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2022-World-Cup-Match-Between-USA-And-Iran-in-QatarAFP
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Avant les États-Unis et l’Iran, d’autres confrontations historiques ont animé les terrains de la Coupe du monde

Alors que la planète football attend avec impatience la Coupe du monde 2026, la crise liée à la participation de l’équipe d’Iran aux États-Unis illustre une nouvelle fois l’imbrication complexe entre sport et tensions politiques.

Ce scénario n’est pourtant pas nouveau : l’histoire de la Coupe du monde est émaillée d’épisodes où des pays hôtes ont dû céder sur leur souveraineté ou où des délégations visiteuses ont placé leurs joueurs sous une surveillance étroite afin d’éviter toute défection sur le sol adverse.  

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  • Coupe du monde 1966

    En 1966, la Grande-Bretagne se voit contrainte d’accueillir l’équipe nationale nord-coréenne, qualifiée pour la Coupe du monde, bien que Londres n’ait jamais officiellement reconnu ce pays communiste depuis la guerre de Corée.

    Le Foreign Office songea un temps à refuser les visas, mais Londres finit par céder devant la menace de la FIFA de délocaliser la Coupe du monde hors d’Angleterre. Un compromis diplomatique est alors trouvé : utiliser la dénomination « Corée du Nord » au lieu de « République populaire démocratique de Corée », et interdire la diffusion de l’hymne national ainsi que le déploiement du drapeau durant les matchs, sauf lors de la cérémonie d’ouverture et de la finale.

    De manière inattendue, le public local de Middlesbrough a toutefois brisé ces barrières officielles : les supporters anglais ont adopté l’équipe nord-coréenne comme s’il s’agissait de leur propre formation. et plus de 18 000 spectateurs se sont massés pour les soutenir lors de leur rencontre historique contre l’Italie, que les Asiatiques ont remportée 1-0, créant une immense surprise.

  • Le clasico fratricide

    Lors de la Coupe du monde 1974, unique confrontation entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest sur le sol ouest-allemand, le « duel fraternel » se joua sous haute surveillance.

    Pour éviter toute défection, la RDA interdit à ses supporters ordinaires de se rendre en Allemagne de l’Ouest et n’autorise qu’environ 2 000 « invités triés sur le volet », fidèles au régime, à faire le déplacement. Ils sont étroitement surveillés par la Stasi et contraints de scander un seul chant, soigneusement approuvé, durant toute la rencontre.

    Sur le terrain, les joueurs est-allemands se virent interdire tout échange de maillots à l’issue de la rencontre, pour éviter tout symbole de rapprochement, tandis que le stade restait encerclé par des policiers armés et survolé par des hélicoptères. prêtes à intervenir en cas d’incident. Sur le terrain, la RDA créa la surprise en s’imposant 1-0.

  • Napoli - Football CityGetty Images Sport

    Angleterre-Argentine

    Les confrontations entre l’Argentine et l’Angleterre lors des Coupes du monde 1986 et 1998 ont constitué une forme de prolongement sportif du conflit des Malouines ; ces deux rencontres ont constitué un prolongement sportif du conflit des Malouines. En 1986, les rues de Mexico ont été le théâtre d’affrontements violents : des supporters anglais ont été hospitalisés et leurs drapeaux ont été volés par des groupes argentins de « Barras Bravas ».

    En 1998, en France, 1 600 policiers ont été mobilisés pour contenir les « hooligans », tandis que les services de renseignement déjouaient, dans l’ombre, un projet terroriste visant précisément cette rencontre ; une information alors dissimulée aux joueurs et aux entraîneurs pour préserver la suite de la compétition.

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  • Les participations de Cuba

    La participation de Cuba aux tournois organisés aux États-Unis ou au Canada est un véritable casse-tête pour les autorités cubaines en raison du phénomène des « fuites massives ». En 2002, les joueurs Rey Martínez et Alberto Delgado avaient ainsi disparu de l’hôtel de l’équipe à Los Angeles après avoir prétexté un simple coup de fil.

    La scène s’est répétée, de manière encore plus dramatique, en 2012 : Cuba a dû affronter le Canada lors d’un match décisif avec seulement onze joueurs, aucun remplaçant sur le banc, après la défection juste avant le coup d’envoi de quatre joueurs et du médecin de l’équipe, partis demander l’asile.

  • English midfielder David Beckham (L) and his teammAFP

    Casernes nord-coréennes

    Même lors des compétitions régionales, ces tensions demeurent ; lors des Jeux asiatiques d’Incheon (Corée du Sud) en 2014, la délégation nord-coréenne s’est muée en véritable « caserne de renseignement » mobile : des agents de sécurité, enregistrés comme « journalistes », étaient chargés de surveiller les athlètes, à raison d’un agent pour dix participants.

    Les journalistes nord-coréens devaient transmettre leurs reportages par fax , afin de s’assurer qu’ils ne puissent pas accéder à Internet. Parallèlement, les autorités sud-coréennes ont dû retirer les drapeaux des nations participantes des rues entourant les stades, se contentant de les hisser à l’intérieur des enceintes, craignant que des groupes extrémistes ne déchirent le drapeau nord-coréen et n’enclenchent un nouveau conflit frontalier.

    Ces faits historiques confirment qu’en période de crise, les stades deviennent des zones de « souveraineté spéciale » où les règles ordinaires s’effacent devant des protocoles de sécurité exceptionnels.