Pourquoi la boxe et le football sont-ils si étroitement liés ? Sur le plan des qualités requises, ces deux sports sont pourtant aux antipodes. L’un exige de l’adresse avec les pieds, l’autre une vitesse de mains fascinante. Hormis, peut-être, la légèreté sur les appuis, peu de qualités semblent transposables de l’un à l’autre.
Ce lien ne tient ni à leur apparence ni aux talents individuels qu’ils exigent. Il trouve ses racines dans la structure de la société et la hiérarchie des classes sociales. Pour beaucoup, les gants et les crampons offrent une porte de sortie, une échappatoire au quotidien, un exutoire et une sorte de famille au sein de laquelle trouver sa place.
Si l’argent coule aujourd’hui à flots dans les deux sports, chacun est né dans un environnement moins prestigieux, façonné par les valeurs des classes populaires. Ce sont ces liens qui ne se rompront jamais.
Chris Billam-Smith, ancien détenteur du titre mondial WBO des lourds-légers et fervent supporter de Bournemouth, en convient. Interrogé par GOAL sur ce qui unit ses deux passions sportives, il répond : « C’est une bonne question. Je pense que ces deux sports attirent assurément le même genre de supporters.
« Je pense que les amateurs de boxe sont toujours passionnés parce qu’en général, ils regardent le football dans la journée avant d’aller voir la boxe. Ils sont donc toujours un peu plus éméchés et un peu plus animés que pendant les matches de football ! Mais la passion est toujours là. Et je pense que lorsque les supporters se rangent derrière un boxeur britannique, ou soutiennent simplement la scène britannique de la boxe, ils montrent qu’ils transmettent aux boxeurs la passion qu’ils éprouvent pour le football. »
Invité à dire si tant de boxeurs sont de fervents supporters de football parce que ces institutions sont au cœur de chaque communauté et rassemblent des personnes de tous horizons, Billam-Smith ajoute : « Pour moi, c’est exactement ça. L’AFC Bournemouth est au cœur de la communauté, au cœur de la ville. Le club est une immense source d’inspiration pour la ville, au vu de tout ce qu’il a accompli ces 10 à 15 dernières années. J’y ai moi aussi puisé de l’inspiration. C’est donc formidable de faire partie de cette ville. Et bien sûr, le club a été fantastique avec moi : il s’est vraiment mobilisé derrière moi et m’a soutenu. »
À l’image de l’équipe de football de Bournemouth de 2026-27, qui s’est acquis un soutien fervent, Billam-Smith mérite pleinement celui des plusieurs milliers de personnes qui l’entourent désormais, et dont le nombre continue de croître.
Évoquant la manière dont il en est arrivé là grâce à un état d’esprit qu’il partage avec les footballeurs de haut niveau, celui qui permet aux meilleurs de s’imposer malgré une pression et des attentes croissantes, auxquelles seule une poignée parvient à résister, il déclare : « Je pense qu’on en parle, mais qu’on sous-estime son importance dans tous les domaines de la vie. C’est l’état d’esprit qui permet à quiconque d’atteindre le sommet dans son domaine, j’en suis convaincu, surtout dans le sport.
« On parle de talent et de tout ça, mais le talent peut être surestimé. Et je pense que si on en a très tôt, si on est doué dès le plus jeune âge, cela peut souvent nuire à certaines personnes, parce qu’elles s’y accrochent et se disent qu’elles n’ont pas besoin de s’entraîner, de progresser ou quoi que ce soit d’autre. Je pense donc qu’il est important de toujours avoir un mental solide, et c’est ce qui permet d’aller au bout. »