Tout vient à point à qui sait attendre, apparemment. Lundi soir, peu avant 23 heures, plus d’une heure après l’heure à laquelle l’interminable cérémonie du Ballon d’or aurait dû s’achever, Harry Kane a été désigné lauréat du Ballon d’or masculin 2026. Il est immédiatement apparu à quel point cette récompense comptait pour lui.
Kane a porté les mains à son visage et pris un instant pour retrouver ses esprits. Même après être monté sur la scène du London Palladium, non sans avoir élégamment serré la main de ses principaux rivaux pour le trophée, l’Anglais peinait à trouver ses mots. Il a répété « Waouh ! » encore et encore.
« Je suis presque sans voix », a déclaré l’attaquant. En réalité, il en était loin. Kane a parlé pendant plus de 12 minutes, ce dont personne n’avait vraiment envie à la fin d’une émission qui avait duré des heures. Il était toutefois difficile de lui reprocher de profiter de cet instant sous les projecteurs, d’autant qu’il a consacré l’essentiel de son temps sur scène à remercier ceux qui, selon lui, lui avaient permis d’en arriver là.
Du Kane tout craché : une modestie qui frôle l’excès et qui illustre parfaitement pourquoi son sacre fait du bien. Alors que d’autres mettaient en avant leurs chances de l’emporter avant la cérémonie, Kane minimisait les siennes, conscient que l’absence de titre majeur en sélection ou en club à son palmarès pouvait lui coûter cher. Il a beau avoir mené le Bayern à un doublé national la saison dernière, il risquait, comme l’a souligné Mauricio Pochettino, ancien entraîneur de Tottenham, d’être « sanctionné » pour n’avoir remporté ni la Coupe du monde ni la Ligue des champions.
Mais s’il y a bien une chose que l’on sait, c’est que les votants du Ballon d’or accordent plus d’importance aux buts qu’à tout le reste. Or, personne n’en a marqué davantage que Kane (73) au cours de la saison 2025-2026. En fait, seul Lionel Messi en a inscrit plus sur une saison européenne (81 en 2011-2012).
Le débat autour du sacre de Kane continuera, sans aucun doute, à faire rage, mais surtout à Madrid et à Barcelone. Car le reste du monde du football reconnaît que son parcours, fait de persévérance et d’excellence, mérite amplement d’être célébré.




