Thomas Tuchel était attendu sur ce schéma tactique depuis un moment. Depuis sa prise de fonction il ne l’a utilisé qu’à une seule reprise, à Singapour avec essentiellement des jeunes du centre de formation. C’est donc une rencontre, face à Angers, qui a été scrutée tactiquement.
Les quarante-cinq premières minutes ont été poussives pour le PSG. Confrontés à une formation qu’il n’avait vu "qu’en vidéo" dixit Thomas Meunier, les Parisiens ont manqué d’automatismes, laissant beaucoup trop d’espaces et donc d’opportunités aux adversaires ce samedi : "Il y avait trop d’espace au milieu, l’équipe était un peu écartée. En première période, ils ont bien défendu en bloc et c’était difficile de trouver des espaces. Le coach a fait des bons changements tactiques, cela nous a donné plus de sécurité derrière et au milieu" analysait Marquinhos à nos confrères de Canal +.
Mais le coach a souhaité tester au plus vite ses joueurs, avant que les choses sérieuses ne commencent à partir du retour de la prochaine trêve, lorsque les phases de poules de Ligue des Champions débuteront à la mi-septembre. "Je voulais voir Marquinhos en n°6, je voulais aussi avoir Kimpembe, Thiago Silva et Kehrer ensemble sur le terrain, et je dois sentir mes joueurs, voir comment ils se comportent, où ils sont le mieux et où ils sont en difficulté. Nous devons avoir une structure pour attaquer mais aussi une pour défendre", expliquait-il à l’issue de la victoire (3-1). Alors quels enseignements tirer ?
Thilo Kehrer, trop tendre
La nouvelle recrue qui arrive tout droit de Schalke n’aura pas eu des débuts mémorables. Ou plutôt si, mais dans le mauvais sens du terme : Il est le 1er joueur à concéder un penalty lors de son 1er match dans l’élite depuis Jordy Gaspar avec Lyon contre Nice le 14 octobre 2016. La faute sur Tait à la 21è est celle qui a permis aux Angevins d’égaliser. Sa première performance parisienne n’était pas sereine, en témoigne le nombre de fautes commises (3), soit le plus élevé de toute la partie. Son manque de confiance s’est également traduit par les duels qu’il a eu du mal à remporter. Sur ses 8 provoqués, seuls 37% ont abouti à un succès. Pour couronner le tout, le jeune Allemand a perdu plus de ballons qu’il n’en a gagné (3 contre 2). Dès le début de la seconde période il a été remplacé par N’Soki, permettant ainsi à l’équipe de basculer à quatre défenseurs.
Marquinhos en 6, un bilan mitigé
Le défenseur a inauguré un nouveau poste pour la première fois : celui de sentinelle. Sur certains aspects, il a été moyennement serein comme lors des duels : il n’en a remporté que la moitié et aucun aérien. Cependant, le Brésilien a fait le travail à la récupération, se plaçant ainsi juste derrière Rabiot sur le nombre de ballons récupérés (9) et n’a perdu que 6 ballons sur les 88 touchés pendant la confrontation. Une position qui n’a pas complètement mis à l’aise le défenseur central alors que Rabiot, la saison dernière, avait été plus efficace à ce poste.
Getty ImagesRabiot, l’élément sur lequel on peut compter
Placé aux côtés de Marquinhos, le Titi parisien a hautement performé lors de la rencontre. Toujours bien positionné, il a été un monstre à la récupération comme l’en atteste ses statistiques. Il explose tous les compteurs avec 13 ballons récupérés faisant de lui le meilleur joueur parisien, devant Marquinhos (9). Sur les 115 ballons touchés (il est le deuxième à avoir le plus touché de ballons, juste derrière Neymar), il n’en a perdu que 11, soit 1 tous les 10 ballons, ce qui fait partie de sa fourchette la plus basse et défensivement, il affiche le meilleur total de tacles chez les Parisiens, 6. Seul Mangani a fait mieux sur la pelouse du Parc des Princes. Neymar et lui ont été les deux joueurs qui ont le plus provoqué de duels côté PSG avec 16 et 14 respectivement, mais pas pour le même rendement. Le Français affiche un score de 65% de duels remportés tandis que le Brésilien n’est qu’à 31%. L’international français a été bon dans tous les domaines, avec un gros volume de jeu et une projection vers l’avant qui a servi à toute l’équipe. Pour couronner le tout, il a été celui qui a fait l’avant dernière passe sur le but de Neymar.
Une MCN qui ne faillit pas
Les retrouvailles ont été longues, mais bonnes. Comme pour marquer le coup, chacun des membres de ce trio a scoré pour leur premier match ensemble. Le champion du monde s’est même permis d’être le passeur décisif sur le but de Neymar, tandis que le Brésilien a permis à Cavani, même si le centre était dévié, d’ouvrir le score. Mais sur le terrain c’est l’entente entre les trois protagonistes qui a sauté aux yeux. Comme une évidence que l’on avait oublié au fil du temps, à force de ne plus les voir évoluer ensemble. Le Brésilien, par exemple, a été plus discipliné qu’à l’accoutumée, plus motivé également, comme lorsque Mbappé est rentré sur le terrain à Guingamp samedi dernier. Alors qu'il a été positionné en meneur de jeu, il est le joueur sur le pré qui a touché le plus de ballons, et celui qui a provoqué le plus de duels chez les Parisiens. En plus des qualités offensives évidentes, les trois attaquants ont été plus enclins à défendre, à l’image de l’Uruguayen qui est descendu très bas à plusieurs reprises.
Est-ce la fin de la défense à trois ? Thomas Tuchel a répondu à la question : "Bien sûr (qu'on reverra le système à trois défenseurs, ndlr). Tu ne peux pas essayer quelque chose pendant 45 minutes et dire ensuite 'non, ça ne marche pas du tout'. Bonne nouvelle pour Thomas Meunier, un habitué de ce schéma tactique, qui est convaincu que c’est le système qu’il faut mettre en place à Paris : "Pour moi c'est le dispositif à utiliser pour le PSG pour être encore plus intense, plus porté vers l'attaque que l'année précédente. C'est juste quelque chose à mettre au point parce qu'on n’a pas encore eu vraiment le temps de s'attarder dessus. Mais je pense que dans les semaines qui viennent, si on parvient à garder ce système à trois et à trouver les automatismes, ça peut vraiment faire mal". L’important, c’est surtout de faire mal en Ligue des Champions.





