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Inter Miami GFX 1-1GOAL

Conçu pour Lionel Messi, pas préparé sans lui : pourquoi l’Inter Miami a besoin d’un plan de succession sous peine de retomber dans la médiocrité

Thomas Hindle
Traduit par
  • Au coup de sifflet final, ces derniers temps, Lionel Messi a eu tendance à faire la même chose.

    Il y a peu de politesses d’après-match et il s’attarde rarement sur la pelouse. À la place, la star de l’Inter Miami baisse la tête et file tout droit vers le tunnel. Messi joue au football. Puis il disparaît.

    Pris isolément, il n’y a pas grand-chose à redire à cela. Messi a 39 ans, il est sans doute le plus grand joueur de tous les temps et n’a aucune obligation d’offrir un spectacle une fois le match terminé. Pourtant, à cet instant précis, l’image paraît révélatrice. Tout le projet sportif et commercial de Miami tourne autour de lui. Messi joue, et Miami suit.

    Cet arrangement a fonctionné. Messi a contribué à transformer l’une des pires équipes de MLS en championne et a fait de Miami une marque mondiale. Il ne l’a pas fait seul, bien sûr. Le projet a été soutenu par l’immense puissance financière de Jorge Mas ainsi que par le profil et l’influence de David Beckham. Ensemble, cela a constitué une formule presque parfaite.

    C’est aussi une formule avec une date d’expiration.

    Messi a 39 ans. La Coupe du monde 2026, largement considérée comme le point final naturel de sa carrière internationale, est passée. Sa récente publication sur Instagram à la suite de la mort de son père a également soulevé des questions sur la durée pendant laquelle il souhaite encore continuer à jouer. Son contrat avec Miami court jusqu’à la saison 2028, mais aucun contrat ne peut garantir qu’un joueur de 39 ans ira jusqu’à son terme.

    Et donc, la responsabilité revient à Miami. Messi a le contrôle total sur son avenir, mais le club ferait bien de commencer à réfléchir sérieusement au sien. Si Miami continue de s’en remettre à lui comme réponse à tout, son avenir après Messi pourrait sembler particulièrement sombre.

  • Une mauvaise équipe portée à bout de bras

    Lionel Messi
    Getty

    Messi a souvent affiché de la frustration après le coup de sifflet final cette saison

    L’état actuel de Miami est difficile à définir. Une chose fondamentale est claire : ce n’est pas une équipe de football particulièrement bonne. Sa correction 4-1 infligée par Nashville samedi soir a tout résumé. Miami a eu la majorité de la possession, mais a été découpé en contre.

    Son milieu de terrain était trop lent. Les espaces étaient trop grands. Hany Mukhtar, un numéro 10 redoutable qui met à mal les meilleures équipes de cette ligue, s’est véritablement joué de l’Inter Miami. Il a inscrit un doublé. Sam Surridge en a ajouté un autre. Andy Najar en a inscrit un de plus, le latéral droit se projetant vers l’avant pour conclure alors que Miami ne parvenait à rien développer qui ressemble à une organisation défensive. Eddi Tagseth et Matthew Corcoran les ont fait tourner en bourrique dans l’entrejeu. Ce fut une soirée misérable pour Miami.

    C’était aussi emblématique d’une formule claire pour les battre : museler Messi, ou au moins le limiter autant que possible, et les faiblesses de Miami apparaissent au grand jour. Messi ne veut pas défendre. Luis Suarez, 39 ans et sincèrement en train de faire de son mieux, n’a plus les jambes. L’activité de Rodrigo De Paul sur le côté droit du milieu ne peut pas être remise en question, mais Casemiro, recrue phare post-Coupe du monde, patauge dans l’axe. Cela ne devrait pas être une surprise, mais l’écart entre Jordi Alba et un Sergio Reguilón qui n’a pas joué régulièrement depuis 2022 est vraiment frappant. Il n’existe aucun remède tactique pour corriger ces défauts évidents. Miami est, au mieux, une équipe moyenne des playoffs portée par un seul homme.

  • Une stratégie de transferts abyssale

    casemiro

    Les plans de transferts de Miami ne laissent guère penser qu’ils ont réfléchi à ce à quoi ressemble le monde après Messi

    Bien sûr, ces défauts peuvent être corrigés, non ? Tout observateur objectif peut regarder un effectif, en analyser les failles et identifier les principaux secteurs à améliorer. Même dans l’univers des plafonds salariaux restrictifs, l’Inter Miami a fait preuve de créativité. Que les supporters adverses l’apprécient ou non, les Herons ont réalisé quelques acrobaties financières pour recruter de grands noms.

    Il est évident, par exemple, que Miami a besoin de jambes dans les secteurs offensifs et au milieu de terrain. Les milieux centraux d’élite ne courent pas les rues, et ils ne signent pas toujours en MLS non plus. Pourtant, il existe un monde dans lequel, par exemple, N'Golo Kante aurait pu être recruté à la place de Casemiro. Peut-être que dépenser 15 millions de dollars pour German Berterame, un attaquant qui n’est pas particulièrement bon dans un domaine précis, n’était pas la décision la plus judicieuse. Benjamin Cremaschi aurait aussi pu forcer son départ après avoir eu le sentiment d’être mal utilisé par Javier Mascherano, ce qu’il a admis ouvertement dans une interview. Avec davantage d’attention à son égard, Miami aurait peut-être eu un jeune milieu central plus évident, énergique, autour duquel construire.

    Le problème, c’est que Messi prend certainement certaines décisions ici. Cela remonte directement à 2023, lorsque Sergio Busquets et Alba auraient tous deux été recrutés pour encourager Messi à venir. De Paul a révélé que son envie de jouer aux côtés de Messi et de rester affûté pour la Coupe du monde, lui et Messi auraient apparemment effectué des séances d’entraînement supplémentaires à l’approche du tournoi, a été la principale raison de son départ de l’Atletico Madrid.

    Même Casemiro, qui a été le rival de Messi pendant des années au Real Madrid, a affirmé qu’il était à Miami au service du GOAT :

    « Pour moi, sans aucun doute, je viens seulement pour jouer avec le meilleur joueur de tous les temps », a-t-il déclaré aux journalistes lors de sa conférence de presse de présentation. « Je veux prendre du plaisir, je veux l’aider à continuer à gagner parce que c’est un gagnant. Un autre joueur arrive, qui veut gagner, qui veut rivaliser.

  • Que se passe-t-il si Messi part ?

    Lionel Messi Inter Miami 2026
    Getty

    Le départ de l’Argentin sera sûrement un coup dur, à chaque fois qu’il marche

    Mais que Messi soit ou non celui qui passe les coups de fil n’a aucune importance. Le fait est qu’il s’agit d’une équipe assemblée pour le satisfaire, pas d’une formation gagnante durable. Et Miami doit réfléchir à ce que sera son avenir à long terme.

    C’est un moment particulier à l’échelle de la MLS. Le passage à un calendrier automne-printemps, prévu pour la saison 2027-2028, permettra aux équipes d’être actives sur le marché des transferts. Les propriétaires des franchises de MLS auraient, selon certaines informations, entendu des propositions sur une restructuration des règles salariales qui leur permettraient de dépenser davantage. C’est le moment où les équipes peuvent devenir un peu plus sérieuses, ou au moins y penser.

    Messi a un contrat qui court jusqu’à la fin de la saison 2028. Il est, techniquement, également lié au club pour la « sprint season » de l’année prochaine ainsi que pour la première campagne complète automne-printemps. Au minimum, Miami a encore une année complète, une campagne abrégée et ce qu’il reste de celle-ci avec son homme fort. Mais si Messi venait à partir à la fin de l’année, la situation paraîtrait sombre.

    Le club se retrouverait alors avec des DP coûteux qui ne correspondent pas vraiment au profil recherché. De Paul est sous contrat, avec un salaire de DP, jusqu’en 2029. Il en va de même pour Berterame. Casemiro n’occupe pas, à l’heure actuelle, de place de DP. Mais la flexibilité dont Miami a fait preuve avec De Paul, recruté avec un salaire inférieur avant de se voir offrir des conditions financières plus avantageuses, pourrait entrer en jeu.

  • Miami aurait dû se sauver tout seul

    Julian Alvarez
    Getty Images

    Un joueur comme Julian Alvarez serait un successeur idéal de Messi, mais probablement hors d’atteinte.

    Et ce serait le pire scénario possible à plusieurs niveaux. Ce dont Miami a finalement besoin, ce n’est pas simplement d’un autre joueur de très haut niveau, mais de quelqu’un capable de devenir le visage sportif et commercial du club. Julian Alvarez est le rêve. Il ne reproduirait pas l’attraction de Messi au guichet, aucun joueur ne le pourrait, mais sa qualité, son âge, son attractivité marketing, son volume de jeu et son lien avec l’Argentine font de lui le seul nom susceptible de servir de base à un véritable plan de succession.

    Même Alvarez, toutefois, relève davantage du fantasme que d’une solution simple. L’Atletico Madrid a payé un montant initial de 75 millions d’euros, avec 20 millions d’euros supplémentaires en bonus potentiels, pour le recruter en provenance de Manchester City en 2024. Cet été, le club espagnol aurait rejeté une offre de 150 millions d’euros du Real Madrid. Miami devrait donc présenter un package de transfert bien au-delà des dépenses habituelles en MLS avant même d’aborder son salaire.

    Alvarez est le seul nom qui offre ne serait-ce que les prémices d’un véritable plan de succession. Si Miami décide qu’un tel mouvement est financièrement impossible, la voie logique suivante pourrait être de se tourner vers une star américaine.

    Christian Pulisic et Weston McKennie sont les deux seuls noms qui aient vraiment du sens. Pulisic est le joueur américain en activité le plus identifiable, tandis que McKennie allie qualité, personnalité et un profil qui trouverait un écho aux États-Unis. Pourtant, aucun des deux ne possède quoi que ce soit qui se rapproche de l’attrait mondial de Messi au guichet. Ils pourraient faire partie de la prochaine version de l’Inter Miami ; on ne pourrait attendre d’aucun des deux qu’il remplace l’attraction autour de laquelle le club a été construit.

    C’est là le problème. Miami reste lié à Messi non seulement en tant que joueur, mais aussi en tant qu’entreprise. Sa présence stimule les contrats de sponsoring, la demande de billets et l’attention mondiale. Une tribune du Nu Stadium porte son nom, et son package de rémunération inclurait, selon certaines informations, des parts de propriété. C’est bien plus qu’une décision de football. Messi est le socle de l’ensemble du projet, et Miami n’a pas encore montré comment il entend le reconstruire quand il ne sera plus là.

  • Les Hérons freinés par des blessures

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    ZUMA Press Wire

    Les résultats récents laissent penser que Miami aura du mal à reproduire son succès en MLS Cup.

    Ce qui viendra ensuite, en revanche, est difficile à déterminer.

    Miami faisait partie des pires équipes de MLS avant l’arrivée de Messi. Le club avait recruté des stars confirmées comme Blaise Matuidi et Gonzalo Higuain, mais aucun des deux n’a eu un impact comparable à celui de Messi, et Miami figurait dans le tiers inférieur de la ligue en termes d’affluence. Au moment où Messi a rejoint le club en juillet 2023, Miami était pratiquement hors course pour les play-offs et n’avait jamais remporté de trophée. Phil Neville avait déjà été limogé, l’effectif présentait de nombreuses lacunes, et le club semblait aller droit dans le mur.

    Le danger, c’est que Miami finisse par retomber dans ce schéma. La transition arrive, et elle ne sera pas facile. Le club a construit une si grande partie de son identité sportive et commerciale autour de Messi, tandis que l’Argentin garde naturellement la main sur le moment où son aventure à Miami prendra fin. Cela laisse Miami avec très peu de marge pour préparer ce qui viendra ensuite.

    Il est tout à fait possible que Messi ait encore en lui un dernier effort herculéen et qu’il puisse mener Miami vers un autre trophée. Mais les résultats récents, en particulier une prestation désastreuse contre Nashville, laissent penser qu’y parvenir serait un défi colossal pour une équipe incomplète.

    En attendant, Miami en est réduit à regarder sa star quitter le terrain par le tunnel après chaque résultat frustrant, en se demandant ce qu’il restera lorsqu’il le fera pour la dernière fois.