L’expulsion d’Eduardo Camavinga, que les Merengues estiment être la seule raison de leur défaite à Munich, alimente évidemment les débats : le carton jaune suivi d’un rouge était-il justifié ? Certains invoqueront une application stricte, mais tout à fait correcte, du règlement, ce qui est effectivement le cas. D’autres souligneront le manque de tact de Vincic, dont l’expulsion a eu un impact trop sévère et décisif sur la rencontre.
En réalité, l’expulsion tardive du milieu de terrain français compte peu sur l’issue finale, le Real Madrid ayant déjà profité de décisions arbitrales discutables tout au long de la rencontre. Jusqu’à l’exclusion du Français, c’est même le Bayern qui avait été le plus pénalisé par les décisions litigieuses de l’arbitre.
Ainsi, le coup franc convertit par Güler pour le 2-0 avait été précédé d’un contact, presque imperceptible, de Konrad Laimer sur Brahim Diaz. Ce coup franc sifflé était non seulement injustifié, mais il ne correspondait pas à la ligne de conduite de Vincic. Plus tôt, il avait déjà laissé impuni un tacle évident de Vinicius Junior sur Joshua Kimmich (9^e) puis s’était contenté d’un avertissement verbal après une poussée du Brésilien sur le joueur bavarois au sol, alors qu’un troisième carton jaune aurait logiquement suivi et écarté l’attaquant d’une éventuelle demi-finale.
Le troisième but madrilène a lui aussi été entaché d’un incident : alors que Josip Stanisic était clairement ciblé par un tacle destiné à Antonio Rüdiger, l’arbitre n’a pas sanctionné l’action et le Bayern a ensuite subi la contre-attaque fatale. L’arbitre, situé à quelques mètres, n’a pas réagi ; ensuite, le VAR n’a plus pu intervenir, les Bavarois ayant touché le ballon à deux reprises avant de le perdre suite à une remise maladroite de Harry Kane.
Ces incidents n’ont bien sûr pas été évoqués par les responsables madrilènes, dont les critiques virulentes épargnaient systématiquement leurs propres erreurs. Selon la logique d’un enfant gâté, il fallait chercher le coupable partout sauf chez soi. On aurait d’ailleurs pu sanctionner Camavinga d’un carton jaune pour son jeu de temps stupide et répété. C’est finalement le Français lui-même qui, par une interception totalement inutile, a fini par réduire les Merengues à dix.
Mais à Madrid, les règles sont différentes : depuis des années, cette fâcheuse tendance à « se tirer dans les pattes » traverse le club comme un fil rouge. De la contestation obstinée du Ballon d’Or 2024 aux comportements déloyaux, parfois pitoyables, sur la pelouse, en passant par les critiques stéréotypées à l’encontre des arbitres dès que les décisions ne vont pas dans leur sens, un même fil rouge traverse le club depuis des années.