Au soir du 5 juillet dernier, tout le monde mesurait parfaitement les bénéfices de l'opération financière réalisée par l'Olympique lyonnais avec le recrutement de Mariano Diaz, acheté 8 millions d'euros au Real Madrid et le départ d'Alexandre Lacazette vendu 60 millions (bonus compris) à Arsenal. Sur le volet sportif, les 6 années passées par Mariano au sein des équipes jeunes et de la réserve des Merengue ne pesaient pourtant pas bien lourd face aux 76 buts inscrits par l'attaquant français lors de ses 97 derniers matches de Ligue 1 sous le maillot des Gones. Mais les quatre premiers mois de compétition ont pourtant dissipé tout scepticisme à son égard.
Quelques frictions mais des temps de passage très élevés
Avec son profil de numéro 9 plus traditionnel, Mariano Diaz incarnait aussi une rupture de style avec Alexandre Lacazette. Dans un système de jeu repensé par Bruno Génésio pour mettre Nabil Fekir plus en valeur, tout le collectif lyonnais s'est adapté à la présence d'un attaquant de pointe dont les principales qualités de déplacements dans la profondeur, de puissance et de présence dans la surface de réparation ont directement influé sur toute l'animation. "L'équipe n'a pas vraiment eu besoin d'un temps d'adaptation parce que Nabil joue maintenant dans un rôle de 9 et demi ou de numéro 10 et il joue pas mal avec nous les milieux. Il décroche et il y a une bonne cohérence devant", expliquait Lucas Tousart dans nos colonnes en début de saison. Malgré des statistiques entretenues régulièrement depuis ses premiers pas avec l'OL, Mariano, lui, continue de s'acclimater à son nouvel environnement.
GettyAvec 12 buts et 3 passes décisives pour ses 17 premiers matches de Ligue 1, l'ancien joueur du Real Madrid s'inscrit dans des standards très élevés. Sur les 40 dernières saisons, il est d'ailleurs le seul Lyonnais à avoir atteint ce total dépassé uniquement par... Zlatan Ibrahimovic. Des chiffres atteint non sans cristalliser certaines tensions dont la plus visible, sur la pelouse de Troyes au mois d'octobre, avait donné lieu à une conversation en privé avec le capitaine Nabil Fekir. Alors qu'il avait voulu prendre le penalty en lieu et place de Memphis Depay, le tireur attitré, Mariano avait crispé ses partenaires au terme d'un large succès (5-0). En substance, l'international français avait expliqué à son coéquipier que son comportement trop individualiste allait le conduire au même traitement que Memphis Depay, plusieurs fois envoyé sur le banc et même hors du groupe pour des raisons similaires.
S'il ne parlait que très peu aux autres joueurs lors des premières semaines, la barrière de la langue s'efface de plus en plus. Selon une source proche du vestiaire, Mariano, qui n'hésitait pas à poser beaucoup de questions à ses débuts sans forcément échanger, s'ouvre progressivement et s'adapte à la vie lyonnaise. Une performance remarquée lors de l'Olympico renforcerait à coup sûr son sentiment d'adoption... même si à Lyon ses détracteurs se font de moins en moins nombreux.





