Dans un entretien accordé au magazine des membres du club 51, le membre du directoire chargé du sport du club le plus titré d’Allemagne a expliqué avoir été séduit par les qualités du Belge dès le début du processus de sélection. La décision n’avait donc finalement pas été difficile à prendre pour lui.
« Bien sûr, nous avons examiné une liste de candidats. Julian Nagelsmann en faisait partie, ce n’est un secret pour personne. J’avais de très bonnes relations avec lui, mais il a choisi la DFB. Ralf Rangnick a lui aussi pris une autre direction. À l’époque, nous avons analysé le marché de très près, et tout ce que nous entendions sur le jeune entraîneur de Burnley était positif. À un moment donné, j’ai dit : "Je vais simplement appeler Vinnie" », a révélé Eberl.
Il est rapidement apparu qu’ils étaient sur la même longueur d’onde que Kompany, selon le membre du directoire chargé du sport du Bayern. « Nous nous sommes parlé au téléphone avant notre demi-finale de Ligue des champions à Madrid. Au bout de quatre heures, j’ai dû lui dire : "Désolé, il est 18 heures, je dois aller à une réunion." J’ai raccroché en me disant : "Waouh, ça se présente bien ! Il a une vraie personnalité." » Le directeur sportif Christoph Freund a fait un retour similaire : « Il est revenu lui aussi convaincu. »
À l’époque, Kompany était sous contrat avec le FC Burnley, qu’il avait fait monter en Premier League avant de redescendre dès l’année suivante. Son recrutement comportait donc aussi un certain risque.
« Si j’avais proposé Vincent Kompany comme mon tout premier choix, je ne sais pas quelle aurait été la réaction. L’entraîneur de Burnley, relégué, pour succéder à Thomas Tuchel ? », a déclaré Eberl.
Getty ImagesComment Max Eberl a-t-il convaincu Vincent Kompany de rejoindre le Bayern Munich ?
À Munich, on était toutefois convaincu que l’homme de 40 ans pouvait relever le défi à la Säbener Straße. « On aurait pu regarder la situation et se dire : "Il n’y arrive pas ; il ne sait pas s’adapter." Mais nous voyions les choses autrement. Il a une philosophie de jeu claire. Il ne voulait pas se replier avec huit joueurs en défense et espérer prendre un point contre Manchester City et Liverpool, qui évoluent en Premier League avec leurs effectifs valant des milliards d’euros. Il voulait gagner des matches, et je voyais cela comme quelque chose de positif. »
En outre, Pep Guardiola n’aurait lui aussi dit que du bien de Kompany. Après un appel téléphonique entre l’Espagnol et les deux dirigeants du club Karl-Heinz Rummenigge et Uli Hoeneß, la décision était prise : « D’accord, allons-y ! »
Enfin, Eberl et Freund se sont rendus à Manchester pour tout régler lors d’un dernier entretien : « À trois heures du matin, Vinnie a dit : "D’accord, je veux dormir une nuit là-dessus et en parler à ma femme." Je me suis allongé sur son canapé. Il m’a demandé : "Qu’est-ce que tu fais là ?" J’ai répondu : "Uli m’a dit que je n’avais pas le droit de quitter ta maison avant que tu aies signé." Il m’a alors dit : "Oui, Max, je vais le faire. Mais je dois d’abord en parler à ma femme." À la fin, il a quand même réussi à me pousser vers la sortie », a raconté Eberl.
Kompany est l’entraîneur principal du Bayern Munich depuis l’été 2024. Sous la direction du Belge, le club le plus titré d’Allemagne a jusqu’ici remporté deux championnats d’Allemagne, deux Supercoupes de la DFL ainsi qu’une Coupe d’Allemagne.



