Tous les quatre ans, le championnat d’Europe fait vibrer le continent. Dans chaque nation, les meilleurs joueurs venus des plus grands clubs débarquent avec la lourde charge de porter leur équipe vers les sommets, en endossant le maillot qui rime avec fierté nationale et (souvent) reconnaissance individuelle.
Quelles soient ibériques, francophones, scandinaves ou britanniques, les attaques viennent également armées de leurs meilleurs artilleurs, pour percer les défenses adverses et battre les records.
Mais faut-il vraiment récupérer les attaquants dans leur plus grande forme pour rêver d’un sacre ? La saison en club joue sans aucun doute un rôle sur le choix des sélectionneurs de retenir les meilleurs, mais a-t-elle des conséquences sur l’efficacité des joueurs lors d’une compétition internationale ?
Doit-on compter sur Ibrahimovic, étincelant au PSG, ou se laisser surprendre par Sigthorsson, en difficultés à Nantes ? Si aucune donnée ne peut prédire en avance ce que feront les buteurs durant cet Euro 2016, il y a tout de même des tendances qui se dégagent depuis plusieurs années.
Les performances en club, de bons présages pour briller à l’Euro 2016 ?
Dans l’histoire de l’Euro, les plus grands buteurs ont souvent été ceux qui s’étaient déjà illustrés en club, et notamment la même année que la compétition. Encore préparés physiquement et motivés pour continuer sur une bonne lancée, les grands joueurs de club demeurent souvent (et quand le collectif est à la hauteur) de grands internationaux.
Pendant l’Euro 2012, Cristiano Ronaldo inscrivait 46 buts avec le Real Madrid, et avait fini en beauté sa saison en inscrivant 3 buts en 5 matches avec le Portugal, ce qui faisait de lui le second meilleur buteur de la compétition. En 2008 le meilleur buteur avait également brillé en club : David Villa marquait 18 buts avec Valence avant d’en marquer 4 avec la sélection espagnole. Le meilleur buteur de l’Euro 2000, Savo Milosevic, avait inscrit 5 buts avec la Yougoslavie, mais aussi 21 buts avec le Real Saragosse. Et l’histoire continue depuis déjà 1992.

En revanche, comme toujours, l’exception confirme la règle. En 2004, l’Euro a réservé quelques surprises. Outre une Grèce étonnamment vainqueur, les deux meilleurs buteurs de la compétition n’étaient pas vraiment plus attendus : Wayne Rooney, alors âgé de 19 ans seulement et second meilleur buteur avec 4 réalisations, n’avait marqué que 9 buts lors d’une saison pleine avec Everton. Pire encore, le plus grand buteur de l’Euro était alors Milan Baros, qui n’avait inscrit qu’un seul petit but avec Liverpool.
Réussir dans son championnat national ne garantit néanmoins pas toujours de briller sur le continent. Car seuls deux joueurs ont réussi la performance d’être élus meilleur buteur de leur championnat et de l’Euro la même saison : Dennis Bergkamp en 1992, et Alan Shearer en 1996. Il y a 20 ans, donc.
Et lors du dernier Euro, en 2012, les meilleurs buteurs dans les 5 grands championnats européens avant l’Euro n’ont pas vraiment répondu aux attentes placées en eux, à l’instar d’Huntelaar, alors meilleur réalisateur de Bundesliga avec 29 unités, qui n’avait pas réussi à trouver le chemin des filets en trois rencontres avec les Pays-Bas.
GoalQue feront donc Ibrahimovic (38 buts en Ligue 1), Lewandowski (30 buts en Bundesliga) et Kane (25 buts en Premier League), respectivement meilleurs buteurs de leurs championnats, avec leurs sélections ? Les stars du PSG, du Bayern ou de Tottenham ont marqué les esprits cette saison, mais ils n’auront que quelques matches pour espérer faire taire définitivement les statistiques.

