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Argentina v Switzerland: Quarter Final - FIFA World Cup 2026Getty Images Sport
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Bono et Schober sont meilleurs que lui… Martinez sauvera-t-il sa réputation face à l’Angleterre ?

Dans le football, certains moments propulsent des joueurs au rang de légendes, des exploits difficiles à réitérer, mais le défi le plus difficile commence après ces exploits, lorsqu’ils tentent de rester au sommet. C’est précisément la situation d’Emiliano « Dibu » Martínez à la Coupe du monde 2026 : arrivé au Qatar comme champion du monde et meilleur gardien de sa génération en Argentine, il doit désormais répondre à des statistiques qui posent une question inattendue il y a quatre ans : est-il toujours le même gardien qui a porté la sélection des « danseurs de tango » jusqu’au sacre qatari ?

  • Confession rare : une fracture du doigt

    Il suffit de se remémorer les dernières secondes de la finale de la Coupe du monde 2022 pour mesurer l’importance de Martínez. Son arrêt réflexe face à Randal Kolo Muani, suivi de sa parade sur le penalty de Kingsley Coman, ont propulsé ce gardien, jusque-là prêté à des clubs européens de second plan, au rang de héros national.

    Mais lors de la Coupe du monde 2026, le scénario a été bien différent. En huitièmes de finale face à l’Égypte, Mostafa Shouber a réalisé dix arrêts, contre seulement quatre pour Martínez. Si l’Argentine a bien validé son billet pour le tour suivant, les statistiques racontent une autre histoire : tandis que le portier égyptien signait une performance XXL, le champion du monde a conclu la rencontre avec des chiffres bien en deçà de sa réputation.

    Le portier en a convenu : après la rencontre, il a reconnu ne pas avoir apporté à son équipe l’aide qu’il aurait souhaité, une déclaration rare pour un gardien habituellement armé d’une confiance absolue et d’une capacité à s’imposer dans les grands rendez-vous.

    La fracture au doigt subie avant la finale de la Ligue Europa avec Aston Villa, environ un mois avant le Mondial, peut expliquer en partie ce passage à vide, sans pour autant tout justifier.

  • Ironie suprême : le déclin avait déjà commencé tôt.

    Le paradoxe le plus frappant réside dans la comparaison entre deux facettes d’un même joueur. Au Qatar en 2022, Martinez a encaissé huit buts tout au long du tournoi, dans une atmosphère de confiance absolue et en réalisant des arrêts décisifs dans les moments clés.

    Après le Qatar, il a confirmé son statut de référence mondiale en raflant le prix Yashin du meilleur gardien en 2023 puis 2024, devenant ainsi le joueur le plus titré de l’histoire de cette récompense.

    Mais lors de l’édition 2025, le couperet tombe : Gianluigi Donnarumma rafle la mise avec une avance écrasante (486 points) tandis que Martínez, crédité de seulement sept unités, chute à la huitième place, derrière Yassine Bono et Thibaut Courtois. Sa carrière semblait alors s’enliser jusqu’à ce que la Coupe du monde lui offre une chance de rebondir.

  • Les statistiques sont implacables : la courbe est à la baisse.

    Lors de cette Coupe du monde nord-américaine, le gardien argentin n’a encaissé que six buts jusqu’aux quarts de finale, un total mathématiquement inférieur à celui de l’édition précédente. Toutefois, cette statistique ne s’est pas traduite par une prestation individuelle convaincante : le portier a semblé chercher son rythme plutôt que de l’imposer.

    Les statistiques confirment cette impression : Martínez n’a réalisé que 8 arrêts, tandis qu’Orlando Gil, le gardien paraguayen, pointe en tête du classement avec 23 interventions jusqu’aux quarts de finale.

    Il n’a pas non plus intégré le classement FIFA Power Ranking des meilleurs gardiens, contrairement à Bono et Schober, présents dans le top 5 du tournoi.

    Dans ce classement, Martínez pointe à la 22e place des gardiens du Mondial avec 5,13 points, même s’il a récemment gagné six places d’un coup. De son côté, le Marocain Yassine Bono, sorti en quarts de finale contre la France, pointe à la quatrième place avec 7,98 points, après avoir gagné six rangs d’un coup.

    Mostafa Shobeir pointe à la cinquième place avec 7,78 points, tandis que Jordan Pickford, futur adversaire de l’Argentine à Atlanta, suit de près avec 7,76 points (6e).

    Le classement complet confirme cette hiérarchie : Diego Costa (Portugal) mène avec 8,95, devant Gregor Kobel (Suisse, 8,24) et Orlando Gil (Paraguay, 8,13), devant Fayçin Bono (Maroc) avec 7,98 après une progression de six places.

    Même Alisson, le gardien brésilien sorti en huitièmes, le devance avec une note de 5,36, malgré sa 19e place.

    Dans ce même classement, Martinez ne devance que Yahia Fofana (Côte d’Ivoire), Patrick Beach (Australie) et Lionel Mpasi (République démocratique du Congo), tous gardiens d’équipes éliminées dès les premiers tours de la compétition.

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  • La plus grande menace… Le redoutable duo anglais

    Le principal problème auquel Martinez est désormais confronté ne se limite pas à son classement et à ses performances en baisse, mais concerne également la nature même de l'adversaire.

    L’attaquant et capitaine anglais Harry Kane a marqué 6 buts lors de la Coupe du monde 2026, devenant le troisième joueur britannique à atteindre ce total lors d’une même édition majeure, après Gary Lineker en 1986 et lui-même en 2018.

    Quant à Jude Bellingham, il a lui aussi inscrit 6 buts lors de la compétition, dont cinq en jeu ouvert, ce qui fait de lui le milieu de terrain le plus prolifique de l’histoire en une seule édition de la Coupe du monde. Il porte ainsi son total à 7 buts en phase finale, prenant la 3^e place du classement des meilleurs buteurs anglais de l’histoire de la compétition, derrière Kane (14 buts) et Lineker (10 buts).

    Le duo ne constitue donc pas une simple menace individuelle, mais deux lignes d’attaque parallèles totalisant 12 buts, un cumul qui accentue la pression sur un gardien qui aborde la rencontre avec le classement officiel le plus bas parmi les demi-finalistes.

  • Le miracle va-t-il se produire ?

    Emiliano Martínez possède des qualités qui ne se mesurent pas en chiffres : sa personnalité, son charisme et sa capacité à créer ces moments qui peuvent changer le cours d’un tournoi tout entier. Mais la différence entre l’édition du Qatar et celle d’Amérique du Nord n’est plus une simple impression : elle est désormais étayée par des chiffres.

    Le gardien, habitué à voler la vedette à chaque match, aborde cette demi-finale avec la nécessité de prouver que la légende de 2022 est toujours vivante et que ses parades décisives ne appartiennent pas au passé. Parviendra-t-il à inverser la tendance face à ses détracteurs dans les derniers instants ?