Quelques heures avant la rencontre, les ultras parisiens s’étaient donnés rendez-vous à quelques encablures d’une stade Santiago Bernabeu. Leur soirée avait commencé par une marche aussi bruyante qu’enflammée.
Pour rappeler l’importance de la rencontre, l’un des leaders du groupe de supporters donne de la voix et rappelle que le PSG joue un huitième de finale de Ligue des champions contre le Real Madrid et qu’il va falloir donner plus, chanter plus fort.
Peu avant 19 heurs, leur marche donne le ton d’une soirée où les ultras parisiens ont éteint l’arène madrilène pendant une heure. Près de 2000 supporters animant un stade mutique plombé par l’ouverture du score de Kylian Mbappé.
Mais la veille, un chauffeur de taxi pourtant supporter de l’Atlético nous avait prévenu : « Paris ne va pas se qualifier. Il y a un esprit qui règne ici à Madrid et quand la Ligue des champions revient il resurgit et peu renverser n’importe quelle équipe. »
« J’ai senti tout de suite que l’on allait revivre une soirée cauchemar »
Cet esprit, cette furie s’est réveillée peu avant l’heure de jeu quand les Parisiens à l’image de Verratti, Neymar et Messi perdaient peu peu le contrôle du match et de leur sang-froid. Et soudain les chants parisiens ont disparu, couvert par un stade qui s’embrasait après l’ouverture du score de Benzema.
« J’ai quitté le stade lorsque Benzema a égalisé, souffle Ilan. Après la bourde de Donnarumma, j’ai senti tout de suite que l’on allait revivre une soirée cauchemar et que les joueurs n’arriverait pas à surmonter cela. »
2-1, puis 3-1, Santiago Bernabeu explosait plongeant le PSG dans une soirée de honte similaire à celles qu’il a connues en 2017 et 2018 face à Barcelone et Manchester United.
« Par la suite, j’ai erré seul dans les rues de Madrid, j’ai changé mon billet d’avion pour repartir plutôt puis j’ai coupé mon téléphone confie Ibrahim, dont la déception a laissaity place à la colère. J’étais comme sonné, vide, je ne voulais plus parler plus penser à rien. »
A une quinzaine de minutes du stade, cinq supporters ont trouvé refuge dans un bar de quartier. A l’extérieur des supporters madrilènes refont le match sourire aux lèvres tandis qu’à l’intérieur, ces Parisiens mangent leurs frites la mine déconfite, tout juste amusés par une Brésilienne aussi ivre de joie que Neymar fut en colère après la rencontre.
« Dimanche ça sera sans moi »
« Franchement, on ne comprend pas ce qui s’est passé ce soir (mercredi). On essaie de se réconforter comme on peut mais c’est tout de même la troisième fois en cinq ans que l’on se fait éliminer de la sorte. Et les finale et demi-finale sont des trompes-l’oeil. Il va falloir du changement et vite », tonne Christophe.
Pour nombre des supporters que nous avons croisés la nuit a été courte. KO debout, amorphes, fatigués par un déplacement riche en émotions, ils sont nombreux mais silencieux dans l’avion qui nous ramène à Paris. L’un d’entre eux nous lâche : « La saison prochaine, je prendrai mes distances avec le PSG pour la Ligue des champions. Je viendrai au Parc pour le championnat et encore. »
Dans le couloir d’embarquement, on questionne alors certains supporters pour savoir s’ils ont prévu de réagir dimanche lors de la réception de Bordeaux. « J’espère qu’il y aura quelque chose qui sera mis en place, avoue Christophe. Mais dimanche ça sera sans moi. »





