Vous avez plus de 24 ans ?

Help us verify your age by providing an honest response. This site contains gambling advertising for 24+.

Age-restricted content

Vous n'avez pas l'âge requis pour consulter les contenus liés aux paris. Vous allez être redirigé vers la page d'accueil.

alt
Cette page contient des liens d'affiliation. Lorsque vous effectuez un achat par le biais des liens fournis, nous pouvons percevoir une commission.
Lionel Messi Cristiano Ronaldo Ballon d'Or 2015Getty Images

OPINION - Ballon d’Or, le complexe de Superman

L'offre Ultime
MyCanal

myCANAL

✅ Le bouquet complet "Canal+ Sport" inclut nativement toutes les chaînes beIN SPORTS, ce qui vous permet de regarder 100 % de la Bundesliga sans jamais quitter la fluidité de l'interface myCANAL.

✅ En plus du championnat allemand, cet abonnement est le plus exhaustif du marché français, regroupant la Ligue des Champions, la Premier League, la Formule 1 et le Top 14 de rugby au même endroit.

✅ L'application myCANAL est largement reconnue comme la meilleure du marché, offrant une qualité d'image exceptionnelle (4K sur les grands événements) et la fonctionnalité "Mode Expert" pour suivre les statistiques en temps réel.


Prix mensuel à partir de29,99 €
Flexibilité Digitale
beIN Sports CONNECT logo

beIN Sports CONNECT

✅ L'application vous donne un accès instantané et en mobilité aux chaînes beIN SPORTS (1, 2, 3 et le bouquet Max) pour ne rater aucun match du Bayern Munich ou de Dortmund.

✅ Il s'agit d'une offre OTT (Over-The-Top) ; vous n'avez donc besoin d'aucune box internet spécifique, d'aucun opérateur TV ni de décodeur physique pour vous abonner et regarder les matchs.

✅ L'absence d'engagement vous permet de vous abonner uniquement lors des mois décisifs de la saison allemande et de résilier votre contrat en un seul clic pendant la trêve estivale.


Prix mensuel à partir de15,00 € par mois

Les chiffres. Les chiffres ne mentent jamais. C’est ce qui se rapproche le plus de l’écriture de Dieu. Et les chiffres ont parlé et nous les avons entendus. Et ils ont désigné leur Dieu. Et nous nous sommes inclinés devant lui. Le Ballon d’Or nouveau est arrivé.

Ces 50 joueurs qui auraient mérité le Ballon d'Or

On ne discute pas devant les chiffres. Qui sommes-nous pour disputer la suprématie des nombres ? Toute notre société est basée sur les chiffres, nos lois modernes les prennent en compte. Le diktat de la science. La capitalisme dans toute sa splendeur. Pareil en football. Stats, buts, passes, trophées. Terrorisme statistique, taylorisme ludique. Buts produits à la chaine. Cristiano Ronaldo est le meilleur, c’est tout. Il n’y a plus à discuter. Mais qu’est-ce qu’il est d’autre Cristiano Ronaldo ? Un joueur qui s’est fait un prénom (ce n’était pas gagné d’avance) ? Et qui est donc Messi ? Ce sont des joueurs de foot. D’excellents joueurs de foot. Des joueurs exceptionnels. Mais rien de plus que ça.

Avez-vous lu l’Iliade ? C’est le fondement de tout récit fictionnel. Le générateur de clichés universels. Tout vient de là. La genèse. Dans l’Iliade, Achille, demi-dieu, est invincible. C’est le favori des plus hautes sphères de l’Olympe. Mais même lui a un défaut. Son talon. Un défaut qui le rend attachant, un défaut qui le rend, finalement, humain. Mais dans l’Iliade il y a aussi Diomède. Dans l'épopée, c'est le guerrier absolu. Il est parfait. Lui n’a aucun défaut. Aucune crise existentielle. Aucun dilemme moral. Un Superman. C’est ce genre de héros que le football produit aujourd’hui. Des héros zéro défaut, garantis à l’usage. Des blocs imputrescibles de vertu. Pas un gros mot, pas un dérapage. Pas une contre-performance, pas de failles, pas de contreculture, ni de talon : juste du talent.

Le football aujourd’hui condamne les footballeurs à la perfection, à être des idéaux, des piliers moraux, des miroirs polis jusqu’à être dénués de toute velléité, de toute personnalité. Des oies blanches au plumage soyeux. Ronaldo a aujourd’hui autant de gloire à remporter le Ballon d‘Or que Superman à sauver des gens dans un immeuble en flammes. Les deux n’encourent aucun danger particulier, le suspense est aux abonnés absents. Ils font ce que l’on attend d’eux. Rien de plus.

Prenons Maradona, Romario ou Georges Best.  Imaginons-les avec une hygiène de vie saine, privée de folies et de prise de drogues affolantes, saisissantes, stupéfiantes. Ils auraient, sans conteste, marqué plus de buts, ils auraient fait plus de passes, plus d’offrandes sur l’autel du Dieu-Chiffre. Mais Maradona serait-il encore le mythe que l’on connaît aujourd’hui sans la cocaïne et la main de Dieu ? Assurément non. Idem pour Best sans son absence de vergogne, son goût immodéré pour les femmes de petite vertu et les spiritueux.

Parlons de Pelé. Son épopée à Santos, dont il a fait par son seul talent un club mondialement connu (un peu comme Maradona à Naples), sa capacité à utiliser le football comme véhicule social pour aider les Noirs brésiliens à s’intégrer dans la société. Prenons Socrates et son combat politique, Cruyff, son charisme, ses cigarettes à la mi-temps et la légende de son refus de jouer la Coupe du Monde 78 en opposition au régime dictatorial argentin de l’époque. Duckadam, ses pénalties arrêtés face au Barça, sa Mercedes offerte par le Roi d’Espagne et ses bras brisés par le fils Ceaucescu. Tous ces joueurs ont laissé, par leurs convictions, leur part d’ombre ou tout simplement par ce qu’ils incarnaient, un héritage qui dépasse le seuil délimité à la craie blanche d’un terrain de football. Des joueurs qui ont intégré le foot à la société. Qui l’ont fait grandir bien plus que ne le feront jamais les Diomède d’aujourd’hui. Aussi fort soient-ils.

De nos jours le football se résume à ce duel policé entre deux joueurs unidimensionnels qui n’ont que leur talent à offrir. On ne laisse plus le footballeur sortir du pré, on lui enjoint 5 arbitres, et bientôt des caméras pour le surveiller. Et paradoxalement, on lui demande d’être toujours plus inspiré. Plus de buts, plus de passes, plus d’offrandes sur l’autel du Dieu-Chiffre ! Gavons l’oie, gavons là, mais toujours avec un entonnoir. Il ne faut pas que ça dépasse. Surtout pas que ça salisse.

VOUS AVEZ APPRÉCIÉ CETTE HISTOIRE ?

Ajoutez GOAL.com à vos sources préférées sur Google pour consulter davantage de nos articles

Suivez GOAL sur Google