La nouvelle était redoutée dans l'Artois, elle est désormais officielle. Ce jeudi matin, le conseil d'administration de la LFP a voté à l'unanimité le report du match Lens-PSG, initialement prévu le 11 avril, au mercredi 13 mai. La justification est connue : soulager le calendrier du club de la capitale, coincé entre les deux manches de son quart de finale de Ligue des Champions face à Liverpool, et préserver ainsi l'indice UEFA de la France. Si Strasbourg a également bénéficié de la même clémence pour la Ligue Conférence, c'est bien l'affiche au sommet de la Ligue 1 qui cristallise toutes les crispations et soulève un véritable problème d'équité.
AFPReport de Lens-PSG : la LFP sacrifie l'équité pour sauver Paris
AFPLens, le dindon de la farce
Dans ce dossier, le Racing Club de Lens a été traité avec un mépris flagrant. Premier poursuivant du PSG, à un petit point du leader, le club sang et or s'est logiquement opposé à ce report qui le prive de l'avantage d'affronter un adversaire focalisé sur l'Europe. Lors du conseil, le président Joseph Oughourlian a résumé l'injustice de la situation : "Le PSG a les moyens et l’effectif pour jouer tous les trois jours. Pas moi". Mais la LFP, souveraine grâce à l'article 22 de ses statuts, est passée en force, balayant d'un revers de main les arguments du dixième budget de Ligue 1, contraint de s'adapter aux exigences du plus riche.
AFPUn dangereux précédent d'ingérence
Ce report n'est pas qu'une simple modification de calendrier ; c'est une ingérence directe dans la course au titre. En offrant au PSG une plage de repos de six jours entre ses deux chocs européens, la Ligue modifie les conditions de la compétition nationale. Luis Campos, le conseiller sportif parisien, a beau se défendre de toute animosité envers Lens, l'argument de "l'intérêt du football français" a bon dos. Le championnat domestique, déjà allégé à 18 clubs, se retrouve relégué au rang de variable d'ajustement, bafouant l'équité et le respect des règles établies.
AFPQuelle image pour la Ligue 1 ?
À l'échelle européenne, cette décision résonne comme un aveu de faiblesse. Pendant qu'en Premier League, les clubs s'enchaînent tous les trois jours sans sourciller, la France déroule le tapis rouge pour son unique cador, créant un championnat à la carte. On se ridiculise en mondiovision en montrant que notre ligue n'est qu'un terrain d'entraînement aménageable pour le Paris Saint-Germain. Soutenir nos représentants européens est louable, mais pas au prix de la crédibilité de notre propre compétition.
AFPUn championnat à sens unique
Si le PSG finit par être sacré champion avec quelques points d'avance sur Lens, ce report laissera une tache indélébile sur son titre. En s'inclinant devant les intérêts d'un seul club, la LFP scille la branche sur laquelle elle est assise. À l'avenir, lorsqu'on déplorera le manque de suspense d'un championnat à sens unique, il ne faudra pas venir se plaindre : les instances elles-mêmes auront contribué à tuer dans l'œuf la seule once de concurrence qui restait.
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