"Éteindre la lumière n'est pas facile." Ces mots tirés du discours de Francesco Totti le 28 mai dernier, à l'occasion du dernier match de sa carrière, résonnent aujourd'hui encore. Devenu dirigeant de la Roma, "à 360 degrés" comme il aime le rappeler, l'ancien capitaine giallorosso prend son rôle très au sérieux, même si les débuts n'ont pas été faciles. "J'étais habitué à faire toujours la même chose : me lever tôt, le petit-déjeuner, l'entraînement. Comme une machine, précise-t-il. Aujourd'hui, je dois programmer moi-même mes journées, l'impact n'a pas été facile à gérer. [...] J'ai la chance de pouvoir rester au plus près de l'équipe, avec l'entraîneur et les autres dirigeants. Je suis dans le bus avec eux et je fais les mises au vert."
Interrogé sur son rôle dans cette interview avec le Corriere della Sera, Totti éclaire sur son apport pour son club de toujours : "Je connais toutes les dynamiques car j'ai été joueur. Je sais comment parler à un joueur. Dans le vestiaire ne peuvent entrer que ceux qui connaissent la manière de parler, les regards, les interventions au moment opportun." Il reconnait également que le côté passif de sa présence en tribune n'est pas toujours évident : "Je souffre plus en tribune que sur le banc, car quand tu es joueur, tu espères toujours pouvoir entrer. Et puis on entend certaines choses dingues... Ils se croient tous entraîneur. Et je me dis : 'qu'est-ce qu'ils devaient dire sur moi quand j'étais sur la pelouse ?!'"
Les derniers mois avec Spalletti ont été compliqués
Retraité depuis le 28 mai dernier et une dernière victoire face au Genoa (3-2), le nouveau dirigeant romain est revenu sur sa dernière saison comme joueur professionnel, passée pour la plupart du temps sur le banc. Ses relations avec l'entraîneur Luciano Spalletti ? "Cela a été compliqué. Nous avions de bonnes relations avant qu'il ne s'en aille en 2009, explique-t-il. Quand il est revenu, je me suis mis à son service. J'aurai préféré jouer plus, mais je n'ai aucun reproche à lui faire. J'ai accepté dignement ses choix. J'ai été déçu mais je sais que c'est l'entraîneur qui fait les choix." L'ancien capitaine a reçu des offres en cours d'année et en fin de saison. Mais, comme toujours, il a préféré rester fidèle à la Roma : "J'ai reçu des offres des USA et des pays du Golfe. Ils m'auraient couvert d'Or, mais j'aurais ruiné 25 ans (son total d'années passées à Rome, ndlr) d'amour. Encore cette fois, j'ai choisi la Roma."
Invité à balayer l'actualité, Francesco Totti a réaffirmé sa préférence pour Lionel Messi dans son duel avec Cristiano Ronaldo, son admiration pour Roger Federer ("C'est un joueur qui me procure toujours des émotions. Je le regarde, je l'étudie, parfois je trouve qu'il me ressemble. Quel joueur talentueux !") et son incompréhension quant à l'élimination de l'Italie de la route à la Coupe du monde 2018. "Avec moi, Insigne aurait été titulaire, affirme-t-il. C'est l'un des seuls qui pouvait débloquer le match. Je ne pensais pas qu'un tel drame pourrait se dérouler. En juin, j'allumerai ma télé et je ne verrai pas l'Italie, c'est irréel."

