportivement, a vu la contestation descendre des tribunes avec une rare intensité. Entre colère froide, défiance assumée et symboles forts, la soirée a mis en lumière un malaise ancien, ravivé par une semaine chaotique. Le Vélodrome n’a pas seulement grondé : il a accusé.
AFPLe Vélodrome remonté, les coulisses de la fracture entre l'OM et son public
AFPUne semaine noire pour l’OM
Tout commence par l’humiliation subie lors du Classique face au Paris Saint-Germain (5-0), dimanche dernier. Cette débâcle a précipité la fin de l’aventure de Roberto De Zerbi sur le banc de l’OM, son licenciement étant acté dans la foulée. Le club olympien, déjà sous pression en Ligue 1, a alors plongé dans une zone de turbulences institutionnelles. Selon les informations relayées par Foot Mercato, la position de Medhi Benatia aurait vacillé, ce dernier évoquant en interne son intention de se retirer après l’échec du projet sportif.
Dans ce climat instable, l’Olympique de Marseille a dû préparer la réception du Racing Club de Strasbourg pour la 22e journée de Ligue 1. Jacques Abardonado, propulsé en intérim, s’est retrouvé à la tête d’un groupe fragilisé, en attendant l’arrivée annoncée d’Habib Beye. En toile de fond, la gouvernance incarnée par Frank McCourt et Pablo Longoria concentrait déjà les critiques. L’OM avançait vers cette rencontre dans une atmosphère électrique.
AFPUn Vélodrome en mode contestation
Comme annoncé par Ici Provence, les groupes ultras avaient programmé une grève partielle. Le virage Depé est resté vide durant le premier quart d’heure, tandis que la zone CU84, suspendue par la commission de discipline de la LFP, demeurait fermée. Un symbole fort pour l’OM, rappelant de sombres précédents. Dès l’échauffement, les joueurs de l’OM ont été sifflés, puis accueillis par une bronca à leur entrée sur la pelouse.
Au micro de BeIN Sports, Abardonado a tenté d’apaiser la situation : « Les joueurs savent pourquoi les supporters font grève. C’est à nous de retourner le stade en notre faveur ». Mais l’OM n’a pas échappé à la colère. En tribunes, McCourt assistait à la scène aux côtés de Shéhérazade Semsar de Boisséson, également visée ces derniers jours pour des propos islamophobes d’après Foot Mercato. L’ambiance autour de l’OM était lourde, presque suffocante.
AFPBanderoles, chants et rupture consommée entre le Vélodrome et le board de l’OM
La contestation s’est rapidement matérialisée. Les South Winners ont affiché : « Vous avez fait sauter le fusible, mais c’est tout le système qui est pourri ! ». Puis, dans le virage Nord : « Virage vide en signe de contestation, pour un club en auto-destruction ! Tous vos projets partent en fumée depuis toutes ces années gâchées… McCourt, Longoria cassez-vous ». L’OM faisait face à une fronde organisée, structurée, assumée.
Paradoxalement, un chant est venu nuancer la rupture pendant la rencontre : « Même si vous le méritez pas, nous, on est là ». Mais la pression ne s’est pas atténuée. Une autre banderole visait directement le propriétaire : « McCourt, capitaine d’un navire fantôme qui n’a jamais traversé l’océan ! ». Puis encore : « Joueurs surcotés et désintéressés. Bougez-vous ». L’OM évoluait dans un climat d’hostilité rarement atteint ces dernières saisons.
AFPUne attaque manquée des supporters contre les dirigeants de l’OM
Au coup de sifflet final, le Vélodrome a déversé une pluie de huées. Des échauffourées ont éclaté sur la pelouse, tandis que Benatia descendait au bord du terrain. Nayef Aguerd a résumé le sentiment ambiant : «Cela fait mal. Il n’y a rien à dire, les supporters en ont marre d’entendre des "on va travailler, on va faire ceci…", à un moment, il n’y a qu’une réalité, c’est le terrain». L’OM, au-delà du résultat, semblait touché en profondeur.
Selon Foot Mercato, des tensions ont également été signalées sur le parvis, où un groupe de supporters a tenté d’accéder aux loges présidentielles avant l’intervention des stadiers et la sécurisation des accès par les CRS. L’OM traverse l’une des périodes les plus instables de l’ère Frank McCourt. Cette soirée face à Strasbourg n’a pas seulement confirmé une crise sportive : elle a mis en lumière une fracture désormais béante entre l’Olympique de Marseille et une partie de son public, bien au-delà du simple départ d’un entraîneur.
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