Le conflit entre la direction du Real Madrid et le président de la Liga, Javier Tebas, s'est intensifié ce vendredi, le club madrilène ayant réclamé la démission "immédiate" de Tebas de la présidence de la Ligue, ainsi que de son poste de vice-président de la Fédération espagnole de football.
Cette réaction est survenue après que Tebas a comparé les méthodes de gestion du Real à celles de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande de l'Allemagne nazie, dans le dernier épisode d'un bras de fer qui dure depuis des années entre les deux parties.
Ce conflit renferme un paradoxe frappant, puisque Tebas affirme toujours être un supporter du Real Madrid. En novembre 2025, un membre de l'assemblée générale du club avait demandé qu'il soit déclaré "persona non grata". Tebas avait répondu qu'il était "madridista depuis l'âge de six ans", ajoutant : "J'ai choisi d'être madridista… et je suis toujours madridista comme n'importe qui d'autre".
Tebas a estimé que ceux qui dirigent le Real Madrid aujourd'hui ne sont "ni le club ni son histoire", et qu'ils portent des projets qui "affaiblissent le championnat qui les a aidés à devenir grands".
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En mai 2023, Tebas s'était lui-même décrit comme "madridista, mais pas florentiniste", en référence au président du club Florentino Pérez.
Les racines du conflit
Les racines du différend public remontent à août 2021, lorsque la Ligue avait annoncé un accord avec le fonds d'investissement CVC pour injecter 2,7 milliards d'euros dans la compétition. Mais le Real Madrid avait rejeté cet accord, estimant qu'il prélevait aux clubs 10,95 % des droits de diffusion télévisée pendant 50 ans, "en utilisant une structure trompeuse et de manière contraire à la loi", selon les termes du club.
Le club avait également contesté la conclusion de l'accord sans sa participation ni sa connaissance, et sans mise en concurrence de différentes offres. Le président de la Liga avait répliqué que "le style menaçant qu'utilise Pérez en privé depuis des années est passé au grand jour", concluant par cette phrase : "Le Real Madrid mérite mieux".
La Superligue et l'arbitrage
Le projet de Superligue, lancé par 12 clubs en avril 2021 sous la direction de Pérez, a constitué un autre axe majeur du conflit. Après que la Cour de justice de l'Union européenne a jugé, en décembre 2023, que les règles de la FIFA et de l'UEFA relatives à l'autorisation de nouvelles compétitions étaient contraires au droit de la concurrence, Tebas a minimisé la portée de cette décision et s'est moqué de Pérez en déclarant qu'il "ne perd jamais".
En février 2025, l'affrontement s'est intensifié autour de l'arbitrage. Après la défaite du Real Madrid face à l'Espanyol, le club a adressé une lettre à la Fédération espagnole dans laquelle il réclamait une "refonte complète du système arbitral". Tebas a répondu que la direction du club "avait perdu la tête", accusant sa chaîne de surchauffer les matches et de qualifier les arbitres de corrompus, avant que la Ligue ne dépose une plainte contre la Maison Blanche auprès du comité de discipline.
En octobre 2025, le Real Madrid s'est opposé au projet de la Ligue d'organiser la rencontre entre Villarreal et le Barça à Miami, estimant qu'il portait atteinte à l'intégrité de la compétition. Après l'abandon du projet, Tebas a écrit, sans nommer le Real, que "l'intégrité de la compétition" était invoquée par ceux qui la remettent en cause depuis des années et qui font pression sur les arbitres.
La dernière crise
La dernière crise entre les deux parties a éclaté lorsque Tebas a écrit sur la plateforme X que la direction du Real Madrid dirigeait un "orchestre", emmené par la chaîne de télévision du club, et qui repose sur "la sélection des images qui l'arrangent, la répétition du sentiment d'injustice, l'alimentation du doute et la désignation des ennemis".
Il a ajouté que cette méthode "rappelle les mécanismes de propagande dont Goebbels a tiré profit", soulignant que la comparaison portait sur ces techniques, "pas sur une idéologie, et bien sûr pas sur les supporters du Real Madrid". Ses propos s'inscrivaient dans le cadre d'une réponse aux récentes critiques de la Maison Blanche à l'égard de l'arbitrage.
Le Real Madrid a réagi par un communiqué officiel dans lequel il a qualifié cette comparaison de "totalement inacceptable et extrêmement grave". Le club a estimé que les déclarations de Tebas constituaient "un nouvel épisode d'attaques répétées", et l'a accusé de s'en servir pour jeter le doute sur ses démarches dans l'affaire Negreira.
Le club madrilène a par ailleurs décrit les attaques de Tebas comme "un véritable fléau pour le football espagnol" et a réclamé sa démission, ce qui laisse présager une escalade de l'hostilité entre les deux parties à un niveau sans précédent.

