Seulement âgé de 25 ans, Paul Pogba est un joueur qui a longtemps cristalisé presque à lui tout seul les nombreuses critiques émises à l'encontre de l'Equipe de France, certains observateurs attendant de lui une influence dans le jeu des Bleus parfois trop élevée pour celui qui, aux yeux de tous, avait de quoi s'affirmer comme l'un des leaders techniques du groupe de Didier Deschamps. Souvent critiqué pour son attitude, son extravagance ou encore pour son irrégularité, celui qui avait fait les beaux jours de la Juventus Turin était donc attendu au tournant lors de la Coupe du Monde disputée en Russie cet été.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le Français a été plus qu'à la hauteur. Performant, buteur en finale face à la Croatie (4-2) et très influent si bien sur les terrains qu'en dehors, le numéro 6 des Bleus a mis fin à certaines critiques, et ce avec la manière. Élu homme de l'année 2018 par le magazine GQ, Paul Pogba est justement revenu sur cette aventure, et sur son envie de bien faire pour tordre le cou à certains jugements injustifiés.
"Tout le monde parlait de mon jeu, mon rôle... Il fallait que je réponde sur le terrain"
"Le groupe et le coach m'ont laissé de l'espace pour m'exprimer. Mais je ne voulais pas bouleverser le vestiaire. Par rapport aux anciens, devais-je parler ? M'imposer ? Avoir une emprise sur le groupe ? Il fallait l'aval des cadres, du staff. J'ai 25 ans, je peux parler aux jeunes comme aux anciens. Les caméras de TF1 ont montré une autre image de moi aux gens. Et c'est bien moi !", a déclaré le milieu de Manchester United.
GETTY"Je me suis dit que je devais être concentré pour cette compétition. Tout le monde parlait de mon jeu, mon rôle... Il fallait que je réponde sur le terrain. Je l'ai bien fait, je pense. Je me sentais bien. Je suis resté sobre, j'ai évité les coupes de cheveux excentriques par exemple, pour ne pas que l'on parle d'autre chose que la performance. J'ai cru en moi (...) Il m'arrive d'avoir des moments de doutes, mais les joueurs ne doivent pas le savoir. D'ailleurs, et c'est ma force, je ne me demande jamais "et si ça se passe mal ?". Avec des "si", je ne serais plus là aujourd'hui", a ensuite ajouté le Champion du Monde. Satisfait et déterminé.
