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PS Pickford

Pour continuer à rêver, l'Angleterre a conjuré le sort

"Je pense que nous pouvons rêver maintenant". Un peu plus tôt dans la journée, Wayne Rooney avait donné le ton, avant même que l'Angleterre ne se frotte à la Colombie pour un combat âpre et intense, ce mardi. Depuis un peu plus d'une semaine et une phase de poules réussie, les ambitions de la bande à Southgate sont sans limites. Ce mardi soir, elles ont de vraies raisons de l'être.

Un ciel dégagé jusqu'à la finale

Le film de ce Colombie-Angleterre est un premier motif d'espoir pour ce groupe jeune et talentueux. Pas forcément par la qualité du jeu produit, non, mais pour son dénouement. L'Angleterre n'a pas tout bien fait dans ce match, c'est peu de le dire. Elle l'a entamé comme il le fallait, avec un désir assumé de faire le jeu, mais elle a montré, ensuite, un visage calculateur et un vice assez gênant qui ont largement contribué à pourrir l'atmosphère de ce huitième de finale. Alors quand le surprenant Yerry Mina a répondu aux bouts des arrêts de jeu au penalty d'Harry Kane, les compteurs avaient été remis à zéro, en quelque sorte. 

Et le spectre des échecs du passé a flotté dans l'air pendant les prolongations. Pour l'odeur de K.O. qu'elles ont engendré, déjà. Poussés par le scénario, Falcao et sa bande avaient pris un ascendant psychologique, avant que les hommes de Gareth Southgate n'inversent la tendance en retrouvant un peu de profondeur avec l'entrée de Vardy, sans marquer. Mais c'est quand la séance de tirs aux buts a approché que toutes les images du passé ont ressurgi. On dit de l'histoire qu'elle est coriace. L'Angleterre avait vécu ce moment 7 fois dans des tournois majeurs, et elle n'y avait survécu qu'à une reprise.

Le défie de Jordan Pickford se situait là : conjurer le sort pour enfin permettre à sa nation de sortir de cette situation avec le sourire. C'était un double défi, d'ailleurs, puisque l'Angleterre a toujours été raillée pour ses gardiens. Pickford, moins de 10 sélections au compteur, l'a relevé avec succès. Son attitude pleine de ruse - il a constamment gesticulé sur sa ligne - n'a pas déconcentré les tireurs colombiens jusqu'à la tentative d'Uribe, pas assez précise. La suite, c'est une main ferme sur un tir puissant de l'attaquant Carlos Bacca pour envoyer l'Angleterre au septième ciel.

L'histoire retiendra que le charismatique David Seaman avait été le dernier gardien anglais à arrêter un tir au but dans une grande compétition internationale. Mais cette année-là, en 1998, sur le sol français, l'Angleterre était tombée contre l'Argentine de Batistuta. Cette fois-ci, elle est passée. Et un nouvel horizon s'ouvre à elle. L'élan d'optimisme qui parcourt le Royaume découle du fait que le ciel soit particulièrement dégagé.

PS Pickford

Après l'élimination de l'Espagne, l'Angleterre, qui défiera la Suède en quarts de finale, ne croisera plus de nations favorites sur sa route, là où Brésiliens, Français, Uruguayens ou Belges devront se livrer des combats titanesques dans l'autre partie du tableau. Harry Kane et ses coéquipiers le savent : la fin de l'histoire peut être belle. S'ils ne sautent pas les chapitres. 

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