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Le joueur d’échecs Olysse, véritable maestro, met fin à la monotonie en France

Comme l’écrit Albert Camus dans la première phrase de « L’Étranger » : « La France a joué aujourd’hui. Ou peut-être hier. Je ne saurais le dire avec certitude. » Aucune autre formule ne résume mieux la situation des Bleus ces dernières années. Le fossé entre l’imaginaire suscité par leurs stars et la réalité du terrain continue de surprendre. Sur le papier, la France paraît toujours plus forte à l’aube de chaque tournoi.

Les talents affluent à un rythme effréné et les générations dorées se succèdent, au point que chaque liste de 23 joueurs semble capable de prétendre au titre. Alors que le sélectionneur Didier Deschamps se prépare pour la Coupe du monde 2026 – sa troisième et dernière à la tête des Bleus –, l’équipe bis alignée en mars dernier contre la Colombie paraissait, sur le papier, capable de terminer deuxième meilleure équipe du tournoi. Pourtant, la réalité du terrain, sous la houlette de Deschamps, s’écarte souvent de cette carte postale. Malgré deux finales de Coupe du monde consécutives, les Bleus ont bâti la réputation d’en faire le moins possible avec un effectif pourtant talentueux, privilégiant le travail acharné et la discipline tactique au détriment du jeu flamboyant attendu par le public.

C’est le constat dressé par le journaliste James Horncastle sur le site The Athletic après le match France-Sénégal, concluant sur une question cruciale : comment une équipe dotée d’un tel vivier de talents, surtout en attaque, peut-elle encore produire des performances si éloignées de son potentiel ?

  • La première mi-temps face au Sénégal… Un nouveau visage du casse-tête français.

    Au MetLife Stadium, lors du match d’ouverture de la Coupe du monde 2026 entre la France et le Sénégal, la première période a incarné à la perfection le style de Didier Deschamps. Malgré la présence dans ses rangs de Kylian Mbappé, Michael Olise, Ousmane Dembélé et Désiré Doué, le champion du monde a semblé terne durant quarante-cinq minutes, posant une question légitime : comment une équipe comptant de tels noms peut-elle se montrer aussi ennuyeuse ? Le rythme était lent, les solutions rares et l’enthousiasme aux abonnés absents, un scénario rappelant l’Euro deux ans plus tôt, lorsque les Bleus avaient atteint les demi-finales sans inscrire le moindre but en jeu ouvert.

    Depuis, Dembélé a remporté le Ballon d’or, Doi a été désigné meilleur joueur de la finale de la Ligue des champions 2025 et Oulissi a bouclé sa saison au Bayern Munich avec 26 passes décisives au compteur. Malgré ce talent, les Bleus réclament toujours un profil capable de briser les lignes et d’apporter une dimension supplémentaire.

    À la mi-temps, le sélectionneur avait donc un défi clair : trouver le joueur capable de casser le rythme et d’apporter un souffle nouveau. Lire aussi : Les détails sont réglés… Le Bayern prépare une prime exceptionnelle pour Oulissi

    Puis arriva la seconde période. Interrogé sur la défaite des Bleus face au Sénégal lors d’un précédent match à Séoul, Didier Deschamps a toutefois rejeté l’idée de revanche, déclarant : « La plupart des joueurs de mon équipe n’étaient même pas nés en 2002. J’ai regardé le match, mais je n’étais pas là. Je sais que vous aimez la revanche, mais la revanche n’a pas sa place dans le football. »

  • Olisé change la donne… Un joueur d’échecs qui réfléchit avant de jouer

    En deuxième mi-temps de la victoire 3-1 contre le Sénégal, il ne faisait plus aucun doute que la France était bien là pour le tournoi.

    Si Didier Deschamps a souvent su imposer un jeu pragmatique et calculé à des générations françaises pourtant talentueuses, son plus grand défi reste de modeler un profil atypique comme Michael Olise. Une équation loin d’être évidente.

    Dès les premières minutes, il a abandonné son poste d’ailier pour venir en soutien des deux centraux et d’Aurélien Tchouaméni, participant ainsi à la construction du jeu depuis l’arrière. Par moments, il se retrouvait plus proche de sa propre surface de réparation que de celle adverse.

    Après la pause, il a toutefois bénéficié d’une plus grande liberté dans les zones avancées. Alors que Mbappé portait le maillot n° 10, le rôle de meneur de jeu semblait désormais lui échoir, Deschamps lui confiant de plus en plus le ballon au milieu de terrain.

    Didier Deschamps a résumé la métamorphose : « Notre jeu s’est considérablement amélioré en deuxième mi-temps. Michael nous a apporté davantage de cohésion. Nous étions un peu à l’étroit, mais il a la capacité de jouer sur les deux ailes, et plus il avait l’occasion de toucher le ballon, plus son influence grandissait. »

    Tel un joueur d’échecs pressentant des coups invisibles aux autres, ses déplacements ont déstabilisé la défense sénégalaise et sa passe décisive, à l’origine du premier but français, s’est révélée bien plus qu’un éclair de génie : elle a contraint l’adversaire à revoir totalement son approche.

    D’un coup, le Sénégal a dû sortir de sa défense compacte, des espaces se sont ouverts et la rencontre est passée d’une impasse à un affrontement ouvert.

    Lire aussi : El-Salamy : « Nous avons montré un autre visage des Nashama… et c’est ce qui compte pour nous avant le match contre l’Algérie »

  • Henry salue la performance d’O’Lisi, qui confirme sa singularité.

    L'influence d'O'Lisi ne s'est pas limitée à une simple impression fugace. Sa passe décisive sur le premier but a totalement fait basculer la rencontre, au point que Thierry Henry l'a salué en direct sur la chaîne Fox.

    « C’est un rêve devenu réalité, a déclaré Henry. Il ne se contente pas de jouer, il réfléchit au jeu. »

    L’ancienne star française, qui a coaché Oulissi chez les Bleus U21, a ajouté : « Michael a un impact sur les matchs que je ne peux pas décrire. » 

    En préparant un but face au Sénégal, Oulissi porte à dix son nombre de participations aux buts de l’équipe de France en seulement 18 sélections, un total que seul Kylian Mbappé a surpassé depuis le début du siècle.

    D’autant plus impressionnant que cet impact s’est produit sur une pelouse que Didier Deschamps a jugée « difficile », déclarant : « Il va falloir s’y habituer, c’est certain. Il y a peut-être du béton sous le gazon. Le gazon est très court ici. » Mais le terrain n’a posé aucun problème à Oulissi. Quand un joueur doté d’une telle intelligence de jeu est sur la pelouse, la question de l’intérêt de regarder les Bleus ne se pose plus. Les minutes qui ont précédé sa passe décisive n’étaient pas du temps perdu, mais l’attente du moment où un joueur capable de transformer l’ennui en émerveillement ferait son apparition.

    Car la valeur d’Oulissi pour les Bleus ne réside pas seulement dans ses buts ou ses passes, mais aussi dans sa capacité à offrir à l’équipe de Deschamps ce qui lui faisait défaut : l’effet de surprise.

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  • Personne ne peut rattraper la France… Un moment magique.

    De son côté, l’ancienne star suédoise Zlatan Ibrahimović a rejeté l’idée selon laquelle la France aurait joué avec arrogance pendant les 45 premières minutes du match contre le Sénégal. 

    « Les ignorants parleront d’arrogance, les plus avisés identifieront de la confiance en soi », a-t-il analysé sur le plateau de Fox.

    Il a ajouté : « Mais quand on parle de l’équipe dans son ensemble, on parle de l’équipe de France. Quand elle élève son niveau de jeu, peu de sélections sont capables de rivaliser avec elle… Quand elle élève son niveau de jeu, personne ne peut la rattraper. »

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    Au final, c’est un bon résultat pour les Bleus en ce début de route vers une troisième finale consécutive de Coupe du monde. Pour Ibrahimović, c’est l’essentiel, bien plus que la performance de mardi.

    Il a toutefois tenu à saluer la performance de Mbappé, déclarant : « Ce fut un moment magique pour Mbappé. Le deuxième but était époustouflant. Mais même le premier, cette passe d’Olisé qui a fait passer le ballon entre trois ou quatre joueurs avant de laisser Mbappé seul face au but pour un tir magnifique, était vraiment incroyable. Il marque des buts dans chaque match qu’il dispute. »