La nouvelle communication des clubs pendant le mercato

HD Mohamed Salah
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Ce mercato estival marque une tendance au niveau de la communication des clubs. Ils se montrent de plus en plus créatifs pour les transferts.

Devenu plus animé lors de la semaine écoulée, le mercato estival 2017 se caractérise jusqu'alors par un mode de communication plus créatif que par le passé. Par le biais des possibilités qu'offrent les divers réseaux sociaux, et notamment Twitter, certains clubs opèrent des annonces surprenantes afin d'annoncer les signatures. 

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Alors, comment expliquer que Liverpool pour Mohamed Salah, Chelsea avec Antonio Rüdiger, ou encore l'AS Roma en faisant marquer Lorenzo Pellegrini sous ses nouvelles couleurs en jouant à FIFA 2017, soient aussi inspirés au moment d'annoncer les nouveaux éléments de leurs équipes ? Selon Aurélien Flacassier, Directeur New Biz en charge du pôle Fan Engagement à LA FOURMI, cela participe à une façon d'appréhender le rapport avec les supporters : "Sur les réseaux sociaux ça prend une place hyper forte. Des choses qui ne se faisaient pas aussi naturellement, comme les Periscopes, les Facebook-Live des conférences de presse sont en train de devenir des choses tout à fait normales. Sortir des beaux visuels pour des annonces officielles, c'est le B.a.-ba alors qu'il y a encore un an ou deux quand nous on travaillait sur le PSG, eux et Monaco étaient loin devant les autres en sortant des beaux visuels avec des statistiques. On se rend compte que ça devient monnaie courante même si après on peut discuter la qualité des créations", expose-t-il, conscient de l'évolution actuelle : "La Ligue est en train de travailler sur un système d'archives comme peut le faire la Premier League et on se dit que forcément il va falloir qu'il y ait un meilleur maillage entre les Ligues pour les vidéos de buts sur les réseaux sociaux, les annonces quand les joueurs signent, les top buts... Je pense que c'est la prochaine étape. On franchit un pas et on va accoster les partenaires à ça. Ils vont forcément apporter leur pierre à l'édifice dans cette façon de communiquer l'arrivée de joueurs."

Toutefois, cette communication est aussi tributaire du rapport qui existe entre les clubs et les joueurs. Et dans cette optique, il reste du travail à effectuer selon Aurélien Flacassier. "Il y a un autre souci, c'est que les clubs ne travaillent pas assez bien avec leurs joueurs et avec leurs futurs joueurs. On va voir comment le PSG va travailler avec Dani Alves. Je trouve ça anormal que il y ait pleins de joueurs qui ne retouittent pas le résultat final, il va falloir que les contrats changent à ce niveau là car ils appartiennent à une institution, à un club et ils sont censés valoriser l'image du club. C'est un autre problème mais j'ai l'impression que les joueurs, certains, devancent un peu les clubs. Ceux-ci vont devoir travailler de mieux en mieux avec les agents images des joueurs pour que l'annonce soit plus forte en la faisant ensemble car si les clubs font cela après les joueurs, après les médias, et de façon pas forcément impactante, cela va être compliqué", reconnait-t-il. 

Afin d'évoluer de façon positive, il va être nécessaire d'utiliser à bon escient l'ensemble des réseaux sociaux selon lui. "Twitter est bien pour la partie média et les fans de foot mais pour toucher le plus grand nombre je pense que Facebook est en France ce qui se fait de mieux. Je n'ai rien vu d'innovant encore sur Snapchat et quand on voit les taux d'engagements sur Twitter, en France cela reste assez faible. Sur les lives quand je vois des clubs comme Bordeaux qui font 20 RT ou 30, à quoi bon innover ? Pour avoir la primeur de l'information et le faire en même temps que le joueur, j'utiliserais plus Twitter afin de se synchroniser avec le joueur et que lui ne balance pas l'info sur Instagram."

La France accuse un retard dans cette nouvelle façon de communiquer

De fait, la pluralité des plates-formes à disposition des clubs renforce aussi, dans une certaine mesure, la communication. Mais cela demande du travail afin de ne pas être pris de court dans une époque qui érige l'immédiateté comme une obsession. "C'est une nouvelle façon pour eux de communiquer, instantanément, parler avec leurs fans. Là où avant, ils prenaient leurs temps, je pense qu'ils doivent accélerer et cela veut dire aussi qu'en interne le processus de communication doit être aussi plus vif et que le community manager doit aussi être informé en temps réel de ces informations. Ce n'est pas forcément le cas de tous les clubs et cela peut prendre du temps. Néanmoins, cela montre que la communication interne doit elle aussi se professionnaliser et sur des arrivées de joueurs ou avant on travaillait en sous-marin avec le côté sportif, il doit y avoir un maillage beaucoup plus marqué entre le sportif, les gens qui font signer les joueurs et la communication. Il faut non seulement innover dans la façon de le révéler mais il faut également pouvoir l'anticiper. Travaillant pour le PSG, on arrive à savoir quelques temps avant, ce qui nous permet de le travailler sur des visuels. Ce qui est fort c'est d'être hyper reactif et monter des opérations avec des partenaires", fait savoir Aurélien Flacassier.

Dans le domaine de la communication, la France dans son ensemble n'est pas encore au point. En Angleterre avec Chelsea et Aston Villa  Liverpool, ou encore en Italie avec l'AS Roma, les clubs ont su prendre le train en marche, allant même parfois jusqu'à verser dans la surenchère. Et l'arrivée de Daniel Alves au PSG pourrait bien être un défi de taille pour le club francilien au niveau la communication selon Aurélien Flacassier. "Il faut bien bosser et sans être négatif, en France, des clubs costauds il n'y en a pas 50 et quand on voit qu'à Manchester les mecs sont 40 ou 50 au digital et à la communication, ce n'est pas encore le cas dans les autres clubs. Cela nécessite aussi beaucoup de ressources. Pour moi le chantier prioritaire c'est de bien travailler avec les agents images du joueur pour ne pas qu'eux soufflent la vedette. Alves, typiquement, ça aurait dû être une belle surprise pour le PSG et ça flingue le truc car sa femme a posté une image sur les réseaux sociaux. Alves, si ça avait été travaillé, qu'il y avait eu une sorte de teasing et que le jour J, il mentionnait le compte du PSG, c'était gagné. Mandanda par exemple a mis le compte de l'OM, c'est peut être plus facile avec le joueur français."

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