Il y avait de quoi être inquiet pour l'AS Monaco, à la peine en championnat et sans aucune certitude apparente dans le jeu avant ce premier choc de la saison en Ligue des champions. Mais après le mauvais nul ramené de Toulouse le week-end dernier, les hommes de Leonardo Jardim ont montré un visage européen. Face à l'Atlético Madrid, les Monégasques ont réduit la marge avec un ensemble cohérent, malgré les quelques tâches toujours relatives à la reconstruction de leur effectif. L'entame quasi parfaite et l'ouverture du score de Samuel Grandsir (18e) a même laissé espérer, un temps, un dénouement plus heureux. Rattrapés par une action fulgurante des Madrilènes et un but sur coup de pied arrêté, les coéquipiers de Leonardo Jardim ont payé le réalisme adverse et quelques coups mal joués en seconde période pour finalement s'incliner. Dans le contexte actuel, la défaite n'apparaît pas si amère.
Quelques satisfactions malgré la défaite
Un appel de Diego Costa dans le dos des centraux et une première frappe à peine trop croisée dès l'entame de la rencontre... Les Monégasques semblaient bien s'avancer vers le chemin de croix que beaucoup leur prédisaient. Il n'en fut rien. Présents dans les duels et volontaires dans les sorties de balle, les hommes de Leonardo Jardim ont tenu tête à ceux de Diego Simeone qui ne sont pas apparus sous leur meilleur jour. "Je n'ai pas trouvé beaucoup de différences entre les deux équipes dans le jeu, estimait le technicien portugais après la rencontre. Le match est resté très équilibré. Mais on apprend de ses propres erreurs. La grosse différence entre l'Atletico et beaucoup d'équipes, c'est la rigueur". Un des fondamentaux que les jeunes joueurs de la Principauté doivent apprendre à répéter pour se hisser au niveau. "On ne peut pas être satisfait d'une défaite, loin de là, reprennait Kévin N'Doram en zone mixte. Je pense quand même que ce soir a été l'un des meilleurs matches depuis le début de saison et il faudra continuer en Ligue des champions et en championnat surtout".
GettyCar la priorité reste bel et bien de se remettre à l'endroit en Ligue 1. Quinzièmes avec cinq points pris seulement en cinq journées, les Monégasques doivent désormais capitaliser sur les points positifs qui ont souvent entraîné la clameur du stade Louis II mardi soir. De la solidité au milieu, des courses chez les latéraux et des combinaisons avec les excentrés qui ont rappelé, par images succintes, les belles heures de ces deux dernières saisons. "On traverse un moment difficile en championnat et là on a su faire un gros match contre une très grosse équipe et c'est bon pour la suite", rappelait Samuel Grandsir à l'issue de la rencontre. Auteur d'un beau match et d'un premier but pour son baptême en Ligue des champions, l'ancien troyen symbolise à la fois la marge de progression et les lacunes de ce Monaco nouvelle version. Mais face à son nouveau défi, avec son audace et ses manques, le club de la Principauté a montré qu'il peut avancer.
Julien Quelen, à Monaco.

