Battre le champion du monde est un rêve qui anime toute sélection nationale. Si les rêves ne se concrétisent pas toujours, le destin a souri à l’équipe saoudienne, qui a vu le sien se réaliser. Mais l’euphorie a vite tourné au cauchemar dont elle n’est toujours pas parvenue à émerger.
Getty ImagesLes sélections arabes à la Coupe du monde… L’Argentine sous pression… Les « Verts », victimes d’une victoire illusoire
Une victoire historique
La sélection saoudienne a signé une victoire historique lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, entamant son parcours par un succès 2-1 contre l’Argentine, alors championne de la Copa América, après avoir concédé l’ouverture du score.
Ce succès a mis fin à la série d’invincibilité de l’Albiceleste, alors longue de 36 matchs, et a propulsé l’Arabie saoudite au rang de première nation arabe et asiatique à battre les « danseurs de tango » dans l’histoire de la Coupe du monde.
De plus, les « Verts » sont devenus la première équipe à battre l’Argentine après avoir été menés au score dans l’histoire de la Coupe du monde, une performance qui n’avait pas été réalisée depuis l’exploit de l’Allemagne en 1958.
Des statistiques remarquables qui ont transformé cette victoire en une épopée, censée annoncer d’autres exploits face au futur champion du monde, mais qui est restée sans suite.
Une victoire illusoire
Après la rencontre, le technicien français Hervé Renard, alors à la tête de l’équipe nationale saoudienne, a souligné le rôle de la chance qui a souri aux « Verts », estimant que, si la rencontre avait été rejouée plusieurs fois, le résultat n’aurait pas été le même.
Ses propos interviennent alors que tout le monde s’attendait à une défaite cuisante de la sélection saoudienne, surtout après l’ouverture du score argentine dès la 10e minute sur penalty.
Après l’ouverture du score, les « danseurs du tango » ont inscrit trois autres buts durant le seul premier acte, mais tous ont été refusés pour hors-jeu, préservant ainsi les « Verts » d’une défaite cuisante dès la mi-temps.
Le champion du monde… et l'adieu
Contrairement aux attentes, la sélection saoudienne n’a pas confirmé après sa victoire historique. Un simple point face à la Pologne ou au Mexique aurait pourtant suffi pour valider son billet pour le tour suivant.
Les « Verts » ont finalement perdu leurs deux rencontres, quittant ainsi la Coupe du monde dès la phase de groupes avec seulement trois points, et manquant pour la deuxième fois de leur histoire, et pour la première fois depuis leur unique qualification en 1994, le rendez-vous des huitièmes de finale.
Les coéquipiers de Salman Al-Faraj ont donc manqué le titre honorifique de « champions du monde des pays arabes », revenu au Maroc, première sélection arabe et africaine à atteindre les demi-finales, avant de conclure l’épreuve à la quatrième place.
Dans le même temps, l’Argentine a validé son billet pour le tour suivant en tête du groupe avec 6 points, grâce à ses succès contre le Mexique et la Pologne, avant de poursuivre son parcours jusqu’à soulever le trophée pour la troisième fois de son histoire, et la première depuis 36 ans.
La Coupe du monde… Première déception, mais certainement pas la dernière.
Terminer dernier de son groupe en phase de groupes de la Coupe du monde, malgré une victoire historique sur le futur champion, est une déception. Mais l’élimination n’est rien comparée à ce que la sélection saoudienne a vécu ensuite.
Quelques mois après la compétition, Renard a quitté la sélection pour prendre les rênes de l’équipe de France féminine, une décision inattendue qui a placé la Fédération saoudienne de football dans une situation délicate.
La Fédération saoudienne a alors recruté Roberto Mancini, fraîchement couronné champion d’Europe avec l’Italie, mais l’expérience s’est révélée décevante : résultats médiocres et tensions récurrentes avec les cadres de l’équipe.
Le départ de Mancini devenait inévitable après la dégradation des résultats lors des qualifications pour la Coupe du monde 2026. Plus surprenant : le retour de Renard, malgré l’échec de son aventure dans son pays.
Avec le technicien français, la dynamique ne s’inverse pas : les performances restent médiocres. Certes, il qualifie l’équipe pour la Coupe du monde 2026, mais seulement après un passage laborieux par les barrages asiatiques.
Après une série de critiques, il a de nouveau quitté la tête de l’équipe, cette fois contre son gré, moins de deux mois avant le début de la Coupe du monde. Le Grec Giorgos Donis lui a succédé.
L'ère des compétitions est désormais derrière nous.
Cette désorganisation a entraîné l’élimination de toutes les compétitions possibles, de la plus mauvaise manière qui soit, et confirmé l’incapacité à reconquérir les titres manquants depuis près de 23 ans.
Après le Mondial 2022, l’équipe a été éliminée dès le premier tour de la Coupe du Golfe 2023, avec une unique victoire contre le Yémen, puis des défaites face à l’Irak et à Oman.
Puis, les « Verts » ont été éliminés dès les huitièmes de finale de la Coupe d’Asie, battus aux tirs au but par la Corée du Sud, après avoir pourtant franchi un groupe à leur portée composé d’Oman, du Kirghizistan et de la Thaïlande.
En 2024, l’équipe a aussi chuté en demi-finale du Gulf Cup face à Oman (1-2), malgré un parcours initial partagé avec Bahreïn, le Yémen et l’Irak.
L’année dernière, la série noire s’est poursuivie : élimination en quarts de finale de la Gold Cup face au Mexique (0-2), puis arrêt en demi-finales de la Coupe arabe contre la Jordanie (0-1).
Coupe du monde 2026 : l’Argentine nourrit de nouveaux espoirs
Aujourd’hui, l’équipe d’Arabie saoudite dispose d’une nouvelle occasion de concrétiser son ambition, restée en suspens depuis sa victoire historique sur l’Argentine. Elle défiera un autre champion continental, l’Espagne, que beaucoup d’observateurs voient déjà soulever la Coupe du monde.
Le groupe, animé par de nouveaux rêves et des ambitions renouvelées, est désormais guidé par l’entraîneur grec Georgios Donis, déterminé à marquer l’histoire avec son premier poste sur un banc national.
L’occasion en or pour les « Verts » ne réside pas dans la répétition du miracle argentin face à l’Espagne, mais dans la réalisation de ce qu’ils n’ont pas réussi à faire après cette victoire historique : se qualifier pour le tour suivant, un objectif qui échappe à la sélection depuis 32 ans.
Avec l’élargissement de la compétition, les deux premiers de chaque groupe ainsi que les huit meilleurs troisièmes des douze poules accèdent directement aux 16es de finale.
Ces nouvelles règles offrent un double avantage : franchir enfin le premier tour et, en cas de deuxième place, croiser un adversaire plus abordable en huitièmes, donc augmenter les chances d’atteindre les quarts.
Au « Green Falcons » de laisser derrière eux le poids de leur exploit face à l’Argentine et de poursuivre leur route pour inscrire un nouveau chapitre, encore plus grand, dans l’histoire du football saoudien.
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