« Je n’aurais jamais pensé dépenser autant d’argent pour un footballeur », avait déclaré Sir Alex Ferguson après l’arrivée de Juan Sebastian Veron à Manchester United en provenance de la Lazio, pour la somme de 28,1 millions de livres, un record britannique à l’époque, en juillet 2001. « Je pense qu’il aborde les meilleures années de sa carrière, qu’il va atteindre son apogée et que nous en profiterons. C’est un footballeur fantastique, de classe mondiale, doté d’une vision du jeu dont nous pouvons tirer parti. »
L’avis de Ferguson sur Veron était partagé par presque tout le monde, y compris par la légende de Liverpool Mark Lawrenson, qui avait reconnu à contrecœur auprès de BBC Sport que l’Argentin rendrait Manchester United « imbattable » en Premier League. Le club venait de remporter le titre lors des trois saisons précédentes, avec 10 points d’avance sur Arsenal lors de la plus récente. L’affirmation paraissait donc plausible.
Le pedigree de Veron ne faisait aucun doute. Il s’était d’abord révélé avec l’Argentine lors de la Coupe du monde 1998, ce qui lui avait valu un transfert à Parme, en Italie. Après avoir joué un rôle clé dans le doublé Coupe d’Italie-Coupe de l’UEFA du club lors de son unique saison sur place, Veron avait été recruté par la Lazio pour 18,1 millions de livres en 1999.
Le hasard voulut que Veron fasse ses débuts avec le géant de Serie A contre Manchester United en Supercoupe de l’UEFA. Sa prestation lors de la victoire 1-0 de la Lazio avait durablement marqué Ferguson. Sous la direction de Sven-Goran Eriksson, la Lazio avait remporté le Scudetto, la Coupe d’Italie et la Supercoupe de l’UEFA, avec Veron en maître à jouer. Surnommé « La petite sorcière », en référence à son père, la légende d’Estudiantes Juan Ramon, Veron ensorcelait adversaires et supporters semaine après semaine.
Mais Veron avait finalement atteint son apogée à la Lazio, et non à Manchester United. Il n’allait inscrire que 11 buts en 82 matches pour le club mancunien et, après son départ pour Chelsea à l’été 2003, allait être considéré comme l’un des plus grands flops de l’histoire de la Premier League.
Alors que les deux clubs de Premier League pour lesquels Veron a joué doivent s’affronter samedi à Stamford Bridge, le moment semble toutefois bien choisi pour réévaluer son parcours. Oui, Veron n’a pas répondu aux attentes à Old Trafford, mais le meneur de jeu au bouc n’a pas été un échec total : il était simplement en avance sur son temps.










