Gareth Bale WalesGetty Images

Euro 2016, Gareth Bale a un compte à régler avec l'Angleterre

Aucune sélection n’est autant dépendante que le Pays de Galles avec sa star. Avec 3 millions d’habitants, le vivier du football gallois a certainement beaucoup à envier à des pays disposant de beaucoup plus de licenciés - comme l'Angleterre par exemple - et c'est normal. Pourtant, les Dragons comptent beaucoup de héros dans leur histoire. On pense à la carrière exemplaire de Ryan Giggs à Manchester United par exemple… Mais aucune sélection galloise n'est parvenue à se qualifier pour une phase finale de grand tournoi depuis 1958. Et cette génération le doit beaucoup à Bale.

Il aurait pu représenter les Trois Lions

"J’aurais pu jouer pour l’Angleterre. Mais la question ne s’est jamais posée pour moi. Mon héros était Ryan Giggs et j’ai toujours rêvé de représenter le Pays de Galles", disait Gareth Bale avant l'Euro, lui dont l'une des grands-mères était anglaise et qui avait été approché par des émissaires de la fédération dans sa jeunesse. Mais Bale a fait le choix du cœur, optant pour une première sélection internationale galloise à 17 ans. Depuis le début des hostilités continentales et à l'approche de ce premier grand choc de l'Euro 2016, Bale tient des propos bien plus bellicistes : "Je pense qu’on est plus fiers de nous et qu’on a plus de passion qu’eux", a-t-il ainsi tonné.  "Je prends ces paroles comme un manque de respect. Je n’ai jamais fait aucun commentaire sur les autres nations. Je suis dans le milieu depuis suffisamment longtemps pour savoir que chaque adversaire a le droit d’avoir sa propre opinion", a rétorqué Roy Hodgson, le sélectionneur de l'Angleterre. De quoi lancer une rencontre qui n'en avait pas forcément besoin.

Les deux vieux ennemis se connaissent bien. Bale connaît très bien la Premier League, lui qui a fait ses débuts très jeune avec Southampton avant de rallier Tottenham. "Ce sera un vrai match de Premier League", a d'ailleurs averti Jack Wilshere. En 101 derbies, le Pays de Galles n’a gagné qu'à 14 reprises, avec une différence de buts de 90 pour et 245 contre. Un fossé immense semble différencier les deux nations. Du moins, sur le papier. Car lors des qualifications, les Gallois ont montré de très belles dispositions. Construisant sur une défense imputrescible (4 buts encaissés en 10 rencontres), les protégés de Chris Coleman ont rendu une copie de 6 succès, 3 nuls et un seul revers.

L'homme fort de cette fameuse campagne ? Gareth Bale bien sûr. Avec deux Ligues des Champions, une Coupe d'Espagne, une Coupe de la Ligue en Angleterre, le bonhomme a gagné en prestige et en envergure. Et a tenu son rang en sélection. Avec 6 buts et 2 passes décisives, Bale est directement impliqué dans plus de 70% des buts marqués par les Dragons en qualifications. Buteur également lors du premier match de sa nation lors de l'Euro 2016, Bale semble avoir les épaules pour résister à la pression et pourquoi pas réaliser le rêve impossible de son idole Ryan Giggs, si malchanceux en sélection durant sa pourtant très fructueuse carrière.

Pour Bale et les Gallois, ce deuxième match de poules du groupe B, dans un stade Bollaert ne pouvant accueillir que 35.000 places pour 50.000 supporters britanniques attendus, est déjà une finale. C'est peut-être aller bien vite en besogne, mais pour celui qui courait déjà le 100 mètres en 11,4 secondes à 14 ans, le prestige n'attend pas.

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