C'est bien connu, on passe parfois plus de temps à chercher ce qui se trouve juste sous notre nez. À l'OM, le sujet du "grand attaquant" a animé tout le mercato d'été puis une bonne partie de la première phase de compétition. Il faut dire que les deux attaquants de pointe de métier, Valère Germain et Kostas Mitroglou, n'avaient inscrit que 5 buts à eux deux en championnat à la trêve. Un bilan famélique qui n'avait pas spécialement aidé le sujet à s'évanouir. Il n'aura fallu à Valère Germain que quelques titularisations d'affilée depuis début décembre pour mettre un grand coup de balai au débat. Dimanche soir, face à Monaco (2-2), sa prestation a montré qu'il avait bien les épaules pour endosser le costume.
5 buts sur ses 7 derniers matches de L1, autant que sur les 37 précédents
Cela fait quelques semaines, déjà, que Valère Germain redevient le titulaire qu'il fut en début de saison dernière à à Monaco. Dans une équipe désormais capable de capitaliser sur ses points forts, le joueur de 27 ans s'est adapté et joue un rôle important dans les circuits préférentiels de ses partenaires. Face à ses anciens partenaires, Germain s'est souvent arrangé pour partir dans le dos des défenseurs et exploiter ainsi les longs ballons dans la profondeur de Luiz Gustavo. C'est lui, par exemple, à la réception d'une transversale du Brésilien,qui déclenche la passe dans la surface pour le but égalisateur de Rami (7e). Capable de donner de la verticalité et de répondre à un besoin de jeu direct, sa science du placement lui permet également d'ouvrir les espaces pour les chevauchées de Florian Thauvin et de lui offrir en bout de chaîne une solution de passe pour conclure.
Opta *Ces graphiques représentent les passes pour Valère Germain (1) et celles reçues de ses coéquipiers (2) face à Monaco.
Grâce à une palette technique complète et à un sens du jeu aiguisé, Valère Germain offre un panel de solutions allant du décrochage pour participer en remise et servir d'appui (schéma 1) à la dernière touche dans la surface en passant par la course dans la profondeur (schéma 2). Son volume de jeu lui permet d'être sur tous les fronts tout en gardant la lucidité nécessaire pour assumer ses responsabilités. Hier (dimanche), il était bien le Marseillais à avoir le plus centré dans le jeu (5), à avoir le plus tenté de tirs (7), le plus de tirs cadrés (3) et à avoir disputé le plus de duels aériens. Bref, le Marseillais le plus décisif. "J'aurais aimé l'être encore un peu plus, comme sur ma volée ou sur le centre de Flo (Thauvin)", racontait-il en zone mixte après sa performance. Mais puisqu'il a inscrit 5 buts sur ses 7 derniers matches de championnat - ce qui représente autant que lors de ses 37 précédents - l'occasion devrait vite se représenter.
Julien Quelen, au stade Vélodrome.

