Moussa Sissoko, mal-aimé à tort

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Moussa Sissoko n'est pas très populaire. Ses prestations sous le maillot bleu méritent pourtant plus de reconnaissance.

Il y a les génies incompris. Et puis il y a les incompris tout court, les joueurs normaux mal-aimés. Ceux sur qui on tape quand on est énervé, ceux dont on peine à distinguer et accepter les qualités. Quand il faut décrier la formation française et le niveau technique des Bleus, c’est un de ceux-là qu’on vise. Un traitement que connaît bien Moussa Sissoko. Considéré comme un joueur un peu bourrin, l’ancien toulousain a pourtant rarement déçu sous le maillot tricolore. Quand on sait l’utiliser, il est même un excellent atout.

Pour une France qui s’est émerveillée devant l’élégance de Zinédine Zidane, s’enthousiasmer devant les dribbles costauds de Sissoko est peut-être trop demander. Reste que les initiatives du milieu de Newcastle fonctionnent. D’abord parce que Newcastle et Didier Deschamps l’ont compris : Moussa Sissoko n’est pas un milieu défensif. Didier Deschamps le sait depuis un triste soir de septembre 2013. Opposés à la Géorgie, les Bleus s’étaient enlisés dans leurs limites créatives. Difficile d’inventer du jeu et de produire du mouvement avec un duo Guilavogui - Sissoko dans l’axe. L'équipe de France a bien changé depuis, en faisant confiance à Cabaye et Pogba, et en déchargeant Sissoko de certaines responsabilités. En l’employant comme elle l’avait fait contre l’Espagne, en octobre 2012 : pour percuter, pas pour organiser.

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Quand il joue, le natif du Blanc-Mesnil est déployé plus haut. Soit sur l’aile droite, soit comme troisième homme d’un milieu en V. Sur le côté, il remporte ses duels, élimine son adversaire direct et termine par un centre. Dans l’axe, il perce les lignes, les épaules carrées, les bras toujours prêts à raffûter par-ci par-là, tel un trois quart-ailes qui se serait pris de passion pour le football. Sissoko manque sans doute de grâce pour plaire à tout le monde, mais l’efficacité est indéniable. La saison passée, il a créé 2,2 occasions par match et réussi 2,1 dribbles par rencontre de Premier League. De bonnes statistiques pour un milieu offensif évoluant dans un 4-2-3-1, dispositif préféré d’Alan Pardew.

Joueur idéal de contre-attaque, de par sa puissance et sa propension à récupérer des ballons, Sissoko offre une option sécurisante au milieu face aux adversaires plus sérieux, parce qu'il peut bloquer son couloir, aider son latéral. Lors de la Coupe du Monde 2014, Didier Deschamps l’avait titularisé face à la Suisse. Les Helvètes, catastrophiques à la perte du ballon, avaient explosé contre les Bleus. Sissoko avait participé à la fête, inscrivant un joli but, d’un plat du pied sûr. Comme quoi, derrière ce buste aux formes NFL se cache une capacité à la finesse.

À 25 ans, Moussa Sissoko a trouvé son rôle et son statut en équipe de France. Alternative tactique, sa polyvalence mérite le groupe bleu. “Je ne suis pas là pour prendre la place de quelqu'un”, disait-il durant la Coupe du Monde. Sissoko avait de toute façon déjà la sienne. Ce soir, il héritera du rôle de Blaise Matuidi, blessé. Mission : briser les lignes, avancer, toujours avancer, et ranger les miettes. Le box-to-box en 2014, finalement.

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