Il a toujours été connu pour son franc-parler mais Michel Platini continue de surprendre à chacune de ses sorties médiatiques. Ayant accordé une interview à L’Equipe pour parler de l’Euro 2021 à travers l’Europe dont il était le commanditaire, l’ancien président de l’UEFA en a profité pour revenir sur les dernières semaines houleuses du football européen.
Il faut dire qu’avec le lancement avorté de la Super League, c’est une véritable onde de choc qui s’est abattue sur le continent Si l’idée est presque morte née, elle ne doit pas faire oublier que les grands d’Europe ont eu l’ambition de cette ligue fermée.
L’UEFA, bien aidée par les clubs anglais ayant très rapidement manifesté leur désaccord de faire partie de ce projet, a eu le dernier mot mais s’est quand même retrouvée au pied du mur l’espace de quelques heures. Un scénario qui n’aurait jamais dû arriver pour Michel Platini, qui n’a pas hésité à charger Aleksandr Ceferin.
"Comment a-t-il géré cette crise? Mal, répond Michel Platini dans le quotidien sportif. Le départ des grands clubs pour fonder leur propre compétition, c'est le seul vrai danger récurrent que doit gérer l'UEFA. Ça fait 40 ans que les grands clubs veulent partir. Quand on est président de l'UEFA, il vaut donc mieux anticiper plutôt que de se retrouver devant le fait accompli et traiter les dirigeants de ces clubs de "lâches", de "serpents" ou de "scorpions" comme l'a fait Ceferin, c'était ridicule."
Mais que l’actuel président de l’UEFA se rassure, il n’est pas le seul à en avoir pris pour son grade. La Juventus Turin étant parmi les têtes de gondoles du projet, Platini n’a pas été tendre avec Andrea Agnelli, président d’un club où le Français a vécu ses plus belles années. Il fustige le besoin de l’Italien de tout ramener à l’argent.
"Sinon, il faut aussi sponsoriser les filets des buts et coller des publicités sur les journalistes dans la tribune de presse, lâche-t-il carrément. Le projet de Super League s'est effondré parce que ses responsables ont fait une communication de merde, que les médias étaient contre, et que les supporters, notamment anglais, ont été comme d'habitude, c'est-à-dire formidables."

