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William Saliba OMGetty

OM-ASSE : William Saliba, les promesses n'étaient pas vaines

À trop sentir le soufre, ses retrouvailles avec l'OGC Nice et l'Allianz Riviera ont finalement été insipides. Prêté chez les Aiglons en fin de saison dernière pour se relancer, William Saliba a constaté, impuissant, aux terribles débordements survenus. Si cette rencontre entre Nice et Marseille fera date, le nouveau défenseur de l'OM n'a pas vraiment le temps de ressasser cette soirée sur la côte d'Azur. Ce samedi soir, d'autres retrouvailles l'attendent. Et non des moindres : celles du coeur, contre l'AS Saint-Etienne.

Sainté, là où tout avait si bien commencé

Le Chaudron, Jean-Louis Gasset, la Coupe Gambardella remportée en 2019... Dans le Forez, William Saliba ne manque en effet pas de souvenirs. Né en région parisienne, le défenseur central est un pur produit de la formation stéphanoise. Après être passé par le FC Montfermeil, il rejoint l'AS Saint-Étienne en 2016. Deux ans plus tard, le 30 mai 2018, il signe son premier contrat professionnel avec l'ASSE et est lancé dans le grand bain après quelques mois, face à Toulouse... à l'âge de 17 ans. Prometteur.

William Saliba Saint-Etienne 2019-20Getty Images

Face aux Violets, William Saliba fait étalage de ses qualités et parvient, le temps d'une soirée, à faire oublier l'emblématique capitaine Loïc Perrin. La suite est digne d'un véritable compte de fée. Sous les ordres de Jean-Louis Gasset, celui qui enchaîne déjà les sélections en équipes de France jeunes se fait une place de titulaire indiscutable et attire rapidement l'attention des plus grands clubs européens. Solide à chacune de ses sorties, William Saliba est parfois laissé à la disposition de Razik Nedder pour permettre aux jeunes pousses stéphanoises d'aller loin en Gambardella. Et cela n'a pas manqué : s'il n'a pas disputé la finale contre le TFC au Stade de France car avec les professionnels, William Saliba a formé avec un certain Wesley Fofana (transféré à Leicester en 2020 contre 40M€) une charnière centrale permettant aux Verts de triompher.

Arsenal dépense sans compter... sur lui

Jusque-là, la carrière du joueur formé à l'ASSE fait rimer facilité et précocité. Le 25 juillet 2019, Arsenal, alors entraîné par Unai Emery, est ainsi le premier club à flairer le bon coup et débourse la coquette somme de 30 millions d'euros pour enrôler la jeune pépite. Dans la foulée, le joueur est prêté pour une saison à l'ASSE. Sauf qu'au terme de son prêt, les paramètres ne sont plus vraiment les mêmes... "Moi, c’est le coach Emery qui m’avait recruté. Un an après, c’était Arteta… J’avais seulement 20 matches de L1 donc je me devais de rester encore et j’ai enchaîné deux blessures dans la même saison. Cela ne m’a pas aidé", a raconté le principal intéressé, forcément déçu.

"Quand je suis arrivé là-bas, ils terminaient leur championnat donc je ne m’entraînais pas avec eux. Après, les joueurs d’Arsenal sont partis en vacances et je m’entraînais encore tout seul. Quand ils sont revenus, j’étais avec le groupe et on a enchaîné 2-3 matches amicaux. Mais comme cela faisait six mois que je n’avais pas joué, je n’avais pas le rythme et Arteta m’a jugé sur deux matches et demi", a ensuite regretté William Saliba, qui aura dû se contenter de huit petites apparitions avec les U23 des Gunners. Un bien maigre bilan pour un joueur recruté à prix d'or, mais surtout une première grosse frustration à gérer pour le jeune majeur... forcé de se responsabiliser rapidement.

Barré par un entraîneur n'ayant jamais cru en ses capacités malgré une défense londonienne aux abois chaque week-end sur les pelouses de Premier League, le Français traverse à nouveau la Manche en janvier 2021. Retour dans l'Hexagone et direction l'OGC Nice, l'endroit idéal pour se refaire une santé. Chez les Aiglons, son discours d'arrivée ne laisse guère place aux doutes : vexé par Mikel Arteta, William Saliba n'a rien perdu de son leadership. "J'ai joué en Ligue 1 et même si je suis jeune, je viens en tant que patron. Je viens pour diriger la défense. Jeune ou pas, je compte tout donner", prévient-il lors de ses présentations aux médias. La suite lui donne indéniablement raison. William Saliba dispute 22 rencontres toutes compétitions confondues, stabilise la défense niçoise et rappelle à celles et ceux qui en doutaient de quel bois il est fait.

Saliba, un peu de Mbappé à Marseille

Après six bons mois à Nice, le joueur de 20 ans fait le choix de rebondir à quelques 159 kilomètres de là. Prêté à l'Olympique de Marseille cet été, il avait besoin de se challenger. "Pour ma progression, c’était mieux de venir à l’OM. Il y a plus d’attentes, de pression même si tout s’est bien passé à Nice",explique-t-il en conférence de presse, fier de rejoindre un club de ce standing. "L'OM, c'est un des meilleurs clubs de France, avec une ferveur incroyable, beaucoup de supporters partout en France, pas uniquement à Marseille. Quand on porte ce maillot, on se doit de le mouiller et de jouer à fond quoi qu'il arrive". Pourtant, rien ne le prédestinait à défendre ces couleurs.

Saliba & MbappéGetty Images

Et pour cause, William Saliba est natif de Bondy, en région parisienne. Une ville dont est issue la famille Mbappé, dont il est proche. Toujours très attaché à sa ville natale, le joueur formé à l'ASSE y a commencé le foot à 6 ans, sous la houlette du père de Kylian Mbappé. "Wilfried Mbappé m'a tout appris et si j'en suis là aujourd'hui, c'est grâce à lui. Comme son père était mon entraîneur, j'allais souvent chez Kylian. Quand on voit où Kylian est arrivé aujourd'hui, ça donne envie...", racontait William Saliba au journal limousin Le Populaire lors d'un rassemblement de l'équipe de France des U18. Les deux garçons, bien qu'ayant trois ans d'écart, ont même fréquenté la même école primaire.

​Quelques années plus tard, l'un d'eux est devenu Champion du Monde en 2018 et pourrait prochainement devenir l'attaquant vedette du Real Madrid. L'autre vient de réaliser un début de saison remarqué sous les ordres de Jorge Sampaoli, faisant apprécier sa vitesse, sa faculté à défendre debout ainsi que la précision de ses relances. Des qualités qui pourraient faire mal à ses anciens partenaires verts ce samedi (21h00) et qui n'ont heureusement pas pris une ride durant un épisode londonien compliqué.

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