Vous avez plus de 24 ans ?

Help us verify your age by providing an honest response. This site contains gambling advertising for 24+.

Age-restricted content

Vous n'avez pas l'âge requis pour consulter les contenus liés aux paris. Vous allez être redirigé vers la page d'accueil.

alt
Kosovo v Türkiye - FIFA World Cup 2026 European Qualifiers KO play-offsGetty Images Sport
Traduit par

L’exode des talents, un problème pour l’équipe d’Allemagne : le patron de la formation du Bayern Munich formule des exigences claires

Après que la première partie de l’entretien a principalement porté sur son Bayern Munich, Sauer élargit désormais le regard au travail de formation en Allemagne dans son ensemble.

Monsieur Sauer, en tant que membre d’un groupe d’experts spécialement constitué, dont faisait notamment partie le nouveau sélectionneur Jürgen Klopp, vous avez participé au développement de la « Bundesliga Talent Series ». Depuis cet été, les équipes de jeunes des clubs participants disputent, en deux demi-séries distinctes à l’automne et au printemps, trois à six matches chacune (le Bayern Munich entrera en lice début 2027). Dans quelle mesure êtes-vous satisfait du résultat ?

Jochen Sauer : Au vu de toutes nos expériences, nous n’avions au départ pas cru possible, au sein du groupe d’experts, de lancer en dix mois une compétition offrant davantage de temps de jeu à nos jeunes joueurs, avec toutes les discussions, décisions, préparations et mises en œuvre que cela implique. L’expérience des dernières années a plutôt montré que, dans de nombreuses configurations, nous avons très longtemps débattu de nombreuses mesures, mais le plus souvent sans résultat concret ni décision. Mot-clé : la réforme de la Regionalliga. Dans cette mesure, nous sommes très satisfaits de la mise en œuvre. Quant à l’idée de fond, j’en suis aussi satisfait à l’heure actuelle. Reste à voir si elle fera ses preuves.

Donnez-nous un aperçu de la réflexion.

Sauer : Le point de départ du débat était notamment le fait que nous avons vu un potentiel d’amélioration dans la zone de transition entre les jeunes et les professionnels. Pour moi, cette transition est l’un des domaines les plus décisifs, mais aussi les plus difficiles, de toute la formation des jeunes, et je pense qu’en Allemagne, c’est aussi là que se situe le plus grand potentiel d’amélioration. Dans la formation jusqu’aux U15/U16, nous ne sommes pas moins bons que les autres grandes nations. Mais, à un moment donné, nous décrochons et nous étions d’accord sur le fait que cela se produisait dans cette zone de transition entre les jeunes et les professionnels. Nous avons constaté qu’en U17, U19 et U23, nous avons des joueurs qui, entre autres, reçoivent trop peu de minutes et trop peu de temps de jeu à haut niveau. En même temps, nous estimons que le temps de jeu est un facteur décisif pour progresser. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer une compétition supplémentaire. Cette compétition s’appelle donc « Talent Series » parce qu’elle n’est pas limitée à une tranche d’âge. Des joueurs de 16 à 21 ans peuvent y participer.

imago-sport-1084028422.jpgIMAGO

Klopp avait à l’origine plaidé pour une ligue U21 propre, comme cela existe en Angleterre.

Sauer : Lors de son passage à Liverpool, il a eu de bonnes expériences avec cette compétition dans le système de formation anglais. Et à l’époque, en tant que responsable Red Bull, il devait aussi avoir en tête une bonne solution pour les clubs sans équipe U23 ou avec des équipes U23 situées en dessous de la Regionalliga. Au sein du groupe d’experts, nous avons toutefois essayé d’examiner la question sous tous les angles. Avec un total de 58 centres de performance pour jeunes, il existe logiquement de nombreuses situations de départ différentes. Mais l’apport concernant l’approche adoptée dans les autres grands championnats a été particulièrement important pour le groupe. 

Comment avez-vous vécu la collaboration avec Klopp ?

Sauer : Super, comme d’ailleurs au sein du groupe d’experts dans son ensemble. Il a réuni des gens venus d’horizons différents. Klopp comme entraîneur avec une expérience en Angleterre. Sami Khedira, issu du centre de formation de Stuttgart puis passé par de nombreux grands clubs, qui connaît l’UEFA et a un regard européen. Marc Lenz, membre du directoire de la DFL, Andreas Rettig, directeur général du DFB, Markus Krösche et Andreas Bornemann avec beaucoup d’expérience en Bundesliga. Joti Chatzialexiou, qui s’est occupé des jeunes au DFB et qui est désormais directeur général du club traditionnel du 1. FC Nuremberg. J’espère que le groupe d’experts pourra continuer à donner des impulsions utiles au développement du système allemand de formation et de football de jeunes.

L’exode des talents, un problème pour l’équipe du DFB

Par exemple ?

Sauer : Il y a beaucoup de sujets qui peuvent encore être examinés. Il y a beaucoup de joueurs nés en Allemagne que Jürgen Klopp ne peut pas convoquer en sélection nationale. Rien qu’en Bavière : Kenan Yildiz, Can Uzun ? Turquie. Josip Stanisic ? Croatie. Paul Wanner ? Autriche. Malik Tillman ? États-Unis. Et d’autres joueurs dans toute l’Allemagne. Là aussi, il existe désormais une concurrence entre fédérations nationales à laquelle nous devons urgemment faire face. Nous le constatons de très près : pour certains joueurs, nous recevons de la part de fédérations nationales très diverses de nombreuses convocations. Erblin Osmani, né à Munich, évolue actuellement avec l’équipe nationale A du Kosovo.

Que doit-il changer en Allemagne ?

Sauer : Je pense que de nombreux défis se situent dans cette zone de transition évoquée. Il n’est simple ni pour les clubs ni pour la fédération d’avoir constamment un œil sur chaque talent et sur chacun des 58 centres de formation, et d’identifier les talents sans l’ombre d’un doute, mais d’un autre côté, il y a aussi ici beaucoup de possibilités d’amélioration.

Qu’est-ce qui pourrait encore aider le football allemand à long terme ?

Sauer : Les infrastructures et le travail de fond dans les centres de formation allemands sont, à mes yeux, bons et au moins au niveau de nombreuses autres nations de football. Mais nous devons aussi donner à nos joueurs formés la possibilité de franchir le pas vers le football senior. Les clubs, de la Regionalliga à la Bundesliga, doivent encore faire preuve de plus de courage pour faire jouer de jeunes joueurs. C’est la seule façon pour eux de progresser et de devenir des options pour l’équipe nationale. Et nous devons aussi certainement réfléchir au système des ligues. La « Talent Series » est une petite brique qui peut y contribuer. Mais les discussions actuelles autour de la Regionalliga, ainsi que de la 3. Liga, montrent qu’il existe des insatisfactions, ou plutôt qu’un potentiel d’amélioration est perçu. À mes yeux, nous n’avons pas actuellement une pyramide des compétitions optimale. 

Jochen Sauer sur la réserve du Bayern Munich et le novice Dante sur le banc

La deuxième équipe du Bayern Munich évolue en Regionalliga Bayern depuis 2021. Quel rôle lui accordez-vous ?

Sauer : Un rôle essentiel, afin que les talents entrent pour la première fois en contact avec le football adulte. De nos jours, les talents doivent acquérir cette expérience tôt. C’est pourquoi nous avons transformé une U23 en presque une U19. Pour un Filip Pavic, Cassiano Kiala ou Bastian Assomo, c’est actuellement exactement la bonne étape de développement.

Comment vivez-vous le nouvel entraîneur principal Dante ? Le début de la nouvelle saison a plutôt été mitigé.

Sauer : C’était un joueur de très haut niveau, il a une énorme aura et il sait ce qu’il faut, en tant que joueur, pour disputer un jour la Ligue des champions. Bien sûr, en tant qu’ancien pro ambitieux, il est mécontent quand les résultats ne suivent pas, ce n’était pas différent à l’époque avec Martin Demichelis. Mais les garçons doivent d’abord s’adapter au football masculin. C’est un processus de développement tout à fait normal. Les derniers matches ont montré que nous sommes sur la bonne voie.

imago-sport-1083766829.jpgIMAGO

Dans quelle mesure voyez-vous aussi le Campus comme un lieu de développement pour les entraîneurs ?

Sauer : Un entraîneur qui connaît déjà le Bayern Munich et qui fait ici, au club, ses premiers pas dans le métier, a automatiquement déjà une identification. Je me réjouis des carrières de Sebastian Hoeneß, Miroslav Klose ou Martin Demichelis, et je pense effectivement que les entraîneurs peuvent très bien se développer dans le secteur des jeunes. Ici, il n’y a pas la pression du football professionnel, et les entraîneurs peuvent aussi faire des erreurs dans un environnement plus calme et progresser continuellement. Peut-être que l’un d’eux reviendra un jour lui aussi au Bayern Munich. Nous considérons d’ailleurs aussi Red&Gold et notre réseau international de partenaires comme une opportunité de développement et comme la prochaine étape pour nos entraîneurs talentueux.

Ces dernières semaines, des rumeurs ont fait état d’un prétendu intérêt du Bayern Munich pour JJ Gabriel, un grand talent de 16 ans de Manchester United désireux de partir. Dans quelle mesure jugez-vous ce type de transferts pertinent de manière générale ?

Sauer : Quand un garçon aussi talentueux veut changer de club et que tous les grands clubs internationaux sont sur le coup, une concurrence énorme de très haut niveau se crée et les aspects économiques entrent aussi en ligne de compte. Dans cette mesure, c’est un sujet pour le secteur professionnel et non pour le Campus.

VOUS AVEZ APPRÉCIÉ CETTE HISTOIRE ?

Ajoutez GOAL.com à vos sources préférées sur Google pour consulter davantage de nos articles

Suivez GOAL sur Google