Comment vivez-vous ce déplacement au Vélodrome en tant qu’homme qui a grandi à Marseille et qui a joué pour l’Olympique de Marseille ?
Quand je suis arrivé au PSG, je savais qu’il y aurait des matchs à Marseille, on va aller deux fois au Vélodrome en peu de temps. Je fais abstraction totale que je sois né à Marseille, que je sois marseillais, que j’ai joué à l’OM. Je suis entraîneur du PSG, je sais ce que ces matchs représentent. Ce n’est pas un huitième de finale classique. Je fais abstraction de tout ça. J’ai fait en sorte de fermer toutes les arrivées qu’il pouvait y avoir sur mon portable et sur le plan familial pour rester très focus sur le match et pour aller chercher la qualification.
Pouvez-nous nous donner des nouvelles des blessés ?
Renato sera indisponible, il est victime d’une lésion (ischio-jambiers de la cuisse gauche). Il aura quelques semaines d’arrêt. Neymar est disponible, Verratti et Ramos le sont aussi. Mukiele ne s’est pas encore entraîné avec le groupe mais il progresse et s’améliore bien. Kimpembe n’est plus très loin de rejoindre le groupe et d’être opérationnel. Il a commencé à intégrer une partie des séances avec du travail complémentaire.
L'inconvénient mais aussi le charme du PSG, c'est souvent que sa saison se joue sur le mois de février. Pour vous est-ce le mois le plus excitant de votre carrière ? Ressentez-vous une certaine pression ?
Oui on peut le voir comme ça ! C’est un mois très excitant. J’ai connu des périodes très compactes par le passé, mais quand vous êtes l’entraîneur du PSG, vous êtes avec une grande exposition et il y a une obligation de résultat. Je ne suis pas sous pression pendant ce mois de février. Mais c’est vrai qu’il y aura beaucoup d’enjeux, beaucoup d’attentes pendant ce mois avec la double confrontation contre le Bayern et ce match à élimination directe contre l’OM.
Quels mots aviez-vous tenus à vos joueurs avant de jouer le précédent Classique ?
Vous savez, nous avons beaucoup de joueurs qui ont connu ce genre de matchs, des Classiques, des grands matchs avec autant d’exposition, avec des adversaires qui vont chercher à vous mettre sous pression. Il faudra qu’on élève notre niveau de jeu, qu’on soit bons sur un plan technique. Et avoir cette capacité à jouer sous la pression de l’adversaire. C’est une équipe qui presse énormément, qui chasse de partout, il faudra résister à cette pression et avoir le plus souvent le ballon dans les pieds.
Quelle importance accordez-vous à la gestion des émotions ?
La gestion de l’émotion vient avec l’expérience, le fait que nous ayons pu jouer des matchs de ce type. Je rappelle très souvent à mes joueurs que c’est d’abord un match à 11 contre 11, on ne joue pas contre 60 000 spectateurs. Je leur dis très souvent qu’il faut terminer à onze et ne pas se laisser emporter par des contestations, des mauvais gestes ou des regroupements comme il pourrait y en avoir demain (mercredi) car c’est le match de l’année pour pas mal de personnes. Il faut avoir de la lucidité et la tête froide mais ne pas jouer non plus tranquille parce que sinon on dort.
Qui de Gianluigi Donnarumma ou Sergio Rico débutera mercredi comme titulaire ?
Je ne vous donnerai pas le nom du gardien qui va démarrer mais mes gardiens sont au courant de qui ce sera.
Donnarumma est-il libéré de la concurrence après le départ en prêt de Navas ?
Non, il n’avait pas besoin d’être plus libéré, les choses ont été très claires entre Gigio, Keylor et mois sur la hiérarchie. Si je vous disais qu’il est libéré, ça voudrait dire que Keylor n’a pas bien fait le job. Il s’est très bien comporté pendant ces six mois. Il souhaitait partir pour aller jouer, c’est un passionné du jeu, il n’acceptait pas la situation. Le comportement de Gigio et Keylor a été exemplaire, il n’y a jamais eu de problèmes entre eux. Sergio Rico est devenu le numéro 2. Les gardiens s’entendent bien. Gigio a toujours été heureux dans le vestiaire et sur le terrain.
Comment jugez-vous l’évolution de Zaïre-Emery ?
C’est un jeune garçon, il a une certaine maturité. Il me semblait important après l’épisode de Reims (où il était impliqué sur l'égalisation rémoise) qu’il retrouve vite ses sensations, c’est pour ça qu’il est entré en jeu contre Montpellier. C’est un joueur très à l’écoute, observateur. Il a une personnalité qui l’amène à prendre des initiatives. Contre Montpellier, un autre joueur aurait sûrement cherché à faire la passe, lui est allé chercher le but avec une grande détermination. Il est très très proche du niveau de nos milieux de terrains confirmés.
Dans quel état de forme se trouve Neymar ?
Depuis son retour de Mondial, il travaille tous les jours sur sa cheville, sur le renforcement, mais aussi pour que sa cheville soit plus solide, plus stable. Il a été ménagé après le match de Reims, il avait senti une grosse gêne à l’adducteur au début de cette rencontre. Il avait souhaité aller le plus loin possible. Il y a eu un principe de précaution sur les matchs qui ont suivi. Mais là les sensations sont très bonnes, il a fait une séance complète aujourd’hui.
El Chadaille Bitshiabu est-il en capacité de démarrer un match comme OM-PSG ?
C’est un très gros potentiel, avec beaucoup de lucidité et de clairvoyance. Il est aussi très proche du niveau de nos défenseurs. Ce que j’ai pu remarquer sur le match contre Toulouse, c’est qu’il est très malheureux sur sa première intervention qui lui coûte un carton jaune et derrière il y a but. On pouvait penser que ce serait compliqué pour ce jeune garçon mais finalement, il a fait un match de très bon niveau. En revisionnant le match, vous ne voyez pas que c’est un jeune de 17 ans. Il a eu une maitrise des événements et des émotions. Il peut démarrer le match contre Marseille comme d’autres matchs, ça c’est sûr.
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